«Contre-offre et Entre deux draps»: ensemble malgré tout

Imaginez le ballet des techniciens entre les sœurs Lévesque, l’aspirante actrice Jade (Noémie O’Farrell), la carriériste Christine (Marie-Soleil Dion) et la gaffeuse Daphné (Emmanuelle Lussier-Martinez), dans la série «Contre-offre».
Photo: Bell Media Imaginez le ballet des techniciens entre les sœurs Lévesque, l’aspirante actrice Jade (Noémie O’Farrell), la carriériste Christine (Marie-Soleil Dion) et la gaffeuse Daphné (Emmanuelle Lussier-Martinez), dans la série «Contre-offre».

Forte du succès de Pour toujours, plus un jour et Transplanté à l’automne, Noovo réitère sa volonté d’offrir plus de fiction. Mieux encore, des fictions originales d’ici. Et ce n’est pas une pandémie qui l’en empêchera. Àpreuve, Contre-offre, qui suit les tribulations de trois sœurs agentes immobilières, et Entre deux draps, qui met en scène quatre couples et deux colocs, sont parmi les premières séries réalisées en structure COVID.

Évidemment, lorsqu’on réalise une série tournant autour d’une agence immobilière familiale, les règles sanitaires freinent parfois l’élan créateur. Imaginez le ballet des techniciens lorsque les sœurs Lévesque, la carriériste Christine (Marie-Soleil Dion), la gaffeuse Daphné (Emmanuelle Lussier-Martinez) et l’aspirante actrice Jade (Noémie O’Farrell), et leur confrère ringard Marcel Dufour (Antoine Vézina) font visiter des maisons à leurs clients en présence des propriétaires.

Producteur chez Pixcom et réalisateur de Contre-offre, série de 12 épisodes de 30 minutes, d’après une idée originale de Marie-Chantal Nadeau (ex-agente immobilière) et de Benoit Finley, et dont le chef auteur est Pierre-Louis Sanschagrin, Martin Roy assure que les 36 jours de tournage se sont déroulés dans le bonheur et les fous rires.

À la rencontre de presse virtuelle, Martin Roy a expliqué ne pas avoir eu à refaire toute sa mise en scène : « Mon but, quand on finissait notre répète avant le tournage, c’était que ça soit fluide. Je ne voulais pas que ça vole la vedette. Il y a certains plans qu’on a dû enlever ; dans les two shotsoù on voyait trop la distance entre les deux comédiens, on tournait en champ-contrechamp. Je me suis vite amélioré ; au 4e jour, il y a des pièges qu’on a évités. Les visites de maison, c’était le plus grand défi, mais je suis content du résultat. »

L’un des regrets de Martin Roy, qui a conçu le casting autour de Marie-Soleil Dion, c’est que les actrices ne pouvaient pas avoir de contacts. À l’écran, la chimie entre elles s’avère pourtant palpable.

« On est très différentes les trois, mais en même temps, on se ressemble beaucoup. Avec Emmanuelle, on ne se connaissait pas du tout, mais avec Noémie, on avait joué des sœurs au théâtre d’été il y a trois ans, on vient toutes les deux du Conservatoire de Québec et on a plein d’amis en commun. Emmanuelle s’est greffée à ça de façon naturelle. On n’a pas eu beaucoup de travail en amont, mais la magie a vraiment opéré dès l’audition », a confié Marie-Soleil Dion.

Les joyeux confinés

N’eût été l’idée de Sophie Parizeau, directrice générale de la fiction et du contenu numérique chez Bell Média, d’engager de vrais couples, Entre deux draps, comédie à sketchs de 10 épisodes de 30 minutes, d’après une idée originale de Matthieu Pepper, auteur principal, aurait pu être reportée à une date indéterminée.

Ainsi, Pier-Luc Funk et Virginie Ranger-Beauregard incarnent Antoine, employé dans une compagnie de réparation de téléphones portables, et Lydia, fille de riches étudiant en sexologie, qui s’aiment autant qu’ils se chicanent. François Papineau et Bénédicte Décary campent deux amoureux ayant peu en commun, Luc, retraité pantouflard, et Marie-Ève, sportive gérant un service de traiteur.

