​Sur vos écrans: une rentrée télé, avec le sourire

Une scène de la série «Les mecs», portrait de quinqua-génaires ordinaires dressé par Jacques Davidts
Photo: ICI Radio-Canada Télé Une scène de la série «Les mecs», portrait de quinqua-génaires ordinaires dressé par Jacques Davidts

Optimiste, mais lucide

Parmi le lot de nouveautés que propose Télé-Québec cet hiver, l’une des plus attendues est sans doute le nouveau magazine société, L’avenir nous appartient, animé par Monic Néron et Émilie Perreault, qui vient en quelque sorte remplacer Les francs-tireurs, nouvellement retraité dans ce créneau, dans un registre un brin plus optimiste, plus lumineux, qui insuffle un peu d’espoir dans ce monde de mauvaises nouvelles à temps plein.

Les deux journalistes s’inspirent ici du journalisme de solution, qui prend son essor dans bien des médias québécois, pour dresser le portrait de gens inspirants, des très connus et d’autres pas du tout, qui, chacun à leur façon, suggèrent ou apportent des solutions novatrices à des problèmes auxquels nous faisons face en tant que société et individus. Elles le font à travers des entrevues fouillées avec ces empêcheurs de tourner en rond, attrapés le plus souvent dans leur quotidien. Des discussions entre les deux journalistes viennent mettre en perspective les propos de leurs intervenants et créer des liens entre leur démarche respective.

L’ensemble met bien sûr l’accent sur les aspects positifs et motivants de ces démarches, mais sans occulter les écueils possibles et l’ampleur de la « côte à remonter » pour faire bouger les choses à grande échelle, et surtout sans le jovialisme que certains auraient pu craindre d’une production de la sorte. Le premier épisode donne à entendre l’animateur et journaliste Paul Arcand, la présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, le fermier vedette Jean-Martin Fortier et un couple qui a trouvé un moyen de répartir équitablement la fameuse « charge mentale ».



L’avenir nous appartient
Télé-Québec, jeudi 7 janvier, 21 h 
 

Humour et préjugés

Les préjugés envers des personnes faisant partie de groupes qui font souvent l’objet de discrimination, de rejet ou plus simplement de blagues faciles et parfois méchantes seront à l’honneur dans deux émissions fort différentes, même si elles proposent des numéros comiques qui les « exploitent » gentiment…

La surprenante série documentaire Rire sans tabous, dans laquelle Jean-François Mercier fait la connaissance pendant quelques jours de quatre personnes liées par une « différence » génératrice de préjugés pour mieux saisir les enjeux entourant leur situation et construit un numéro comique autour de leurs échanges, continue d’explorer ce filon de façon intelligente et sensible. Le volet documentaire gagne d’ailleurs en importance dans le premier épisode de cette deuxième saison, consacré aux réalités autochtones. L’animateur, qui n’a rien du « gros cave » dans cette production fort pertinente, recevra dans les épisodes suivants d’ex-détenus, des personnes analphabètes, des personnes présentant une différence faciale et d’autres aux prises avec des dépendances.

Photo: Canal Z Une scène de la saison 2 de «Rire sans tabous», dans laquelle l’animateur Jean-François Mercier rencontre entre autres Marie-Ève, dans l’épisode sur les Autochtones.

Sur une note plus légère, Pier Luc Funk et ses acolytes Pierre-Yves Roy-Desmarais et Hélène Bourgeois-Leclerc joueront avec les lieux communs associés à des groupes « stéréotypés » en humour et en chansons devant un public de personnes qui sont associées à ces groupes. Ainsi, des amateurs de musique country, des coiffeuses, des pompiers, des adeptes de l’entraînement, des enseignants et des drag queens goûteront à leur médecine douce…



Rire sans tabous
Canal Z, mercredi, 21 h, rediffusion vendredi 8 janvier, minuit 

Sans rancune
TVA, mardi, 20 h
 

Deuxième chance conventionnelle

Deux comédies d’abord mises en ligne sur le volet payant de Tou.tv ont droit à une diffusion « classique »dans un programme double radio-canadien cet hiver : La Maison-Bleue, uchronie politique inoffensive mais sympathique imaginée par Ricardo Trogi et Daniel Savoie, et Les mecs, portrait de quinquagénaires ordinaires dressé par Jacques Davidts (Les Parent). Elles ont en commun d’avoir suscité beaucoup de réactions avant même leur dévoilement à cause des thèmes qu’elles abordent, et d’avoir récolté des critiques mitigées lors de leur sortie. Voici une (autre) occasion de se faire une opinion à leur sujet.



La Maison-Bleue et Les mecs
ICI Radio-Canada Télé, mercredi, dès 21 h

Le visionnement de la semaine

Deuxième chance conventionnelle


Des répartiteurs médicaux d’urgence qui répondent au 911 reviennent sur un appel marquant, également exploré du point de vue des appelants, qui acceptent de se confier sur ce moment hautement émotif et souvent décisif dans leur existence, puis sur ses conséquences pour la suite des choses. Puis la « magie » de la télévision leur permet de faire fi du sceau de la confidentialité pour qu’ils se rencontrent et se souviennent. Voilà le concept tout simple de cette nouvelle série documentaire « de métier » fort émouvante, qui nous change un peu du « docuréalité » toujours très présent sur nos écrans. Le premier épisode porte sur un appel pour un arrêt cardiaque d’une toute petite fille de trois mois. Sortez vos mouchoirs.



L’appel d’une vie
Crave, dès vendredi 7 janvier, et à Noovo, dès le 15 janvier, 20 h 30 

À ne pas manquer

Le grand retour d’une actrice d’exception

L’actrice britannique Glenda Jackson, lauréate de deux Oscar d’interprétation dans les années 1970 (pour Women in Love et A Touch of Class) et absente des écrans depuis son saut en politique active en 1992, a fait son grand retour à la télévision l’an dernier dans ce téléfilm de la BBC, adapté d’un roman policier un peu spécial, pour lequel elle a d’ailleurs été récompensée aux BAFTA et aux International Emmy Awards. Elle y incarne une vieille dame autonome, bien qu’atteinte de la maladie d’Alzheimer, qui mène de front deux enquêtes : la première pour retrouver sa seule amie, qui vient de disparaître ; la seconde pour résoudre un mystère de son passé familial.



Elizabeth Is Missing
PBS, dimanche 3 janvier, 21 h