«Dead by Daylight»: hurler de peur… ou de rage

La proposition derrière «Dead by Daylight» est singulière ; un jeu d’horreur multijoueur asymétrique dans lequel un tueur sanguinaire prend en chasse quatre autres joueurs sans défense.
Photo: Behavior Interactif La proposition derrière «Dead by Daylight» est singulière ; un jeu d’horreur multijoueur asymétrique dans lequel un tueur sanguinaire prend en chasse quatre autres joueurs sans défense.

Rares sont ces jeux-services sans cesse mis à jour avec de nouveaux contenus qui ne s’essoufflent pas après quelques années. La proposition derrière Dead by Daylight est singulière ; un jeu d’horreur multijoueur asymétrique dans lequel un tueur sanguinaire prend en chasse quatre autres joueurs sans défense. Dix-neuf bonifications plus tard, vaut-il toujours le coup ?

Asymétrique, donc. Différences de moyens il y a dans Dead by Daylight. Chaque partie se joue à cinq. D’un côté, le tueur ; poussé par sa folie meurtrière, il doit attraper les autres joueurs et les sacrifier au nom d’une entité maléfique. De l’autre côté, les quatre autres joueurs qui doivent travailler ensemble pour réussir à s’échapper de l’arène.

En résulte une expérience unique et électrisante, tout en tension, comme si l’on prenait part à l’un de ces films qui nous font frissonner le 31 octobre au soir. Comme proie, se soustraire des griffes du tueur est grisant. Se cacher dans une garde-robe en retenant son souffle aussi. Et il y a quelque chose de cathartique à jouer le rôle du méchant.

S’il est possible de se joindre au hasard à d’autres joueurs en ligne, on a préféré de loin l’expérience entre amis, surtout lorsqu’on joue le rôle des survivants ; se coordonner avec ses coéquipiers est essentiel pour réussir.

Le studio montréalais Behavior Interactif roule déjà sa bosse avec son jeu depuis 2016. En cinq ans, le studio a ajouté toute une série de tueurs iconiques issus des annales de l’horreur. Du légendaire Michael Myers de Halloween au sauvage Demogorgon de Stranger Things, en passant par le terrifiant Freddy Krueger d’A Nightmare on Elm Street, Dead by Daylight est devenu une sorte de musée (mort-)vivant des meilleurs slashers de la télé et du cinéma.

On peut aussi personnifier les héros de ces mêmes franchises, comme Nancy Wheeler de la série Stranger Things.

« On prend toujours un grand plaisir à aller fouiller chez nos joueurs à travers le monde pour voir quels monstres se cachent sous leur lit », dit au Devoir le directeur du jeu Mathieu Côté. « L’univers de Dead by Daylight nous permet d’explorer et de juxtaposer toutes sortes d’espaces créatifs, de styles d’horreur, de franchises légendaires et de thèmes », ajoute Dave Richard, directeur créatif.

Le nouveau chapitre «All-Kill» s’inspire par exemple de la pop coréenne. Son grand méchant, le « trickster » Ji-Woon, est un violent chanteur populaire sociopathe. Une idée qui paraît d’abord saugrenue, mais efficace : le trickster a plus d’un tour dans son sac, et l’ajout d’un peu de couleurs et de néons dans le monde sombre de Dead by Daylight est salutaire.

Attention, par contre, car la plupart de ces personnages sont bloqués derrière des microtransactions.

Au moins sont-elles honnêtes, contrairement à tous ces jeux « gacha » qui ont pris de l’ampleur ces dernières années. Et ne pas posséder un personnage ne nous empêche pas de jouer avec ou contre l’un d’entre eux, évitant de diviser les joueurs en différentes catégories.

Dead by Daylight

★★★★

Conçu et édité par Behavior Interactif. Offert pour PlayStation 4 et 5 ; Xbox One, Series S et X ; Nintendo Switch et PC (Windows 10).

À voir en vidéo