«Champions»: des héros très discrets

Les Films du 3 mars

Amis à la ville, soudés par l’athlétisme, Audrey Vincent et Stéphane Piccinin forment un duo atypique. Le premier, timide et naïf, est autiste, tandis que la seconde, exubérante et sans filtre, affiche une différence intellectuelle qui rend sa syntaxe aussi décoiffante que colorée. Ils forment la force vive de Champions, émouvant film de Helgi Piccinin qui aborde la différence et le dépassement de soi avec une simplicité empreinte de poésie.

C’est en tentant de percer le mystère de son frère, baptisé la Torpille de Halifax, que le cinéaste québécois a eu l’idée de le suivre dans sa quête jusqu’aux Jeux olympiques mondiaux spéciaux de Dubaï où son amie est également attendue. Champions provinciaux et nationaux, les voici bientôt en terre étrangère, loin de leurs marques et de leurs êtres chers. Tout en démesure, la ville offre des plans riches en angles et en lumière. Pourtant, la caméra reste vrillée aux deux athlètes, ne les lâchant pas d’une semelle, ce qui a pour effet de multiplier leurs confidences d’une sincérité désarmante.

Eux qui ont du mal parfois à se faire comprendre ou à comprendre les autres ont trouvé dans la course un terrain où ils excellent et exultent. « Gagner me fait me sentir bien », confie Stéphane, les gens peuvent « me voir comme une personne qui, malgré tout, peut faire des choses extraordinaires. […] Et ça me rend heureux ». Sa joie communicative illumine ce film dont on émerge attendri. C’est que, bluffants de naturel, Audrey et Stéphane y racontent une autre normalité, tout aussi rêveuse. Et ça fait un bien fou.

Champions

Unis, le lundi 7 décembre, 20 h ; en reprise mardi, 2 h et 13 h, dimanche 22 h