Sur vos écrans: aux racines du racisme

Une photo tiré du documentaire «Exterminate All the Brutes»
Photo: HBO Une photo tiré du documentaire «Exterminate All the Brutes»

Une autre histoire

Avec Exterminate All the Brutes, qu’il narre d’une voix emplie de colère, Raoul Peck signe son œuvre la plus personnelle. Et la plus percutante. S’inscrivant dans la lignée de l’excellent I Am Not Your Negro, où il livrait son interprétation de l’histoire des Noirs en s’inspirant de Remember this House, livre inachevé de l’écrivain afro-américain James Baldwin, cette série documentaire en quatre épisodes plonge aux racines du racisme et du suprémacisme blanc. Comment yparvient-il ? En défaisant le fil de l’histoire racontée du point de vue des conquérants pour le refaire en s’appuyant sur les récits des peuples opprimés dépossédés de leurs territoires.

Basant sa réflexion sur Exterminez toutes ces brutes ! Un voyage à la source des génocides (Les Arènes, 2014) de Sven Lindqvist, Contre-histoire des États-Unis (Wildproject, 2018), de Roxanne Dunbar-Ortiz, et Silencing the Past : Power and the Production of History (Beacon Press, 1995), de Michel-Rolph Trouillot, Raoul Peck s’intéresse particulièrement à l’esclavagisme et à la conquête de l’Amérique.

Ce faisant, il déboulonne quelques statues d’hommes blancs et trace des parallèles avec des mouvances politiques actuelles et des politiciens toujours bien vivants. Mélange d’entrevues, d’extraits d’archives et de scènes reconstituées où Josh Hartnett endosse le rôle honteux de l’homme blanc, Exterminate All the Brutes jette un éclairage saisissant sur l’histoire du monde occidental.



Exterminate All the Brutes
HBO, mercredi et jeudi, 21 h ; Crave, dès mercredi 
  

La passion d’Ernest

Si vous n’aviez qu’à voir un seul documentaire sur l’un des plus grands écrivains américains, ce serait celui de Ken Burns et Lynn Novick sur l’auteur de Pour qui sonne le glas. Se déclinant en trois épisodes de deux heures, Hemingway offre à la fois un portrait intimiste du romancier, une analyse éclairée de son œuvre et une fresque fascinante de l’Amérique. Une série documentaire d’une grande richesse narrative et visuelle qui ravira autant l’aficionado que l’étudiant. Avec les voix de Jeff Daniels, Patricia Clarkson et Meryl Streep.



Hemingway
PBS, lundi, 20 h 
 

Romance royale

Afin de sauver son pays et sa famille lorsqu’Hitler décida d’envahir la Norvège en 1940, la princesse héritière Märtha (Sofia Helin) usa de son charme auprès du président Franklin D.Roosevelt (Kyle MacLachlan), avec qui elle eut une liaison. Luxueuse série scandinave reposant sur des années de recherches, Atlantic Crossing, du Norvégien Alexander Eik, relate cette page d’histoire méconnue avec élégance, émotion et ambition.



Atlantic Crossing
PBS, dimanche, 21 h 
 

En zone blanche

La première saison de la série anthologique d’horreur Them, Covenant fait penser à un croisement entre Us, de Jordan Peele, où les membres d’une famille afro-américaine sont confrontés à leurs doubles, et His House, de Remi Weekes, où un couple d’immigrés du Soudan du Sud est témoin de phénomènes paranormaux. Créée par Little Marvin, campée dans les années 1950, la série à saveur sociale de 10 épisodes s’inspire de l’exode des familles noires du Sud et du Midwest vers la côte ouest entre 1946 et 1970. Et du racisme qu’elles y ont vécu. Nouvellement installés avec leurs deux filles dans la banlieue pastel de Compton, Californie — on est bien loin de l’univers de NWA —, Lucky (Deborah Ayorinde) et Henry Emory (Ashley Thomas) découvrent une entité maléfique dans leur demeure. Or, celle-ci est peut-être moins malveillante que leur voisinage blanc mené par l’hostile Betty Wendell (Alison Pill). Prime Video, dès le vendredi 9 avril.


À ne pas manquer

Qu’y a-t-il dans un nom?
 

​Le grand Will en a fait une tirade immortelle. « Qu’y a-t-il dans un nom ? » demande Juliette après avoir pressé Roméo de renier son père et d’abdiquer son nom pour elle. C’est aussi le fil que tirera, mais sur une note autrement plus guillerette, Comment tu t’appelles ? Animée par Stéphane Bellavance, la nouvelle émission de variétés garde encore plusieurs secrets, mais on sait qu’elle décortiquera deux prénoms par émission avec la complicité d’Eve Côté et de Kevin Raphaël. On a aussi pu entendre sa chanson-thème composée par le rappeur FouKi et son producteur QuietMike. Ça promet d’être festif et coloré.


Comment tu t’appelles ?
ICI Télé, dès le 7 avril, 20 h