Le jeu «Returnal» est captivant, mais épuisant

Dans «Returnal», les affrontements avec les créatures qui l’habitent deviennent des chorégraphies enivrantes au milieu de jeux de lumières et de couleurs quasi hypnotiques.
Photo: Sony Interactive Entertainment Dans «Returnal», les affrontements avec les créatures qui l’habitent deviennent des chorégraphies enivrantes au milieu de jeux de lumières et de couleurs quasi hypnotiques.

La PlayStation 5 a beau être sur le marché depuis presque six mois, les jeux qui mettent en valeur ses capacités sont encore rares. Avec Returnal, le studio finlandais Housemarque propose un rogue-like atmosphérique qui se pose en superbe vitrine pour la nouvelle console de Sony.

Returnal raconte l’histoire de l’astronaute éclaireuse Selene Vassos. Après s’être écrasée sur une mystérieuse planète nommée Atropos, Selene découvre très vite qu’elle se trouve dans un troublant pétrin : elle est coincée dans une boucle sans fin qui, chaque fois qu’elle meurt, la ramène sur les lieux de l’écrasement pour tout recommencer. Chaque nouvelle vie amène le joueur à explorer pour en apprendre un peu plus sur Atropos et Selene, ainsi que sur les mécaniques du jeu, toujours dans l’espoir d’avancer un peu plus loin.

Si Returnal se présente d’abord comme un jeu de tir à la troisième personne, il est en fait un mélange de plusieurs genres. Sa prémisse structurée en boucles vient d’ailleurs contextualiser de manière habile son côté rogue-like. Dans la plus pure tradition du genre, chaque « boucle » (run) est différente. Atropos est composée de six biomes qui sont eux-mêmes divisés en « pièces », un peu comme des donjons, dont la composition varie à chaque nouvelle vie. Cela signifie qu’une pièce présente dans une vie précédente ne le sera peut-être plus à l’avenir. Les ennemis présents dans ces pièces changent eux aussi et deviennent plus hostiles au fil des tours.

Cette génération procédurale des environnements et des opposants fait en sorte que le défi est constamment renouvelé, empêchant le jeu de devenir trop prévisible. Le passage d’un biome vers un autre se fait après avoir vaincu un boss. On y reconnaît aussi des éléments « metroid », comme les obstacles incontournables qui bloquent certaines sections tant que le joueur n’a pas en sa possession le bon item ou la capacité nécessaire pour passer au travers.

Fait important à noter : Returnal est un jeu très difficile, au point où l’expérience est parfois accablante. Une seule mauvaise décision peut, en quelques secondes, faire perdre des heures de progrès en nous ramenant à la case départ. Le joueur doit accepter d’apprendre de ses erreurs et d’adapter ses stratégies pour les tours suivants. Il n’existe pas d’option pour modifier le niveau de difficulté. De toute façon, un mode « facile » n’aurait aucun sens, il viendrait tuer l’intérêt même d’y jouer. Le genre rogue-like s’appuie sur la faculté du joueur à surpasser ses nombreux échecs jusqu’à la victoire finale. La mort, intentionnellement récurrente, fait partie de l’expérience et, ici, elle est même un moteur de l’intrigue.

Chaque mort est utile, car elle révèle petit à petit des éléments du récit, comme les morceaux d’un grand puzzle à reconstruire pour comprendre la situation.

Un des aspects clés des rogue-likeson pense notamment à Hades — est qu’ils procurent cette envie tenace de continuer à jouer, ne serait-ce que « juste un tour de plus ». C’est là que le bât blesse pour Returnal, qui n’arrive pas à reproduire cette dynamique pour la simple raison qu’un tour — une vie — peut durer plusieurs heures, ce qui exige un énorme investissement en temps et en énergie. De plus, il n’existe aucun moyen officiel de sauvegarder une partie au milieu d’un tour. Housemarque propose — pour le moment — de mettre sa PS5 en « mode repos » quand il est temps d’arrêter de jouer. Une « solution » que plusieurs ont reçue comme une gifle.

Cela dit, la grande force de Returnal est son côté jeu de tir atmosphérique. Son ambiance cauchemardesque, qui suscite un sentiment de peur constant, captive et suscite l’émerveillement.

Les décors d’Atropos sont rendus avec un niveau de détails remarquable. Les affrontements avec les créatures qui l’habitent deviennent des chorégraphies enivrantes au milieu de jeux de lumières et de couleurs quasi hypnotiques. Ce qui le distingue encore plus, en bonne exclusivité de la PS5, c’est sa conception sonore et l’usage qu’il fait de la nouvelle manette DualSense. Le son 3D permet de détecter et de positionner les ennemis par les bruits troublants qu’ils émettent, ce qui est fort utile lorsqu’il y a beaucoup d’action à l’écran, en plus d’ajouter à la tension.

Mais c’est la rétroaction haptique de la manette DualSense qui nous a le plus impressionnés. Ses vibrations subtiles nous permettent de ressentir le monde qui nous entoure, comme le crépitement des gouttes de pluie, dans la paume de nos mains. Une dimension tactile dont l’effet positif sur l’immersion est indéniable. Tous ces éléments font en sorte que l’exploration du monde de Returnal est un pur délice et font du jeu de Housemarque la meilleure vitrine pour la nouvelle console de Sony à ce jour.

Returnal

★★★★

Développé par Housemarque et publié par Sony Interactive Entertainment. Offert uniquement sur PlayStation 5.

À voir en vidéo