Les flâneurs

Illustration: Le Devoir
Amélie Gaudreau

Les garçons et le virus

Après nous avoir entraînés dans un futur proche réaliste et terrifiant dans la série Years and Years, le scénariste britannique Russell T. Davies nous ramène dans ses souvenirs de jeune homme avec la tout aussi réussie minisérie It’s a Sin (en V.O.A. et V.F. sur Prime Video). Cette chronique émouvante et parfois dérangeante des débuts de l’épidémie de sida, à travers le destin bouleversé d’un groupe d’amis homosexuels dans la Londres des années 1980, rappelle habilement la terreur que ce mal étrange a provoquée dans les communautés gaies et chez les autres, pour différentes raisons.


Louise-Maude Rioux Soucy

Fortifiante Dominique Fils-Aimé

Dernier jalon de la remarquable trilogie de Dominique Fils-Aimé, Three Little Words (Ensoul Records) éclabousse la maisonnée de sa présence lumineuse. Personne ne résiste à la maestria de l’autrice-compositrice-interprète montréalaise qui teste les limites de notre bulle forcée pour l’ouvrir au monde, sans distanciation aucune. Ses textes au scalpel, vibrants et engagés, résonnent en boucle, portés par une voix riche qui enveloppe sa musique virtuose tantôt soul, tantôt jazz, tantôt R&B. C’est encore meilleur quand on se paie la trilogie en une descente du coude libératrice. Fameux !


Odile Tremblay

Autour de l’assassinat de Lincoln

Puisque la pièce de Larry Tremblay, Abraham Lincoln va au théâtre, ne pouvait être présentée au TNM durant la pandémie, c’est le laboratoire autour d’elle revu par Catherine Vidal qui est proposé en ligne jusqu’au 18 avril. Cet assassinat présidentiel par un acteur esclavagiste devient l’occasion de fascinants jeux de rôles en poupées gigognes toujours mieux charpentées. La statue de Lincoln est incarnée par Patrice Robitaille et Didier Lucien alors que Mani Soleymanlou et Luc Bourgeois, aux ordres de la maître d’œuvre (Olivia Palacci), montrent à quel point hier ressemble à aujourd’hui.


François Lévesque 

Les jours insoutenables

Été 1995 : Aida, une enseignante d’anglais, est réquisitionnée par les Casques bleus comme interprète auprès des habitants de Srebrenica qui affluent dans un camp de l’ONU. Parce qu’elle a accès aux coulisses, Aida comprend qu’une tragédie couve, et que son mari et ses fils, hors du camp surpeuplé, sont en péril. Avec une immédiateté insoutenable, Quo Vadis, Aida ?, nommé pour l’Oscar du meilleur film international, relate les moments ayant précédé le massacre de Srebrenica, génocide perpétré contre les hommes et les enfants musulmans. Au cinéma Forum et en VSD sur la plateforme Cineplex.