​Sur vos écrans: histoires sombres ou appétissantes

Un jeune trans dans une scène du documentaire «Homophobie dans le monde»
Photo: TV5 Un jeune trans dans une scène du documentaire «Homophobie dans le monde»

Le chemin parcouru et celui à faire

À quelques jours de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, deux productions télévisuelles documentaires montrent qu’il reste encore beaucoup à faire pour que les personnes de la communauté LGBTQ ne soient plus victimes de discrimination, de violence ordinaire ou de l’État, ou tout simplement pour qu’elles ne soient plus considérées comme des hors-la-loi. Les exemples sont en cette matière très éloquents dans l’enquête française Homophobie dans le monde, aux racines de la haine, tournée en 2019, qui nous rappelle d’entrée de jeu que 71 pays dans le monde pénalisent encore l’homosexualité.

Les reporters s’intéressent d’abord à deux pays qui ont légalisé le mariage gai, mais où les préjugés ont la couenne dure. En France, plus précisément dans des banlieues parisiennes, où les jeunes gais font tout ce qu’ils peuvent pour passer inaperçus par crainte d’être battus violemment, et aux États-Unis, où des personnes homosexuelles participent ou ont déjà participé à des thérapies de conversion.

Ils nous emmènent aussi dans deux pays où l’homosexualité est sévèrement condamnée par le pouvoir en place : la Tunisie et l’Ouganda. On suit entre autres un jeune Tunisien qui fuit les autorités, caché dans une chambre d’hôtel de Tunis, et qui, grâce à l’aide d’une organisation qui vient en aide aux gens dans sa situation, obtiendra un statut de réfugié politique en France. Puis, on nous fait découvrir le sort peu enviable des personnes gaies et trans en Ouganda, passibles de la peine de mort, qui doivent nier leur identité sexuelle ou se cacher pour survivre.

La série documentaire Pride, plus lumineuse, et surtout plus éclatée dans sa forme, raconte en six épisodes l’histoire de la lutte pour les droits des minorités sexuelles aux États-Unis, des années 1950 à nos jours. Chaque épisode, consacré à une décennie, tente de déconstruire les préjugés entretenus sur la condition des personnes faisant partie de la communauté LGBTQ durant ces périodes précises, grâce à des témoignages de première main, ou rapportés à travers des reconstitutions dramatiques extrêmement soignées et vibrantes, venant de gens anonymes ou plus célèbres (et de leurs proches) qui ont subi la discrimination et qui ont participé aux luttes pour améliorer le sort de leurs semblables.

Cette mise en perspective historique riche d’images d’archives inédites est alimentée par les commentaires de chercheurs et de personnes gaies et trans d’aujourd’hui, héritières de ces pionniers et pionnières qu’elles critiquent parfois, mais à qui elles sont aussi reconnaissantes.



Homophobie dans le monde, aux racines de la haine, et Pride
TV5, mercredi, 22 h (disponible sur le site de TV5) et FX Canada, les vendredis 14 et 21 mai, dès 20 h 
  

Manger comme les anciens

À mi-chemin entre l’émission culinaire « classique » et le documentaire historique, cette nouvelle série française donne la chance à cinq chefs à la réputation enviable d’élaborer un menu de banquet fastueux constitué de mets préparés grâce aux techniques culinaires en cours à certaines périodes historiques précises.

On pourra donc découvrir la gastronomie et les habitudes alimentaires des Vikings, sous Louis XIV, à la cour des archevêques de Narbonne, à « l’époque » de don Quichotte et à celle des Gaulois.

Des historiens aiguillent les chefs dans cette entreprise, souvent plus exigeante qu’ils ne l’avaient imaginée. Et le résultat dans les assiettes n’est pas toujours aussi appétissant qu’on l’aurait espéré.

Il reste la démarche, intéressante, et les anecdotes historiques qui pourront inspirer quelques expériences culinaires futures…


La cuisine de nos ancêtres
Planète+, les vendredis, 21 h


À ne pas manquer

Punk un jour, punk toujours

Accueilli avec chaleur à Sundance, The Go Go’s : punk rock au féminin encense le parcours atypique de ce groupe punk d’esprit, pop de cœur et rock de tête, qui a ouvert la voie à tant d’autres. Il le fait avec une réjouissante énergie, grâce à la réalisatrice Allison Ellwood qui a trouvé l’équilibre idéal en imbriquant récits présents, confessions passées, extraits musicaux et photos d’époque qui jalonnent la trajectoire de cette formation 100 % féminine. Charlotte Caffey, Belinda Carlisle, Gina Schock, Kathy Valentine et Jane Wiedlin s’y racontent au surplus avec une franchise désarçonnante.

​The Go-Go’s : punk rock au féminin
​Le jeudi 13 mai, à Canal D, 22 h ; en rappel le 14 à 9 h, le 16 à 4 h et 21 h

Le visionnement de la semaine

Le nom d’Halston ne vous dit peut-être pas grand-chose, surtout si vous n’êtes pas féru d’histoire de la mode américaine, mais vous connaissez assurément la création la plus célèbre de ce designer des années 1960, 1970 et 1980 : la fameuse toque emblématique de la première dame Jackie Kennedy au début des années 1960. Dans cette minisérie de fiction, produite par le prolifique Ryan Murphy (Hollywood, Glee, et cie), vous pourrez découvrir de nombreuses facettes de cet oiseau rare des nuits new-yorkaises de l’époque disco, qui a brûlé la chandelle par les deux bouts et qui est décédé des suites d’un cancer lié à sa séropositivité. L’acteur écossais Ewan McGregor prête ses traits à ce designer de vêtements dépouillés mais chics, qui fut un ami proche de vedettes telles que Liza Minnelli et Andy Warhol. Les quelques extraits que nous avons pu voir laissent deviner une production à l’image de son personnage central : ambitieuse et flamboyante.



Halston
Netflix, dès le 14 mai 

Une version précédente de ce texte mentionnait que Homophobie dans le monde, aux racines de la haine passait jeudi à 22h à TV5, mais c'est plutôt vendredi.