Qu’est-ce qu’on mange en hiver?

Ne se voulant pas un portrait complaisant ni critique, «Code Québec» se révèle une série aussi instructive, rassembleuse et ludique, qui pourrait bien éveiller les consciences.
Photo: Télé-Québec Ne se voulant pas un portrait complaisant ni critique, «Code Québec» se révèle une série aussi instructive, rassembleuse et ludique, qui pourrait bien éveiller les consciences.

S’il y a une série qui pourrait provoquer des conversations, voire des débats dans les salons cet hiver, c’est bien Code Québec. Inspiré du livre de Jean-Marc Léger, Le code Québec : les sept différences qui font de nous un peuple unique (Éditions de l’homme, 2016), cette série documentaire de 16 épisodes propose de découvrir, en 32 thèmes, d’où nous venons, qui nous sommes et où nous allons.

« On n’arrive pas à un portrait de ceinture fléchée ! » promet Jean-Marc Léger, rencontré par Le Devoir lors d’un point de presse virtuel. Ça donne un Québec multiculturel, mixé, très différent de celui qu’on pense. À chaque émission, vous allez faire des découvertes. Pour moi, c’est 35 ans de carrière que je mets en images et en mots. »

Pour mettre de l’émotion sur les chiffres des sondages et, surtout, aller au-delà des perceptions, Dave Ouellet, chaleureux, bienveillant et un brin moqueur, est parti à la rencontre du « vrai monde », soit une vingtaine de personnes issues du Grand Montréal et de toutes les régions du Québec, de toutes les classes sociales, générations, confessions et orientations.

« Le vrai monde : j’haïs cette expression-là ! dit l’animateur en riant. On est une société distincte au Québec, on le savait, et ce qu’on a essayé de faire, c’est de le démontrer. On a découvert des choses ; entre autres, qu’il y avait une différence entre les générations. Par exemple, l’argent est un tabou pour les plus vieux et une fierté pour les plus jeunes. »

« On a pris le livre et on a ajouté une trentaine de sondages pour être au goût du jour, poursuit Jean-Marc Léger, dont la passion pour les chiffres est contagieuse. Évidemment, le portrait du Québec a évolué depuis 2016. Il y a beaucoup d’éléments qu’on retrouve dans l’actualité quotidienne d’ici. On a voulu mettre le doigt sur la différence québécoise. C’est comme regarder les Québécois dans le miroir, tout nu devant le miroir. C’est pas toujours beau, mais c’est nous autres. »

Tout et son contraire

Grand parleur, petit faiseur, le Québécois serait pétri de contradictions. S’il prétend ne pas être raciste, il rit aux blagues racistes. S’il affirme être attaché à sa religion, il ne fréquente pas l’église. Si le Québécois est plus heureux que les Canadiens, le Québec détient le plus haut taux de suicide du Canada.

« Dans les choses que j’ai vues, ce qui m’a fasciné, c’est qu’on parle beaucoup d’environnement, mais le véhicule le plus vendu, c’est le pick-up, le pick-up, le pick-up ! On dit souvent une chose et on fait exactement le contraire », confirme Dave Ouellet.

Étonnamment, plusieurs participants se confient à la caméra au volant, qu’ils habitent en ville, en banlieue ou en milieu rural. Il s’agirait là d’un des rares points communs partagés entre les Montréalais et les autres Québécois.

Dans les choses que j’ai vues, ce qui m’a fasciné, c’est qu’on parle beau-coup d’environnement, mais le véhicule le plus vendu, c’est le pick-up, le pick-up, le pick-up ! On dit souvent une chose et on fait exactement le contraire.

 

« Il y a quelque chose que je savais parce que je le vis et que les médias en parlent, mais c’est pire que je le pensais : la différence entre Montréal et la région, se souvient l’animateur. Il y a vraiment une grosse différence sur l’île et hors de l’île ; ce sont deux mondes, que ce soit sur le plan environnemental ou politique. Personne en région n’hésite entre la CAQ et Québec solidaire ! »

Ne se voulant pas un portrait complaisant ni critique, Code Québec se révèle une série aussi instructive, rassembleuse et ludique, qui pourrait bien éveiller les consciences. Et réserver son lot de surprises. Les bonnes comme les mauvaises.

« À titre d’exemple, 17 % des Québécois ne se lavent pas tous les jours ; c’est deux fois plus que le reste du Canada, lance Jean-Marc Léger ; 30 % des Québécois trouvent leur patron incompétent ; un sur trois, c’est énorme ! Et 20 % des Québécois ont trompé leur conjoint ; c’est plus que le Canada anglais, mais moins que la France. »

La pandémie s’étant imposée au cours du tournage, ne soyez pas étonné de voir la distance entre l’animateur et les participants changer d’un épisode à l’autre. « C’est sûr que la COVID a teinté un peu la série. On essayait d’en parler, mais pas systématiquement. L’impact était inévitable, mais sur le fond, ça ne changeait pas grand-chose », assure l’animateur.

Qu’en est-il toutefois de l’impact sur nous ? « La pandémie a un effet direct sur la santé mentale et ça a des conséquences. Un Québécois sur deux croit à l’une des dix théories de complot sur la COVID ; on parle de cette nouvelle dynamique. Ce qui est certain, c’est que les sept traits identitaires du Québécois existent encore : trois positifs — heureux, créatif et fier ; trois négatifs — détaché, victime et villageois ; et un neutre, consensuel. Globalement, le portrait de base demeure le même, c’est la raison du bonheur et du stress qui ne sont pas les mêmes », conclut Jean-Marc Léger.

 

Code Québec 

Télé-Québec, dès le vendredi 8 janvier, 19 h 30