Au-delà de l’uniforme

Frédéric Pierre et Mylène St-Sauveur dans «Alertes», une série de 24 épisodes, dont les 12 premiers seront présentés cet hiver et les autres à l’automne.
Photo: Laurent Guérin Frédéric Pierre et Mylène St-Sauveur dans «Alertes», une série de 24 épisodes, dont les 12 premiers seront présentés cet hiver et les autres à l’automne.

Série de 24 épisodes, dont les 12 premiers seront présentés cet hiver et les 12 autres à l’automne, Alertes reprend là où Alerte Amber, au 10e rang des émissions hebdomadaires les plus regardées au Canada en 2019, avait laissé les spectateurs en haleine. C’est-à-dire avec la découverte du cadavre de Marilou, sœur du sergent-enquêteur de l’Escouade des personnes disparues, Renaud Magloire (Frédéric Pierre).

En faisant passer la minisérie de 10 épisodes à une série annuelle, la scénariste Julie Hivon avait le défi de préserver l’ADN d’Alerte Amber tout en donnant à Alertes un ton et un rythme propres.

« Je suis allée chercher des gens pour m’épauler à l’écriture afin de livrer une série de 24 heures dense, complexe. Pour moi, le plaisir de faire une série annuelle, c’était de mieux faire connaître au public les personnages, d’entrer un peu plus dans leur vie privée, d’y insérer une dimension plus personnelle », a expliqué la scénariste lors d’un point de presse virtuel tenu mercredi.

Et cela, au grand bonheur des acteurs. « Dans Alerte Amber, on a eu l’impression que la trame dramatique avait eu un tel impact sur le public avec la famille Charbonneau que ce n’était pas nous qui véhiculions l’émotion, se souvient Sophie Prégent, alias la capitaine Stéphanie Duquette. Il fallait laisser les Charbonneau habiter toute la trame dramatique. Quand on nous a dit qu’on revenait avec l’Escouade, j’ai compris que le focus devait revenir sur nous, qu’on devait habiter cette trame dramatique là. C’est comme habiter le même lieu différemment. »

Pour moi, le plaisir de faire une série annuelle, c’était de mieux faire connaître au public les personnages, d’entrer un peu plus dans leur vie privée, d’y insérer une dimension plus personnelle

 

Alors que l’intrigue d’Alerte Amber se déroulait sur une dizaine de jours, les enquêtes d’Alertes se déroulent sur plusieurs semaines : « Ce rythme-là n’est pas moins intéressant, la tension est toujours là. J’ai l’impression qu’on va pouvoir faire bien du millage avec ces humains-là.

Ça reste qu’ils portent l’uniforme, mais c’est beaucoup l’humain qu’on voit à travers eux », promet l’interprète de la sergente-enquêtrice Lily-Rose Bernard, Mylène St-Sauveur.

« On était plus dans le travail, mais Julie avait mis plein de petites indications des relations entre nous de l’Escouade, donc tout était en place pour qu’on entre dans nos vies et dans nos relations, et qu’on les exploite plus dans Alertes », explique Frédéric Pierre, dont le personnage aura maille à partir avec le sergent-enquêteur à l’unité des Crimes contre la personne, Guillaume Pelletier (Danny Gilmore), qui enquête sur le meurtre de Marilou.

« Avant même de lire les 12 épisodes, on avait déjà installé des petites affaires entre nous en suivant les pistes de Julie et elles se justifient dans les prochains épisodes », renchérit Charles-Alexandre Dubé, qui incarne le travailleur social Dominic Lacroix, lequel sera troublé par l’arrivée de la criminologue et psychologue à l’Unité d’aide aux victimes, Pénélope Roy (Catherine Bérubé).

Une entrée remarquée

 

Séduit par la qualité d’écriture de Julie Hivon, Frédérik D’amours n’a pas hésité à remplacer Stéphan Beaudoin à la réalisation lorsque le producteur Mario Clément et Charles Lafortune, vice-président contenu et création chez Pixcom, l’ont contacté.

« À cause de la COVID, ça a été un tournage quand même rock’n’roll, se souvient le réalisateur. Je voulais créer un lien entre Alerte Amber et Alertes, mais je me suis dit que c’était un nouveau départ, un reboot. Je voulais en garder les qualités intrinsèques, mais y apporter une touche différente pour ne pas aller dans les mêmes registres. Je suis allé plus vers Mindhunters, The Outsider, ce genre de trucs où la caméra est moins à l’épaule. Je voulais quelque chose de cinématographique. »

Dès le premier épisode, qui laisse le spectateur en état de choc, Frédérik D’Amours impose sa griffe avec une saisissante scène d’attentat au camion-bélier : « Je voulais que ce soit percutant, mais pas complaisant. J’ai revu les scènes de camion-bélier à Nice ; on se rend compte que le fou à lier ne fonce pas dans le monde à 120 km/h, on dirait que c’est flou. Je voulais tourner la scène comme si on était spectateurs, comme si c’était filmé avec un iPhone. L’idée n’est jamais de faire une belle shot, mais d’être toujours au service du récit. »

Alertes 

À TVA, dès le lundi 8 février, à 21 h

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