«L’oeil du cyclone»: humaine, attachante et sarcastique

En plus de gérer de chez elle sa petite entreprise de planification de mariages, Isabelle doit composer avec les humeurs  de sa fille aînée, Jade (Emi  Chicoine), et  les nombreuses  demandes  de ses jumeaux, la ratoureuse Emma (Lilou Roy-Lanouette) et l’anxieux  Jules (Joey  Bélanger).
Radio-Canada En plus de gérer de chez elle sa petite entreprise de planification de mariages, Isabelle doit composer avec les humeurs de sa fille aînée, Jade (Emi Chicoine), et les nombreuses demandes de ses jumeaux, la ratoureuse Emma (Lilou Roy-Lanouette) et l’anxieux Jules (Joey Bélanger).

À mi-chemin entre le feuilleton et la série à sketches, L’œil du cyclone nous entraîne dans l’univers tourbillonnant d’Isabelle Gagnon, mère de famille monoparentale de 39 ans, incarnée avec panache par Christine Beaulieu, qui conquiert immédiatement le spectateur avec ses apartés sarcastiques à souhait.

« C’est une idée qui a germé pendant Votre beau programme, comme quoi ça n’aura pas servi à rien de faire ça !, a révélé Dominic Anctil, conseiller à la scénarisation, lors d’un point de presse virtuel lundi avant-midi. On voulait que le personnage, qui est dans la charge mentale, puisse se décharger à la caméra, se permettre d’aller plus loin, où Isabelle n’irait pas avec sa famille, et que le spectateur soit un peu complice avec elle. »

« En fait, l’adresse à la caméra fait partie du ton et du sarcasme. Elle nous permet aussi des ellipses, d’avancer plus vite dans le temps. C’est une série qui a beaucoup de rythme et d’ellipses », explique Alain Chicoine, qui signe la réalisation avec Julie Hogue.

« C’est une famille de femmes allumées, il y a quelque chose qu’on voulait moderne dans le ton, dans la façon de se comporter les uns avec les autres avec une certaine intelligence dans l’humour », ajoute Anctil, qui cite la série britannique Fleabag parmi les sources d’inspiration.

Si Christine Beaulieu semble l’interprète idéale pour incarner cette mère pétillante et pleine d’esprit malgré la fatigue accumulée, c’est d’abord Julie Le Breton qui avait été pressentie. Or, la pandémie ayant forcé le report du tournage, l’actrice n’était plus disponible.

« On s’est tournés vers Christine, avec qui j’avais travaillé sur C.A. et sur Le mirage. Je trouve qu’elle est bonne, juste, agréable et belle. Elle avait cette énergie du personnage, cette espèce de candeur. Il y a quelque chose chez elle de zéro méchant, elle est juste de bonne foi », affirme Louis Morissette, producteur délégué pour KOTV — société de production, à qui l’on doit notamment C.A., Plan B et Les Simone, qui célèbre ses 10 ans.

Qui plus est, la chimie opère totalement entre Christine Beaulieu et Véronique Cloutier, qui incarne sa sœur Éliane, célibataire toujours parfaitement vêtue, coiffée et maquillée : « Vous direz que je ne suis pas objectif, poursuit Morissette, mais moi, Véro, je la trouve drôle. Elle a ce ressort comique qui ne s’achète pas. Assez rapidement, on ne voulait pas que Véro porte la série pour apporter une pression indue. Le personnage principal demande une disponibilité de temps que Véro n’avait pas nécessairement. »

On s’est tournés vers Christine [Beaulieu], avec qui j’avais travaillé sur «C.A.» et sur «Le mirage». Je trouve qu’elle est bonne, juste, agréable et belle. Elle avait cette énergie du personnage, cette espèce de candeur. Il y a quelque chose chez elle de zéro méchant, elle est juste de bonne foi.

 

Amour et désordre

En plus de gérer de chez elle sa petite entreprise de planification de mariages, Isabelle doit composer avec les humeurs de sa fille aînée, Jade (Emi Chicoine), les visites du copain de cette dernière, Matisse (Isaac Brosseau), et les nombreuses demandes de ses jumeaux, la ratoureuse Emma (Lilou Roy-Lanouette) et l’anxieux Jules (Joey Bélanger).

Comme si cela ne suffisait pas, Isabelle doit encaisser les critiques de son ex (Patrick Hivon) et de sa jeune blonde parfaite (Catherine Souffront) sur l’éducation des enfants, de sa mère (Danielle Proulx) sur sa gestion du temps et de sa sœur sur sa vie sexuelle (ou plutôt l’absence de celle-ci).

Afin de mieux coller à la réalité de la charge mentale et d’en explorer tous ses aspects, le scénariste et coordinateur d’écriture Jean-François Léger s’est entouré de six autrices, dont Caroline Allard, et de six auteurs : « Pour nous, une mère de famille monoparentale, c’était vraiment payant. On avait différents points de vue, différentes visions. Je devenais le chef d’orchestre et je recevais beaucoup d’inputs, très différents, très intéressants. J’essayais juste de trouver un ton, une ligne pour qu’on puisse écrire sur le même show ; je suis content du résultat. »

Lorsque Caroline Allard a commencé sa carrière d’autrice avec Les chroniques d’une mère indigne (Septentrion, 2007), la notion de charge mentale n’existait pas encore. « Tout à coup, de nommer la charge mentale apporte un angle super intéressant sur ce sujet-là. On est beaucoup dans l’émotion parce qu’on a une mère débordée, mais on sent vraiment l’amour dans cette famille-là. C’était vraiment un projet sur lequel j’ai adoré écrire parce que ça rejoignait mes intérêts, mais aussi parce que, par rapport à toutes sortes d’angles familiaux, c’est une série dans laquelle les gens vont se reconnaître », conclut l’autrice.

 

L’oeil du cyclone 

Sur Véro.tv, ICI Tou.tv Extra, les six premiers épisodes dès le jeudi 18 février ; les sept derniers épisodes dès le jeudi 4 mars.

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