«La cité des autres»: merveilleux chaos harmonique

Photo: Les films du Rapide-Blanc

Les HLM ont rarement bonne presse, ici comme ailleurs. Quand il en est question dans les médias, c’est souvent pour souligner les défauts de ce genre de complexe d’habitation ou les difficultés socio-économiques auxquelles font face ceux qui y résident. Dans son premier documentaire La cité des autres, Justice Rutikara fait le choix de dépeindre de façon positive et lumineuse le plus important complexe de HLM de Québec, Les Appartements Saint-Pie X, anciennement appelé Place Bardy.

Le réalisateur québécois d’origine rwandaise a grandi dans ce coin de l’arrondissement de Limoilou, à l’ombre de l’autoroute 40, dont la majorité des habitants sont issus de l’immigration, pour beaucoup des réfugiés de pays en guerre, et près de la moitié sont des enfants. Ce sont d’ailleurs surtout des enfants de ce petit monde un peu à part, qui sont aujourd’hui adultes et qui ont décidé de redonner ses lettres de noblesse à leur quartier d’origine, que l’on entend témoigner dans ce portrait aux accents poétiques.

Leurs récits laissent deviner que la plupart ont trouvé dans cette communauté aux origines multiples les moyens (modestes) de s’épanouir, de trouver leur place, malgré l’isolement, les préjugés tenaces et l’érosion des ressources d’aide. Le film arrive d’ailleurs à démonter certains des préjugés que traîne cet endroit aujourd’hui paisible, sans pour autant nier son passé plus trouble ou son isolement par rapport au reste de la ville, s’employant surtout à montrer qu’il résulte du beau et du bon de ce « chaos harmonique ».

 

La cité des autres

ICI Radio-Canada Télé, samedi, 22 h 30, également diffusé sur Tou.tv