«Parfaitement imparfait»: la vie, la vie

Le plus remarquable ici est la qualité des échanges, d’une générosité déconcertante.
Photo: MC2 Communication Média Le plus remarquable ici est la qualité des échanges, d’une générosité déconcertante.

Ils sont 20, tous « parfaitement imparfaits ». Des battants, des vrais, qui ont grandi en apprenant à vivre avec un trouble de santé mentale. Acquis au prix d’efforts et de temps, cet état de grâce donne son titre à l’essentielle série que réalise Joëlle Desjardins Paquette et scénarise Sarah Lévesque. Un bijou d’humanité dans lequel des jeunes, jumelés à des personnalités qui partagent leur condition, se racontent dans un face-à-face vif et lumineux.

Le plus remarquable ici est la qualité des échanges, d’une générosité déconcertante. Quand Tomás, qui est dyspraxique et en proie à des troubles de l’humeur et d’anxiété, explique comment la musique et la cuisine l’aident à se recentrer à un Antonin Mousseau-Rivard, qui a lui-même combattu des troubles semblables, on mesure l’étendue du chemin parcouru. « Quand j’étais jeune, on n’essayait pas de comprendre notre mal, mais de le traiter », laissera tomber le chef du Mousso, visiblement admiratif de la démarche de son vis-à-vis, capable de nommer ce qui a été si longtemps caché dans la société.

Même connivence entre Hadrien et Rosalie Vaillancourt, qui partagent un TDA et des problèmes d’inhibition et d’impulsivité. « Au secondaire, j’étais la bizarre ; maintenant, je gagne ma vie avec ça », lancera l’humoriste en riant. Les mots pour dire tous ces décalages qui isolent sont d’autant plus parlants qu’ils sont portés par des duos parfaitement assortis. Ici, non seulement on accueille, mais on partage sans filtre. Conçu pour les ados, le tout est livré avec une fraîcheur désarmante. À prescrire impérativement, et pas qu’aux ados.

 

Parfaitement imparfait

Tout.tv, dès le mardi 2 mars

À voir en vidéo