Écrans québécois sous tension

Julie Perreault dans la série «Je voudrais qu’on m’efface», une adaptation du roman d'Anaïs Barbeau-Lavalette
Photo: Babel Films Julie Perreault dans la série «Je voudrais qu’on m’efface», une adaptation du roman d'Anaïs Barbeau-Lavalette

Décidément, le suspense est au rendez-vous cet hiver et ce printemps au petit écran québécois. Alors qu’on aurait pu croire que le vilain virus parmi nous aurait amenuisé la saison, celle-ci s’ouvre en effet sur une offre aussi surprenante qu’abondante.

La santé mentale en jeu

Bête noire. Première télésérie réalisée par la cinéaste Sophie Deraspe (Les loups, Antigone), ce thriller psychologique et familial en six épisodes s’intéresse aux causes et aux conséquences d’un acte haineux extrêmement violent commis par un adolescent de 16 ans. Son entourage, qui essaie de comprendre les raisons de ce geste violent, subit l’opprobre. Avec Isabelle Blais, Sophie Cadieux, Martin Dubreuil et Nahéma Ricci. Séries+, dès le 31 mars.

Sortez-moi de moi. Autre thriller psychologique, cette minisérie en six épisodes avec des moyens dignes du cinéma, signée Sophie Lorain et Alexis Durand-Brault (Au secours de Béatrice), suit le travail d’une unité d’urgence de santé mentale et d’une équipe sur le terrain. Et on promet de ne pas aborder seulement le côté sombre des problèmes de santé mentale. La productrice et coscénariste occupera également un des rôles principaux, tout comme Pascale Bussières, Bruno Marcil, Émile Proulx-Cloutier et Vincent Leclerc. Crave, à une date indéterminée au printemps.

Après. Une autre nouvelle série en six épisodes (décidément, c’est le format de la saison !), produite par le tandem Anne Boyer et Michel d’Astous. Scénarisée par le nouveau venu François Pagé, elle racontera le traumatisme collectif d’une petite communauté des Laurentides après un drame dont on ignore la teneur, sinon qu’il est imprévisible. Karine Vanasse tient le haut de l’affiche d’une distribution composée entre autres de David Boutin, Anglesh Major, Marc Béland et Gaston Lepage. Tou.tv Extra, au printemps.

Polars en stock

Patrick Senécal présente. Reprenant la formule rendue célèbre par un certain Alfred Hitchcock, cette anthologie de récits en un seul épisode nous entraînera dans l’univers inquiétant de l’écrivain québécois, dont toutes les histoires ont en commun de faire vivre aux personnages la pire journée de leur vie. Ça promet. Avec entre autres Anne-Marie Cadieux, Théodore Pellerin, Mylène Mackay, Erich Preach et Steve Plante. Club illico, dès le 25 février.

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Portrait-robot. Comptant aussi le duo Lorain–Durand-Brault à son générique, cette fois à l’interprétation et à la réalisation, ce suspense policier suit le travail d’une unité d’enquête qui s’occupe autant de cas de meurtres, d’agressions sexuelles, d’enlèvement que d’actes terroristes, sans compter quelques affaires non classées. C’est au sein de cette petite équipe que se fait remarquer une portraitiste de talent (Rachel Graton) qui a la capacité de « lire » les gens. Une série en dix épisodes scénarisée par André Gulluni, qui signe également L’œil du cyclone. Club illico, en avril.

Alertes. Le nouveau téléroman « annuel » de TVA surfe sur le succès de la série de suspense Alerte Amber, puisqu’il mettra encore en lumière le travail de l’Escouade spéciale pour personnes disparues, dont les membres, découverts dans la série de Julie Hivon, reprennent du service. Avec Sophie Prégent, Frédéric Pierre, Guy Jodoin et Mylène St-Sauveur. TVA, dès le 8 février.

Jeunesse qui se cherche

Je voudrais qu’on m’efface. L’adaptation du roman d’Anaïs Barbeau-Lavalette, qui raconte le quotidien pas joyeux d’adolescents habitant le même immeuble dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve et réalisé par Eric Piccoli (Projet M, Le dernier felquiste), est finalement lancée deux ans après un pilote qui annonçait une production particulièrement sombre et percutante. On a hâte de voir la suite. Avec Julie Perreault, Jean-Nicolas Verreault et Marilyn Castonguay. Tou.tv, dès le 10 mars.

