«Dis-moi ce que tu portes»: les vêtements qui nous font

Photo: Netflix

On a presque tous un vieux vêtement au fond du tiroir, usé à la corde ou impeccablement conservé, dont on est incapable de se défaire parce qu’il rappelle quelque chose d’important, de marquant, qui a parfois transformé (à sa façon) le cours de notre existence. Une histoire qui mérite peut-être d’être racontée.

C’est le pari qu’a pris l’artiste et autrice américaine Emily Spivack en récoltant les récits derrière le vêtement « préféré » de vedettes et de quidams pour son essai Worn Stories (2014) et sa suite, Worn in New York (2017). Certaines de ces histoires d’attachement particulier se retrouvent dans cette très belle série documentaire, produite par Jenji Kohan. Les huit épisodes sont organisés autour de thèmes : les vêtements qui rassemblent, qui font renaître, qui font grandir, qui rendent audacieux, qui rappellent un amour… Un épisode est aussi consacré aux uniformes.

Les propriétaires de ces morceaux spéciaux racontent avec beaucoup de générosité l’histoire qui a forgé la légende de ceux-ci. Certains la vivent même durant le tournage, devant la caméra, dont la créatrice de la série, enceinte durant le tournage qui découvre le premier vêtement qu’elle a porté… Plusieurs récits, qu’ils soient rocambolesques ou profondément émouvants, sont appuyés par de superbes animations qui viennent ajouter un supplément d’âme à ce projet en apparence insignifiant, mais qui déploie avec beaucoup de panache sa pertinence, au-delà de l’anecdote. C’est le cas même pour la première histoire du premier épisode, celle d’un couple de nudistes qui a trouvé le bonheur... sans vêtements.

Dis-moi ce que tu portes (Worn Stories en V.O.A.)

Netflix, dès le 1er avril