«Paradise Lost»: sombre leçon d’histoire alternative

Ce qui fait la force de «Paradise Lost» est son atmosphère lourde, appuyée par une excellente conception sonore immersive, ainsi que ses environnements riches conçus avec minutie.
Photo: PolyAmorous Ce qui fait la force de «Paradise Lost» est son atmosphère lourde, appuyée par une excellente conception sonore immersive, ainsi que ses environnements riches conçus avec minutie.

Paradise Lost raconte une histoire alternative dans laquelle la Seconde Guerre mondiale s’est poursuivie jusque dans les années 1960. Durant ces décennies de conflit supplémentaires, les nazis ont développé de puissantes armes atomiques et d’énormes bunkers souterrains afin de déclencher un holocauste nucléaire qui a transformé le continent européen en vaste terre dévastée et inhabitable. On y incarne Szymon, un jeune survivant polonais de 12 ans qui, vingt ans plus tard, s’aventure dans l’un de ces bunkers à la recherche d’un homme qui connaissait sa défunte mère.

Si vous êtes à la recherche d’action frénétique et de mécaniques de jeu enlevantes, vous ne trouverez rien de tout ça ici. Paradise Lost appartient au genre « aventure narrative », aussi surnommé un peu péjorativement « simulateur de marche ». C’est une expérience avant tout contemplative, d’à peine quatre heures, qui appelle à prendre le temps. D’ailleurs, la vitesse de déplacement du jeune Szymon est atrocement lente.

L’écrasante majorité de vos actions se résumeront à marcher d’un point A vers un point B, dans des environnements la plupart du temps très linéaires. En chemin, vous pourrez lire des lettres et autres documents écrits, en plus d’écouter des enregistrements audio qui exposent des bribes de l’histoire du bunker et de ses habitants.

Paradise Lost n’apporte rien de nouveau en matière de mécaniques de jeu. Vous ouvrez des portes, poussez des leviers et parfois vous sautez ou grimpez vers de nouvelles zones, mais toutes ces actions s’exécutent selon des animations prédéfinies déclenchées par des commandes basiques.

Ce qui fait la force de Paradise Lost est son atmosphère lourde, appuyée par une excellente conception sonore immersive, ainsi que ses environnements riches conçus avec minutie. Au fur et à mesure que l’on explore le bunker, on découvre de nouvelles sections, chacune d’une grande originalité. Son univers « alternatif », sorte de mélange de mythologie slave et de technologie rétrofuturiste, est convaincant.

Néanmoins, les jeux vidéo ont des atouts uniques en matière de narration et on n’a jamais l’impression que Paradise Lost essaie de les exploiter. À la limite, il aurait pu passer pour génial en tant qu’expérience contemplative ultra-immersive en réalité virtuelle, par exemple.

Comme ses mécaniques de jeu ne sont pas particulièrement engageantes, la question se pose : son histoire vient-elle compenser ? Cela dépendra de vos goûts. Si la prémisse ne vous intéresse pas, l’histoire ne risque pas de vous captiver non plus. Le jeu cache délibérément au joueur certaines informations et celui-ci trouve des réponses à ses questions au fur et à mesure qu’il progresse dans les lieux―ce qui n’est pas une faute en soi. Cela dit, si on n’a pas trouvé l’arc narratif génial, on l’a apprécié suffisamment pour avoir envie d’en connaître le dénouement. Malheureusement, sa narration en gruyère a fait en sorte que l’investissement émotionnel envers le récit et ses personnages est resté en surface.

 

Paradise Lost

★★ 1/2

Développé par PolyAmorous et publié par All in ! Games. Offert pour PS4, Xbox One et PC.

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