«Caméra Café»: vie de bureau, encore

Lou Scamble

Pourquoi chercher un concept original quand on peut réutiliser une formule gagnante et l’actualiser ? C’est ce que semblent se dire bien des producteurs télé au Québec. Avouons que ce credo donne parfois des résultats intéressants. On n’a qu’à penser aux relectures récentes des Belles histoires des pays d’en haut et de Passe-Partout. Malheureusement, du moins en regard des épisodes que TVA a mis à la disposition de la presse, la nouvelle mouture de Caméra café ne fait pas partie de cette catégorie.

L’écoute de plusieurs épisodes pourra peut-être nous convaincre de la pertinence de cette resucée, toujours produite par François Rozon. Cette version 2.0 des brèves de salle de repos d’une entreprise anonyme mise pourtant sur une toute nouvelle galerie de personnages, portés par des interprètes de talents (Sylvie Léonard, Marie-Ève Trudel, Didier Lucien), mais à peine moins caricaturaux que ceux de la cuvée 2002-2012, et sur des thèmes actuels (le racisme, le harcèlement sexuel et psychologique, les complotistes…), abordés avec un peu plus de finesse que dans la première incarnation, mais pas beaucoup d’originalité.

Il s’agit là de la nature première de ce concept français, dont la deuxième mouture a fait chou blanc en 2010 : user des archétypes de la vie de bureau pour faire rire, ou à tout le moins sourire. Ici, on sourit souvent et on ne s’esclaffe que très rarement, avec une impression d’avoir vu les gags plusieurs fois ailleurs. Il reste le confort de situations comiques connues, prévisibles, qui n’est pas totalement désagréable, surtout en ces temps où la vie réelle est très rarement drôle. C’est déjà ça.

Caméra café

TVA, mardi, 21 h