​Sur vos écrans: en terrains connus

La troisième saison de «Ça ne se demande pas» atteint encore sa cible.
Photo: Ami-Télé La troisième saison de «Ça ne se demande pas» atteint encore sa cible.

Des retours qui font du bien

Ce début d’année tristounet et confiné fait tout pour nous pousser à trouver refuge devant nos petits écrans, traditionnels ou non. Tous esseulés et assignés à domicile, nous avons besoin de rendez-vous rassembleurs qui nous font vivre de belles et grandes émotions, qui nous donnent quelques raisons d’espérer. Les trois émissions qui font un retour cette semaine cadrent parfaitement dans cette catégorie d’émissions qui font du bien, même si elles nous font parfois verser quelques larmes.

Après une édition du jour de l’An particulièrement réussie, le grand rendez-vous de variétés mené par France Beaudoin amorce sa saison hivernale avec une émission qui ravira les très nombreux fidèles du feuilleton policier quotidien de Luc Dionne. L’équipe de District 31, qui compte maintenant plus de 500 épisodes au compteur, sera célébrée en bonne et due forme, en direct, comme il se doit…

La série documentaire Deuxième chance, de retour pour une quatrième saison, après une annulation en 2019 et le départ de l’un de ses deux animateurs, Patrick Lagacé, viendra ajouter une couche d’émotions fortes à ce samedi confiné. Marina Orsini peut compter sur la journaliste Monic Néron comme nouvelle coéquipière (et toute une équipe de recherche !) pour retrouver des personnes que des gens souhaitent remercier, leur adresser des excuses ou tout simplement revoir. Le premier épisode de cette nouvelle saison est riche en matière à sortir les mouchoirs : on a droit aux retrouvailles entre un homme victime d’un grave accident de la route en 1977 et celui qui l’a sauvé des flammes de son véhicule, et entre une femme et son père, qu’elle n’a pas vu depuis plus de 20 ans.

Autre série qui nous fait osciller entre le sourire franc et les larmes : la sympathique série Ça ne se demande pas, qui permet à des personnes ayant un handicap ou une limitation physique ou mentale particulière de répondre à des questions anonymes soumises par le public, certaines amusantes, d’autres un peu choquantes ou naïves, bref de celles qu’on n’ose pas poser tout haut… La troisième saison atteint encore sa cible de nous faire réfléchir sur la vie de personnes qu’on a trop souvent tendance à « infantiliser » ou à prendre en pitié. Le premier épisode, diffusé lundi et déjà disponible sur le site d’AMI-Télé, consacré aux parents d’enfants handicapés, s’avère à cet égard particulièrement réussi.



En direct de l’univers – spéciale District 31 et Deuxième chance
Radio-Canada, samedi, dès 19 h 

Ça ne se demande pas
AMI-Télé, lundi, 20 h
  

Les reines du crime familières

Les romans policiers et leurs dérivés sur les petits (et parfois grands) écrans et leurs intrigues plus ou moins sanglantes sont d’excellents moyens d’oublier nos angoisses, grandes et petites. La chaîne publique américaine propose toute une soirée sous le signe du polar au féminin qui saura sans doute plaire aux amateurs de ce genre dans son incarnation la plus classique.

Ainsi, dans la série « Masterpiece Mystery », on a droit à une nouvelle série policière britannique, une production originale de la chaîne spécialisée Alibi (l’équivalent d’Addik… ou quelque chose du genre !) qui met en scène une toute première femme détective privée (fictive, faut-il le rappeler), la Miss Scarlett du titre, à œuvrer dans le Londres glauque de la fin du XIXe siècle. Cette fille d’un ex-policier récemment décédé, curieuse et à l’affût des dernières techniques scientifiques d’enquête, décide de reprendre les rênes de l’agence privée de son défunt père pour payer les dettes de ce dernier et assouvir son ambition de mener ses propres enquêtes. Dans ce monde machiste où la femme, même de bonne famille, doit se contenter de faire tapisserie, cette héroïne enthousiaste et débrouillarde, incarnée avec l’élan qu’il faut pour ce genre de personnage par Kate Phillips (Peaky Blinders), fait figure de pionnière dégourdie, mais doit tout de même compter sur l’aide de son ami d’enfance, ancien protégé de son papa et maintenant devenu inspecteur à Scotland Yard, le séduisant et récalcitrant Wlliam Wellington (Stuart Martin, dans le ton), le « Duke » du titre.

