«Interrogation»: autopsie d’un crime, dans le désordre

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L’idée de départ est séduisante : Interrogation raconte une version romancée d’une saga judiciaire et policière entourant un crime dont la résolution a été bâclée, avec pour particularité qu’à l’exception du premier et du dernier épisode, tous les autres peuvent être visionnés dans l’ordre choisi par le téléspectateur, sans que sa compréhension puisse être compromise (ou presque). De plus, chacun de ces épisodes « permutables » a pour moteur dramatique un interrogatoire, pas nécessairement policier, qui offre quelques pistes pour mieux comprendre la conclusion.

Cette première et seule saison (la plateforme CBS All Access l’a annulée quelques mois après sa mise en ligne) se penche, en maquillant un peu la réalité, sur l’affaire Bruce Lisker, un jeune Californien de 17 ans, alors toxicomane, reconnu coupable d’avoir tué sa mère, puis blanchi et libéré après 26 ans d’emprisonnement. Cette longue bataille est racontée en faisant des allers-retours dans le temps, même lorsqu’on suit l’ordre « logique » des épisodes. 

 Après l’écoute de trois épisodes, il est vrai qu’on ne se rend pas trop compte de ce désordre « volontaire », sinon qu’on a l’impression que des éléments essentiels nous échappent pour mieux comprendre les personnages, au demeurant campés admirablement par une distribution étoilée (Peter Sarsgaard, David Strathairn, Vincent D’Onofrio), et les fils de l’intrigue, pas toujours bien accrochés. Probablement qu’un déroulement linéaire aurait mieux servi ce drame policier et psychologique à la prémisse intéressante, qui s’égare un peu avec son dispositif « clientéliste ».

Interrogation (en version française)

Tou.tv Extra, dès le 17 décembre