«Jamais je ne t’oublierai»: la vie sous scellé

Le cinéaste Christian Mathieu Fournier documente patiemment la chape de solitude qui s’est abattue sur nos CHSLD.
Photo: Les vues du fleuve Le cinéaste Christian Mathieu Fournier documente patiemment la chape de solitude qui s’est abattue sur nos CHSLD.

Jamais je ne t’oublierai s’ouvre longuement sur la chaleur d’un quotidien tantôt rose, tantôt morose, pour reprendre l’expression d’un résident pince-sans-rire. La vie s’égrène en effet tout doucement dans le giron de ce CHSLD du village de Saint-Casimir de Portneuf où Lili, la chatte aux yeux de velours, est témoin des mille et un gestes que le personnel et les bénévoles dispensent aux résidents sans s’économiser. Empreints d’aménité, ceux-ci nourrissent une proximité que le premier confinement aura brisée net.

Comme un phare dans la nuit, seul le technicien en loisirs et infirmier Rémi Bélanger pourra continuer à entonner les ritournelles consolatrices au cœur de ce long hiver de force. Désormais masqué, sa magie bridée par la distanciation, on mesure douloureusement la cassure qu’aura provoquée la pandémie dans ces lieux. Attentif au moindre frémissement, le cinéaste Christian Mathieu Fournier (La maison des Syriens), lui-même chassé pendant un temps pour des impératifs sanitaires, documente patiemment la chape de solitude qui s’est abattue sur nos CHSLD.

Foncièrement positif, il s’accroche à ce qui reste : les proches qui se pressent aux fenêtres, les autres qui apparaissent à la caméra, succédanés bien pâles, qui, pas plus que les arcs-en-ciel à tous crins avant eux, n’arriveront à combler le vide ni la peur. Le beau temps reviendra, et avec lui l’assouplissement des mesures qui auront permis à ce CLSC de rester à l’abri de la COVID-19, non sans laisser des traces indélébiles. Une riche leçon à voir tandis que la seconde vague étend sa noirceur sur le Québec.

Jamais je ne t’oublierai

ICI Télé, samedi 16 janvier, 22 h 30, aussi en ligne sur Tou.tv.