«Franchir la ligne»: sortir du placard, un sport dangereux?

Une scène du documentaire «Franchir la ligne» de Paul-Émile d’Entremont
Photo: ONF Une scène du documentaire «Franchir la ligne» de Paul-Émile d’Entremont

Il faut avoir beaucoup de courage pour dévoiler son homosexualité au grand jour quand on est un athlète d’élite, même aujourd’hui, même au Canada… C’est du moins le constat que l’on tire en regardant le documentaire Franchir la ligne de Paul-Émile d’Entremont. Après s’être attardé au destin de demandeurs d’asile au Canada qui ont fui les violences homophobes dans leur pays (Une dernière chance), le cinéaste d’origine acadienne donne cette fois la parole à quelques athlètes qui sont sortis du placard après ou pendant leur carrière professionnelle.

S’y racontent le footballeur David Testo, un ancien de l’Impact, qui s’est retrouvé sans contrat de travail après avoir rendu publique son orientation sexuelle, le hockeyeur ontarien Brock McGillis, qui a attendu des années après la fin de sa carrière pour sortir du placard, et la patineuse de vitesse Anastasia Bucsis, qui a fait sa grande annonce juste avant les Jeux de Sotchi et a été la seule athlète d’Amérique du Nord ouvertement gaie à y participer. Ils ont combattu des difficultés et des angoisses qui ont nourri des problèmes de santé, s’empêchant d’être eux-mêmes avec leurs proches et leurs coéquipiers, de peur de décevoir, d’effrayer ou d’être rejetés par ces milieux souvent machistes.

D’Entremont apporte un peu d’espoir dans ce film intimiste et à la facture visuelle souvent très riche en suivant en parallèle l’équipe de football de l’école secondaire L’Odyssée de Moncton. Celle-ci a mis en place des stratégies pour que ses membres issus de la communauté LGBTQ puissent franchir cette ligne si longtemps taboue sans craindre les possibles conséquences.

Franchir la ligne

Télé-Québec, mercredi, 20 h, la version intégrale est diffusée sur le site de l’ONF.