Photo: Bell Média N’eût été l’idée de la directrice générale de la fiction et du contenu numérique chez Bell Média d’engager de vrais couples, «Entre deux draps» aurait pu être reportée à une date indéterminée. Dans les rôles de Marco, acteur raté, et Valérie, dont la carrière se porte bien, on retrouve Guillaume Girard et Karine Gonthier-Hyndman.

Dans les rôles de Marco, acteur raté, et Valérie, dont la carrière se porte bien, on retrouve Guillaume Girard et Karine Gonthier-Hyndman, qui partagent quelques scènes avec Florence Pilote (fille de Mélissa Désormeaux-Poulin), qui joue leur fille vaguement psychopathe.

« C’est pas tout le monde qui a envie de jouer en couple, a révélé Louis Morissette, président et producteur de KOTV. Comme on était dans le creux de la vague, il y avait un optimisme relié à ce projet-là. Tout le monde a embarqué de plein gré. On parle de couples, mais en fait, il s’agit d’acteurs vivant à la même adresse civique. »

« C’était ma première prod en temps de COVID, a raconté le réalisateur François St-Amant. Honnêtement, on ne l’a pas tant senti, car tourner avec des couples a beaucoup aidé ; ce qui a ralenti la production, ce sont les masques et le lavage de mains. Outre ça, c’était facile, je n’ai pas eu à modifier la mise en scène parce qu’ils pouvaient se toucher et s’embrasser. C’était limite weird puisqu’on n’est plus habitués de voir ça. »

Weird ? Réconfortant, plutôt. Car au-delà de la tendresse, ce qui ravit d’abord, c’est l’authenticité et l’aisance des acteurs d’une chambre à l’autre.

Aucun couple de même sexe n’ayant voulu participer, la production s’est tournée vers les colocataires. Ont alors embarqué dans l’aventure Simon Pigeon et Antoine Pilon pour interpréter deux amoureux aux horaires chargés et discordants, Jean-Pascal, attaché politique, et Simon, chef cuisinier.

C’était ma première prod en temps de COVID. Honnêtement, on ne l’a pas tant senti, car tourner avec des couples a beaucoup aidé ; ce qui a ralenti la production, ce sont les masques et le lavage de mains. Outre ça, c’était facile, je n’ai pas eu à modifier la mise en scène parce qu’ils pouvaient se toucher et s’embrasser. C’était limite "weird" puisqu’on n’est plus habitués de voir ça.

 

En colocs aux tempéraments opposés, Thomas, fraîchement largué par sa copine, et Valère, aussi bienveillant qu’intrusif, Matthieu Pepper et Fayolle Jean Jr complètent la distribution à laquelle se grefferont de temps à autre Martin Drainville et Micheline Bernard dans le rôle des parents de Thomas.

« Pour Matthieu et Fayolle, qui ne sont pas de la même bulle, il a fallu faire preuve d’un peu plus d’ingéniosité dans la mise en scène. Je ne voulais pas y aller avec du plexiglas parce que des fois ça déforme la lumière et que c’est un peu un chiard d’effacer ça en postproduction, et je ne voulais pas limiter mes mouvements de caméra », a expliqué le réalisateur.

Si l’on ne sort pas de la chambre à coucher et que les cinq bulles demeurent indépendantes, rassurez-vous : la pandémie n’existe pas dans Entre deux draps. Pas plus que dans Contre-offre d’ailleurs.

« Ce que j’aimais beaucoup dans l’idée d’Entre deux draps, c’était de braquer la caméra sur la chambre à coucher, qui est le dernier bastion où tu peux vraiment être toi-même. Je ne sais pas où ça va nous mener, mais les réalités dépeintes dans la série sont québécoises, canadiennes, et beaucoup plus. C’est la société occidentale et même plus », avance Louis Morissette.

Sans doute que ces deux productions raviront le groupe cible de Noovo, les 25-54 ans, lequel a gonflé de 18 % durant les Fêtes. Suzane Landry, vice-présidente du développement de contenu et de la programmation de langue française de Bell Média, n’a toutefois pas voulu se prononcer sur l’éventualité d’une deuxième saison pour chacune d’elles.

Contre-offre / Entre deux draps 

​Noovo, dès le mardi 12 janvier, 19 h 30, en rattrapage à noovo.ca / Noovo, dès le mercredi 13 janvier, 19 h 30, en direct et en rattrapage à noovo.ca

À voir en vidéo