«Breathedge»: une boucle de jeu ennuyante doublée d’un humour plat

Image tirée du jeu vidéo «Breathedge»
Photo: RedRuins Softworks Image tirée du jeu vidéo «Breathedge»

Premier titre du studio RedRuins Softworks, Breathedge est décrit comme un jeu de survie et d’aventure teinté d’ironie se déroulant dans l’espace. On y incarne un homme qui transporte les cendres de son grand-père vers des funérailles spatiales à bord d’un gigantesque vaisseau-corbillard. Après l’explosion mystérieuse de celui-ci, le joueur doit survivre dans le vaste nuage de débris et tenter de comprendre ce qui s’est passé.

On serait tenté de dire de Breathedge qu’il est un « Subnautica dans l’espace » puisqu’il en reprend deux mécaniques majeures, soit la liberté de mouvement tridimensionnelle, ici dans l’espace plutôt que dans l’eau, et la jauge d’oxygène du joueur, qui dicte en partie le rythme du jeu. Cette dernière est beaucoup mieux adaptée au monde de Subnautica, où l’on peut remonter à la surface pour remplir son réservoir. Dans Breathedge, il faut plutôt revenir constamment vers sa « base », ou se rendre à des stations placées stratégiquement, ce qui transforme toute sortie en une course contre la montre. À cela s’ajoute la très courte durée de vie des outils. L’impossibilité de les réparer (on ne peut qu’en fabriquer de nouveaux) nous force à trimballer des doubles pour nous éviter plusieurs allers-retours inutiles.

Typiquement, les jeux de survie récompensent les joueurs qui n’hésitent pas à explorer avec des mécaniques de progression. En gros, on collecte des ressources pour fabriquer des outils nécessaires pour la collecte d’autres ressources, et ainsi de suite, pour faire avancer l’intrigue. Cette logique de progression brille par son absence dans Breathedge, qui ne propose ni automatisation des tâches fastidieuses ni amélioration des outils. Ce que l’on fait dans la première heure est ce que l’on fera durant les dix heures suivantes.

Au moment où on commence à s’acclimater à ses mécaniques répétitives, le jeu fait volte-face sans avertissement. Dans sa deuxième moitié, l’exploration tous azimuts cède sa place à la déambulation dans des couloirs linéaires vers des points d’intérêt déterminés pour faire avancer l’intrigue. Les allers-retours sont encore au rendez-vous, mais cette fois, ils se font dans des environnements fermés. On entre dans une zone, on y récupère des ressources, on retourne au navire pour les y déposer. S’il nous manque un objet pour progresser, on revient sur nos pas pour le fabriquer. Rincez et répétez.

Et comme s’il cherchait à compenser ses mécaniques ennuyantes, Breathedge cherche désespérément à plaire avec un humour envahissant (qui s’adresse surtout aux hommes). L’IA de notre combinaison spatiale offre un barrage incessant de gags en général terribles, livrés à une vitesse étourdissante. On nous sert un mélange de blagues autoréférentielles, notamment sur les clichés propres aux jeux de survie, et de gags datés, qu’on croirait sortis d’un numéro de stand-up en rodage vieux de 15 ans. Pour chaque blague qui touche la cible, une poignée tombe à plat. On en déduit que la quantité a été privilégiée au détriment de la qualité. À l’image de l’expérience générale qu’offre Breathedge.

Breathedge

★★

Développé par RedRuins Softworks et publié par HypeTrain Digital. Offert sur PC.