Photo: PBS L'écrivaine Agatha Christie

Cette production charmante, mais très prévisible, caricaturale et proprette, qui joue à fond sa carte féministe pas subtile pour deux shillings, fait plus sourire que frémir et fait surtout vibrer la fibre romantique des téléspectateurs, grâce au jeu de séduction-répulsion auquel se livrent les protagonistes. Cette recette, qui rappelle à certains égards les productions canadiennes Murdoch Mysteries et Frankie Drake Mysteries, semble bien fonctionner puisqu’une deuxième saison est en préparation.

En complément de programme, PBS diffuse un documentaire biographique consacré à la maman d’Hercule Poirot et de Miss Marple. Le film offre un accès privilégié aux archives personnelles de la reine du crime, dont quelques enregistrements sonores, pour raconter sa vie loin d’être banale et nous éclairer sur la façon dont elle arrivait à écrire autant de romans, de nouvelles et de pièces aussi efficaces. Les grands admirateurs de cette autrice populaire, une discrète qui entretenait son image de vieille dame à la Maple pour qu’on lui fiche la paix, n’apprendront sans doute pas grand-chose de neuf par rapport aux révélations extraites de ses carnets personnels, grâce aux travaux de John Curran, qui participe d’ailleurs au documentaire. Cela dit, cette synthèse divertissante de sa vie bien remplie et de sa façon de travailler constitue une très bonne introduction.



Masterpiece Mystery : Miss Scarlett and The Duke et Inside the Mind of Agatha Christie
PBS, dimanche, dès 20 h   

Le visionnement de la semaine

Cette nouvelle série documentaire de la CBC nous entraîne dans les coulisses de l’un des meilleurs programmes de développement de basketteurs professionnels, qui se trouve dans une école secondaire d’une petite ville au nord de Toronto, Orangeville. Ce programme exigeant a permis depuis sa création, il y a dix ans, à plusieurs jeunes joueurs de trouver leur place au sein de formations de la NCAA, et dans certains cas, de la NBA. La série suit sur plusieurs mois une quinzaine de joueurs, issus du Canada, des États-Unis, mais d’ailleurs, aussi loin que la République du Congo, qui ont intégré ce programme et joué pour cette école, dans l’espoir de se faire remarquer lors de la « Grind session », un tournoi où cette équipe, la seule du Canada, peut se mesurer aux équipes américaines, et espérer voir quelques-uns de ses membres briller au firmament professionnel de ce sport très populaire.



Anyone’s Game
CBC, vendredi, 20 h 30 et sur CBC Gem

À ne pas manquer

La trentaine, vingt ans plus tard
 

La toute première création télévisuelle de Stéphane Bourguignon (Fatale-Station, Tout sur moi), rapidement devenue un grand succès critique et public, revient en ondes, tout juste 20 ans après la diffusion de son premier épisode. Les nostalgiques retrouveront la bande d’amis trentenaires imaginée par l’auteur de L’avaleur de sable, que l’on suit dans leur quête d’identité propre et surtout du bonheur, celui qui dure. Les plus jeunes y découvriront une production à la facture cinématographique (signé par Stéphane Lapointe) qui a ouvert la voie à une nouvelle façon de faire de la télé au Québec. À chacun son plaisir. À coups de deux épisodes par semaine.



La vie, la vie
Artv, mercredi, dès 19 h