​Sur vos écrans: une enquête et d’autres en quête

Une scène du documentaire «Traversée»
Photo: Catherine Côté - Films Denali Une scène du documentaire «Traversée»

Il a fait ses recherches…

Le mouvement conspirationniste d’extrême droite QAnon a fait la manchette dans la dernière année, tout particulièrement dans le contexte de l’élection présidentielle américaine, sans oublier la pandémie, qui semble lui avoir fait gagner nombre d’adeptes un peu partout dans le monde, et compris ici, au Québec. Alors on était très curieux de regarder cette série documentaire de Cullen Hoback (Terms and Conditions May Apply, sur la collecte d’informations sur les utilisateurs par les géants du Web), produite par Adam McKay (The Big Short, Vice), d’autant plus que lecinéaste a consacré trois ans à enquêter sur ce mouvement politique, tentant de démasquer qui se cache derrière le pseudonyme à une seule lettre qui a réussi à rallier en peu de temps quantité d’adeptes.

Le problème de cette trop longue série en six épisodes, c’est justement que Cullen a tout misé sur cette quête et pas assez sur les raisons de l’engouement pour les théories abracadabrantes et les idées inquiétantes prônées par cet illustre anonyme. Les premiers épisodes ont le mérite, du moins pour les néophytes du dark Web, d’expliquer comment fonctionnent les sites d’imageboards qui ont servi de plateforme de diffusion pour les messages de Q, et plus particulièrement 8kun (anciennement 8Chan), un site très utilisé par l’extrême droite, où des instigateurs de tueries (dont celle de Christchurch) ont annoncé leurs intentions avant de passer à l’acte.

Le réalisateur met dès lors le focussur trois personnages qui pourront le mettre sur la piste de Q (ou qui le sont eux-mêmes…) le fondateur de ce site, Fredrick Brennan, celui qui en est devenu le propriétaire, Jim Watkins, énigmatique homme d’affaires, et son fils Ron, jusqu’à tout récemment administrateur du site, en les interviewant à plusieurs reprises aux Philippines, où ils habitaient tous, et ailleurs dans le monde. On en vient à croire que la série documentaire porte plus sur la plateforme de diffusion que sur le message qu’elle porte, et cette fixation émousse rapidement l’intérêt de cette enquête au départ ambitieuse.



Q : Into the Storm
HBO et Crave, les dimanches (deux épisodes en rafale), dès 21 h. La version sous-titrée en français sera disponible dans les jours suivants. 
 

Une année « sportive »

Même si la dernière année n’a pas été particulièrement occupée pour les sportifs de haut niveau et professionnels de ce monde, elle n’a pas pour autant été de tout repos. C’est le constat qui ressort de ce long métrage d’Antoine Fuqua, qu’on connaît plus pour ses blockbusters« musclés » (Training Day, The Equalizer) que ses documentaires… On reconnaît pourtant un peu sa patte « pesante » à la réalisation de cette chronique emportée d’une année de pandémie et de crise socio-politique à travers le point de vue de sportifs d’élite, et plus particulièrement celui de Chris Paul.

Ce dernier, producteur exécutif du film, est surtout le président de l’association des joueurs de NBA et membre du Thunder d’Oklahoma City, dont le dernier match de la saison 2020 a été annulé à la toute dernière minute à la suite de la déclaration d’un cas de COVID dans l’équipe adverse, le Jazz de l’Utah, ce qui a entraîné l’arrêt des activités de la ligue. Et les autres ligues sportives les ont suivis de près… Paul et de nombreux athlètes de différentes disciplines, dont notre Laurent Duvernay-Tardif national, viennent témoigner du choc de cette pause forcée soudaine il y a tout juste un an et de son impact sur leur vie, leur famille, leur équipe, leur forme physique et mentale et leur avenir professionnel, puis sur le retour au jeu, espéré mais pour beaucoup anxiogène, dans des conditions particulières, sans l’énergie essentielle du public.

Photo: Bell Média Laurent Duvernay-Tardif dans «The Day Sports Stood Still»

La deuxième partie du documentaire, consacrée aux répercussions de la mort de George Floyd, de Breonna Taylor et l’attaque contre Jacob Blake sur la liberté d’expression dans l’industrie du sport professionnel, et tout particulièrement sur l’engagement politique de plusieurs athlètes, s’avère la plus intéressante et la plus incarnée. En ouverture et en conclusion, Fuqua ramène un peu d’espoir à ce portrait d’une année sombre avec des montages d’images d’archives de manifestations sportives de différentes époques, enlevées et enlevantes, animées par des foules collées et exaltées, telles des promesses que ça finira par mieux aller.



The Day Sports Stood Still
HBO et Crave, mercredi, 21 h 
 

Au bout du chemin et de soi-même

L’expression « voyage initiatique » convient parfaitement à l’épreuve à laquelle se soumettent trois femmes d’horizons différents et les documentaristes Caroline Côté et Florence Pelletier. On les suit sur un chemin battu et rebattu depuis des millénaires par les Inuits du Grand Nord québécois, dans le parc Kuururjuaq, une randonnée de tous les dangers sur 160 km, dans un territoire rendu hostile par les changements climatiques et chargé d’histoire, qui ouvre à une introspection, parfois bouleversante, des participantes.



Traversées
Télé-Québec, mercredi, 21 h   

Visionnement de la semaine

Comme s’il n’y en avait pas assez, Prime Video lance cette semaine une autre série de superhéros… Cette nouvelle fiction animée pour adultes inspirée d’une série de bandes dessinées créée par Robert Kirkman (The Walking Dead) raconte les tribulations de Mark Grayson, un ado ordinaire, fils d’un superhéros ultrapuissant, Omni-man, jusqu’au jour où il développe lui-même des pouvoirs surnaturels qu’il doit apprendre à maîtriser… Et aussi à conjuguer sa vie ordinaire et son existence « super » d’Invincible, avec l’aide de son paternel. Steve Yeun (Minari) et J.K Simmons (Whiplash) prêtent leur voix au duo fils-père. Sandra Oh, Seth Rogen et Mark Hamill font également partie de la distribution.



Invincible
Prime Video, dès le 26 mars 

À ne pas manquer

Les raisons de la chute

C’est un peu tard, mais c’est quand même mieux que pas du tout… Plus d’un mois après le battage autour de ce documentaire produit par le New York Times et la chaîne FX qui lève le voile sur la responsabilité des médias dans la chute de la reine de la pop, placée sous la tutelle de son père depuis 15 ans, voilà que le film aboutit enfin en version française sur la plateforme Crave, qui a pourtant mis en ligne la version originale anglaise le 26 février.

​Framing Britney Spears (V.F.)
​Crave, dès le 25 mars