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Sur vos écrans: de rires, de mémoires et d’espoirs

Véronic DiCaire dans sa nouvelle émission de sketches «Drôles de Véronic», à TVA dès le 27 janvier
Photo: Vivien Gaumand Véronic DiCaire dans sa nouvelle émission de sketches «Drôles de Véronic», à TVA dès le 27 janvier

Drôle, et pas juste pour Véronic

L’imitatrice, humoriste et chanteuse franco-ontarienne Véronic DiCaire, qui a animé durant quatre saisons son émission de variétés aux airs de karaoké de vedettes, Ici on chante, sur les ondes de Radio-Canada, passe chez le concurrent avec cette nouvelle émission de sketchs mêlant parodies d’émissions à succès (Chambre en ville, Découverte, L’amour est dans le pré) qui mise beaucoup sur ses multiples talents, comme son titre l’indique, mais aussi beaucoup sur ceux de ses collègues. Et c’est pour le mieux !

La distribution qui appuie madame DiCaire, dont les « vétérans » Éric Bernier et Josée Deschênes, toujours très justes, et les « recrues » très solides que sont Gabrielle Côté, Anglesh Major, Catherine Chabot et Joanie Guérin, vole souvent le show à la vedette et fait ainsi de cette production une aventure d’équipe réussie, qui atteint sa cible de nous dilater la rate avec légèreté. Ça n’empêche aucunement la blonde comique de briller, tout particulièrement (et un peu ironiquement) dans les saynètes où elle incarne des personnages créés de toutes pièces. À cet égard, son agente d’immeubles mal dégrossie et raciste Gladys Darisse s’avère particulièrement drôle. On risque de la revoir au fil des douze épisodes…

Ses imitations plus classiques (entendre, sans déformer le texte des chansons) d’interprètes québécois à succès font presque figure d’intermèdes un peu fades dans cette enfilade de sketchs aux textes savoureux, qui égratignent gentiment et tombent même parfois dans la critique sociale plus « acerbe », principalement signés par Marie-Andrée Labbé (Trop). Une bien belle surprise, donc, qui fera un complément parfait à Beaux malaises 2.0, diffusé juste avant.



Drôles de Véronic
TVA, mercredi, 21 h 30 
  

Pour sortir du cercle vicieux

Les séries de fiction « carcérales » féminines ont eu la cote ces dernières années, dépeignant un milieu qui ne fait pas de cadeaux à celles qui y séjournent. Le documentaire canadien Condamnation aborde cet univers (non fictif) dans un tout autre angle, en tentant de comprendre pourquoi les femmes forment la population carcérale qui croît le plus rapidement au Canada depuis quelques années. Les cinéastes Nance Ackerman, Ariella Pahlke et Teresa MacInnes ont voulu trouver des réponses à l’intérieur des murs de deux établissements de détention pour femmes de Nouvelle-Écosse, en offrant à quelques-unes de leurs détenues des moyens artistiques d’élucider ce « mystère ».

Treena, Bianca, Laura et Caitlin, des « récidivistes » aux profils différents, ont ainsi eu accès à des caméras, à des ateliers de création et de réflexion pour documenter leur expérience « en dedans », mais surtout pour trouver des solutions durables et réalistes pour qu’elles et leurs codétenues puissent se sortir du cercle vicieux qui les ramène toujours en prison. Ce beau film « participatif », aux accents de cinéma-vérité et de journalisme de solution ne répond pas à la question initiale, mais s’avère un vibrant plaidoyer pour une société qui aide les plus vulnérables plutôt que de les emprisonner.



Condamnation
Radio-Canada, samedi, 22 h 30 et sur Tou.tv 
   

Conquérir les têtes couronnées

La quantité phénoménale de productions télévisuelles consacrées à la Seconde Guerre mondiale peut parfois faire croire qu’on a pas mal fait le tour du sujet. Pourtant, cette minisérie documentaire, d’ailleurs diffusée dans la case horaire presque toujours réservée à ce « sous-genre », démontre que ce n’est pas encore le cas. La production de la télé publique belge se penche sur les relations complexes entre les têtes couronnées d’Europe, toutes un peu cousines grâce entre autres à la reine Victoria, et les leaders des puissances de l’Axe, en l’occurrence Hitler et Mussolini. Le récit des stratégies « de survie » de ces souverains, souvent dépourvus de pouvoir et craignant de perdre leurs privilèges, qui ont pour la plupart cédé devant les pressions des dirigeants fascistes pour le regretter amèrement plus tard, a la particularité d’être commenté avec un recul intéressant, par des descendants des têtes couronnées.



Les monarchies face à Hitler
TV5, les lundis 25 janvier et 1er février, 21 h 
 

Le visionnement de la semaine

Le documentaire sportif « inspirant » a le vent dans les voiles par les temps qui courent. Après la série canadienne Anyone’s Game (CBC), qui suit le parcours de jeunes basketteurs prometteurs dans un programme d’élite qui peut les mener aux ligues professionnelles, on a droit à cet autre projet documentaire porteur d’espoir qui s’intéresse cette fois à des athlètes beaucoup plus jeunes, mais pas moins ambitieux. Le cinéaste Rudy Valdez raconte en quatre épisodes une saison dans la vie d’une équipe de football composée de garçons de 7 à 13 ans d’un quartier difficile de Brooklyn, soutenus dans la poursuite de leur rêve par leurs entraîneurs et leurs proches, qui ne l’ont pas toujours facile. Tout ce beau monde se livre avec spontanéité et générosité à la caméra pour constituer un portrait social révélateur et émouvant.



Nous sommes : les Saints de Brooklyn
Netflix, dès le vendredi 29 janvier

À ne pas manquer

Dans le tumulte du système esclavagiste
 

Plongée au cœur des 400 années tumultueuses du système esclavagiste, l’ambitieuse série Esclaves, coproduite par le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni, compte un atout de taille en l’acteur et militant Samuel L. Jackson. Allergique aux narrations ampoulées et aux têtes parlantes, la star de Pulp Fiction n’a pas hésité à se mouiller, guidée par une quête personnelle, celle de ses origines gabonaises, donnant à la minisérie documentaire une incarnation narrative précieuse. À la réalisation, Simcha Jacobovici navigue avec prudence dans cet univers qui cherche à donner une perspective historique à la polarisation actuelle.



Esclaves
RDI, dès le 28 janvier, 20 h ; aussi sur l’Extra de Tou.tv