Comme dans l’espace. Cette production acadienne tournée à Shédiac et en Nouvelle-Écosse racontera sur une note beaucoup plus légère les aventures de deux adolescents (Marianne Verville et Thomas Derasp) qui s’initient aux mystères du cosmos, après avoir découvert un ancien bunker secret jadis utilisé par l’Agence spatiale canadienne. Ils seront assistés dans leur quête de savoir par une androïde savante et un apprenti astronaute. Unis, en mars.

Photo: Unistv5 «Peigner le feu» est une websérie d’animation inspirée du recueil de Jean-Christophe Réhel. 

Peigner le feu. Cette série d’animation inspirée du recueil de poésie destiné à la jeunesse écrit par notre poète en résidence, Jean-Christophe Réhel, raconte les aléas de l’entrée au secondaire d’un préadolescent un peu anxieux, qui se pose des questions sur notre monde et sur la place qu’il y occupe. TV5Unis, en mars.

Six degrés. Cette première série de fiction jeunesse de l’acteur et auteur Simon Boulerice raconte en 13 épisodes comment le destin de Léon, 16 ans, est complètement bouleversé le jour où sa mère, qui s’occupait seule de lui, décède. Une nouvelle ville, une nouvelle famille et l’école, qu’il n’a jamais fréquentée auparavant, en feront voir de toutes les couleurs à ce jeune homme presque aveugle… Tou.tv Extra, en mars.

Et un peu de légèreté…

L’œil du cycloneHeureusement, il n’y a pas que des nouveautés aux contours sombres et anxiogènes… Cette comédie, qui devait d’abord être diffusée à l’automne à Radio-Canada, puis retardée pour les raisons covidiennes que l’on connaît, atterrit sur le volet Véro.tv de Tou.tv. L’instigatrice de cette section de la plateforme numérique, Véronique Cloutier, y effectue d’ailleurs un retour au jeu, dans le rôle de la sœur et « quatrième enfant » d’une mère célibataire (Christine Beaulieu, en remplacement de Julie Le Breton) de trois rejetons, dont la vie professionnelle et personnelle est un tourbillon sans fin… Avec Danielle Proulx et Patrick Hivon. Véro.tv, dès le 18 février.  

Fibre documentaire et téléréalité

L’entrevue. Le concept de docuréalité de « métiers » prend une tout autre dimension dans cette adaptation québécoise d’un concept britannique qui permettra aux téléspectateurs d’assister à de véritables entretiens d’embauche, dans différents secteurs d’activité, un peu partout au Québec. Moi et cie, dès le 2 février.

Aiguille sous roche. Les antivaccins et la portée du discours scientifique dans notre société sont les sujets du dernier documentaire concocté par l’humoriste Louis T. Télé-Québec, le 10 février.

La fin des faibles. La chaîne publique québécoise se lance à sa façon dans le télé-crochet musical. La compétition de rap en français, animée par Pierre-Yves Lord, aura pour juges Koriass, Sarahmée et Souldia. Télé-Québec, dès le 1er mars.

Le grand move. Mariloup Wolfe est à la barre de cette série documentaire qui se penche sur le phénomène très « tendance » des familles des grands centres urbains qui migrent vers les régions. Canal vie, dès le 29 mars.

39-45 en sol canadien. Claude Legault sera le guide de cette série documentaire québécoise qui consacre ses 13 épisodes aux événements marquants qui se sont produits au pays durant cette période très houleuse de l’histoire moderne, à travers les témoignages de ceux qui les ont vécus, entre autres. TV5, en avril.

C’est plus qu’un jardin. La « vedette » des Fermiers, Jean-Martin Fortier, se fait guide pour ceux qui aspirent à l’autosuffisance alimentaire dans cette série documentaire. Il accompagne, avec l’aide de son acolyte Dany Bouchard, une famille qui veut concrétiser son désir de produire tout ce qu’elle mange, ou presque. Unis, en avril.