Sur vos écrans: récits d’apprentissage

La série française «Validé» arrive de ce côté-ci de l’Atlantique.
Photo: All the way up La série française «Validé» arrive de ce côté-ci de l’Atlantique.

Journal d’un préado ordinaire

Après la très réussie Six degrés, Radio-Canada poursuit sa mission de « séduction » des publics jeunesse sur le volet payant de Tou.tv avec une autre série originale, en s’adressant cette fois aux jeunes du primaire. Défense d’entrer !, une adaptation libre du premier tome d’une série de romans jeunesse à succès de Caroline Héroux, qui signe le scénario, raconte à la première personne le quotidien plus ou moins palpitant d’un préado tout ce qu’il y a de plus ordinaire, Charles-Olivier, que ses amis et sa charmante famille surnomment Lolo et dont on fait la connaissance au moment où il entame sa dernière année au primaire. Le héros se fait diariste en relatant ses aventures dans un carnet (qu’il ne faut surtout pas appeler « journal), où il dévoile aussi ses pensées les plus secrètes comme les plus insignifiantes. Elles sont présentées en voix hors champ et à l’aide de griffonnages superposés à l’image.

Conflits entre amis, intimidation, premiers émois amoureux, mésententes avec les parents et la fratrie : Défense d’entrer ! aborde les thèmes classiques de ce genre de production bienveillante, avec tendresse, bienveillance et un humour tout simple qui semble plaire au public visé, sans toutefois épater. La réalisation du comédien Jason Roy Léveillée, sa première pour une série télé, s’avère compétente et rappelle à quelques égards l’adaptation au cinéma du Petit Nicolas. Les acteurs, dont le nouveau venu Loïc Bouffard dans le rôle principal ainsi que Sandrine Bisson et François Chénier dans ceux des parents, sont tous très bons, même s’ils doivent interpréter des personnages qui gagneraient à être dessinés à moins gros traits, pour qu’ils deviennent rapidement attachants, du moins après l’écoute des trois premiers épisodes sur les 13 lancés cette semaine sur Tou.tv Extra. Le jeune public qui accompagnait Le Devoir durant le visionnement n’était pas du même avis, qui aurait aimé pouvoir voir tous les épisodes d’un coup. On espère qu’il a raison.



Défense d’entrer !
Tou.tv Extra, les 13 premiers épisodes dès le 4 mai, les 13 autres le 8 juin 
  

Le vertige de la gloire

Un an après son lancement réussi sur la plateforme de visionnement de Canal+, la série dramatique française Validé, la première campée dans l’univers de la musique rap, arrive de ce côté-ci de l’Atlantique et risque de plaire à un (jeune) public amateur de la scène rap de l’Hexagone et de films de gangsters. Peut-être aussi à d’autres qui se laisseront prendre au jeu de ce récit d’apprentissage souvent prévisible, bourré de clichés tenaces sur cet univers musical et sur la réalité des jeunes des banlieues françaises, mis en scène sans grande originalité, mais efficacement, par Franck Gastambide (Taxi 5).

La série profite d’une distribution de vraies stars du rap (qui y jouent leur propre rôle) et d’une révélation dans le rôle central. Hatik (Clément Penhoat à la ville), coqueluche du rap, épate dans son premier rôle, celui de Clément, un petit revendeur de drogue qui s’exerce à sa passion pour la rime qui tue à temps perdu sous le pseudonyme d’Apash et qui, par un concours de circonstances dont on taira les détails, se retrouve sous l’aile d’une star à la gloire un peu fatiguée qui redoute l’ascension de son « protégé » par défaut. Cette rivalité et les dissensions entre le nouvel entourage d’Apash et son ancienne « famille » alimenteront ce thriller musical sur la rançon, parfois trop élevée, de la gloire.



Validé
Tou.tv Extra, dès le 6 mai 
  

Extrême droite sous la loupe

Avertissement : si vous n’êtes plus capable d’entendre le discours qu’on associe habituellement à l’extrême droite nationaliste américaine, vous aurez du mal à passer à travers ce documentaire, au demeurant fort intéressant, consacré à trois de ses membres qui ont été très en vue durant les années de pouvoir de Donald Trump. Le journaliste américain Daniel Lambroso (The New Yorker, The Atlantic) a pu suivre durant quatre ans, peu après l’élection de Donald Trump, les militants très médiatisés Richard Spencer, Lauren Southern et Mike Cernovich dans leurs activités politiques et leur intimité. Il met ainsi en lumière la teneur de leurs idées racistes, antiféministes et suprémacistes et leur « normalisation » dans le paysage médiatique, leurs espoirs dans la foulée de l’élection d’un candidat qu’ils croient favorable à leurs idées, mais aussi leurs contradictions, leurs désillusions et surtout les revers qu’ils subissent, qui changent un peu (ou radicalement) leur trajectoire initiale.



White Noise, le bruit des ultras
Planète+, dimanche, 19 h 30, en rediffusion le 8 mai à 18 h 30   

À ne pas manquer

Des clones d’exception


Il n’y a aucune limite aux suites, séries dérivées et autres resucées des divers « produits » télévisuels et cinématographiques de la franchise Star Wars. On en veut pour preuve cette autre variation animée sur le thème des clones, au centre d’un film (2008) et d’une série d’animation (2008 à aujourd’hui), et toujours créée par Dave Filoni. Cette fois, on suit un escadron de clones « génétique modifiés » et différents des autres qui, grâce à leurs « talents » particuliers, sont devenus mercenaires après la guerre des clones. Une prémisse prometteuse d’autres suites possibles.


Star Wars. The Bad Batch
Disney+, dès le 4 mai