​Sur vos écrans: des êtres chers

Une scène de la coproduction franco-israélo-belge «No Man’s Land»
Photo: Bell Media Une scène de la coproduction franco-israélo-belge «No Man’s Land»

En mission dans le bourbier syrien

Les fictions issues (totalement ou en partie) de l’Hexagone arrivent très peu à faire leur chemin jusqu’à nos petits écrans québécois. La défunte Canal+ International proposait bien quelques titres particulièrement intéressants, tels les séries Baron noir et Hippocrate, Artv (et Tou.tv) nous a offert dans les dernières années la suave Appelez mon agent !, et TV5 relaie parfois des séries dignes d’intérêt, comme la très amusante Irresponsable.

Parfois, c’est par le truchement de plateformes américaines que ces productions à voir nous sont finalement accessibles, comme ce fut le cas pour l’enlevante séried’espionnage Le bureau des légendes qui a abouti sur Sundance Now. C’est également le cas pour la minisérie qui nous intéresse aujourd’hui, la coproduction franco-israélo-belge No Man’s Land, qui aborde dans une certaine mesure les mêmes thèmes que Le bureau des légendes. Ce thriller de guerre, d’abord mis en ligne sur le site de la chaîne franco-allemande Arte en septembre dernier, s’est par la suite retrouvé sur la plateforme américaine Hulu (qui a participé à la coproduction), pour aboutir cette semaine dans le volet Starz de la plateforme canadienne Crave. Tout un détour…

Créée par une équipe de producteurs israéliens à la feuille de route bien étoffée (Fauda, Kfulim, Euphoria), qui a été assistée pour la portion française du récit par le cinéaste Xabi Molia (8 fois debout), cette coproduction à grand déploiement relate la mission que se donne en 2014 Antoine (Félix Moati), un architecte parisien, pour retrouver sa sœur Anna (Mélanie Thierry) que tout le monde croit pourtant morte dans un attentat en Égypte deux ans plus tôt. Il est convaincu de l’avoir aperçue dans un reportage sur un bataillon de volontaires étrangers qui luttent aux côtés des Unités de protection de la femme (YPJ), ces troupes kurdes féminines qui prennent les armes contre Daech dans le conflit syrien, et part dans cette zone de guerre aux mille dangers pour peut-être la retrouver. Sur sa route parsemée d’embûches de taille, il se verra lui-même impliqué dans des opérations militaires de l’YPJ.

Fait rare (et intéressant), la presse française a été presque unanimement enthousiaste devant cette minisérie mélangeant le drame familial au thriller d’espionnage et de guerre. La plupart des critiques soulignent son approche réaliste des enjeux du conflit syrien et de l’engagement de ceux qui y prennent part volontairement, sa réalisation aux accents documentaires, ses intrigues enlevantes et la complexité de ses personnages, exempts du manichéisme auquel on aurait pu s’attendre dans ce genre de production.

Malheureusement, les allergiques aux sous-titres devront faire un petit effort pour suivre cette minisérie de huit épisodes tournée en français, mais aussi en anglais, en arabe, en persan et en kurde, puisqu’elle ne sera offerte qu’avec des sous-titres en anglais. Ou ils pourront se montrer patients et attendre la version française qui sera diffusée à Super Écran dès le 17 février.



No Man’s Land (V. O. multilingue, sous-titrée en anglais)
Crave, volet Starz, dès le 10 janvier 
  

Ceux qui ont fait l’année

Photo: Ici Télé Carol Dubé, époux de Joyce Echaquan, en entrevue pour «Les dix de 2020»

Radio-Canada complète sa série de revues de l’année dernière avec cette émission, diffusée en simultané à la télévision, à la radio et sur l’application numérique Ohdio, qui dresse un palmarès des dix personnes qui ont marqué 2020 au Canada grâce à leurs initiatives, à leur rôle particulier… ou bien malgré elles. La chaîne publique a déjà dévoilé quelques-unes des personnalités qui font partie de ce décompte animé par Isabelle Racicot, dont la tristement célèbre Joyce Echaquan, que son mari Carol Dubé racontera dans la première entrevue d’importance qu’il accorde à la télé, le scénariste de District 31, Luc Dionne, et la première femme ministre des Finances et vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland. Les choix de ce  top-10  un peu spécial seront éclairés par la stratège en communication Martine St-Victor, l’historien Laurent Turcot et le sociologue Jean-Philippe Warren.



Les dix de 2020
ICI Télé, samedi, 20 h 30 
  

Au-delà des apparences

On dénigre souvent les téléréalités de rencontres amoureuses parce que les relations qui s’y nouent sont souvent basées essentiellement sur l’apparence des candidats et pas tellement sur leurs intérêts communs. Cette nouvelle émission de rencontres animée par le comédien Félix-Antoine Tremblay (Le chalet) tente justement de déjouer cette constante « superficielle » en ne permettant pas à ses aspirants à l’amour de se voir avant plusieurs rencontres à l’aveugle, comme l’indique le titre.

Ainsi, dans chaque épisode, une célibataire fait la connaissance de trois prétendants avec qui elle peut discuter à distance et de qui elle peut entendre parler par leurs proches. Elle doit ensuite choisir celui qui lui semble le plus intéressant pour un possible rendez-vous galant avant de le rencontrer en personne. Il faut déjà être adepte de ce genre de production pour apprécier cette déclinaison certes moins archétypale des émissions de rencontres, qui peut devenir longuette si on n’est pas trop amateur d’échanges pas toujours transcendants entre inconnus.



Flirt à l’aveugle
Canal Vie, mercredi, 20 h    

Le visionnement de la semaine

Des superhéros et la comédie du quotidien

Encore des superhéros vedettes du grand écran qui passent au petit ? Oui, mais ceux-ci le font (du moins sur papier) de façon un peu plus originale que les autres… Le couple formé par Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen) et Vision (Paul Bettany), que l’on a pu voir dans la série de films Avengers, fait ce saut sous les bons soins de la scénariste Jac Schaeffer (Captain Marvel,Black Widow). Celle-ci les emmène en banlieue proprette, alors qu’ils souhaitent mener une vie « normale » dans cette comédie de situation « voyageuse » dans le temps, qui rendra hommage aux grands classiques du genre.



WandaVision
Disney+, dès le 15 janvier

À ne pas manquer

Sage bio d’un sportif repenti
 

D’abord prévu pour être diffusé en décembre, ce portrait du golfeur étoile Tiger Woods inspiré de l’ouvrage éponyme de Jeff Benedict et Armen Keteyian paru en 2018 n’apprendra pas grand-chose aux admirateurs qui ont suivi de près sa carrière en dents de scie. Cela dit, ceux qui s’intéressent de loin à cette figure médiatique qui a longtemps brillé de mille feux, pour connaître une descente aux enfers et une rédemption tardive dignes d’un scénario hollywoodien, trouveront sans doute leur compte dans ce documentaire auquel le principal intéressé n’a pas participé. En deux parties, ce dimanche et le suivant.



Tiger
HBO et Crave, les 10 et 17 janvier, 21 h