En VSD cette semaine - Danser pour danser

Le documentaire Pina, de Wim Wenders, a failli ne jamais voir le jour.
Métropole Le documentaire Pina, de Wim Wenders, a failli ne jamais voir le jour.

Pour faire écran(s) à la pandémie, une sélection hebdomadaire de films ou de documentaires offerts en VSD gratuitement ou contre paiement : une bonne façon de nous distraire du confinement.

 
 

Pina Bausch et Wim Wenders 

En 1985, le cinéaste Wim Wenders, encore tout auréolé du succès l’année précédente de Paris, Texas, se rendit à reculons à un spectacle de la troupe de Pina Bausch. De son propre aveu peu porté sur la danse, il en fut quitte pour un choc tant visuel qu’émotionnel. Au point que, le lendemain, il proposa à la chorégraphe un projet de documentaire. Longtemps en gestation, l’aventure faillit ne jamais aboutir. En effet, au décès de Pina Bausch en 2009, le cinéaste renonça à terminer son film. C’est à la demande des membres de la troupe qu’il se ravisa, et on leur en sait gré, car Pina (2011), le documentaire qui en a résulté, est à la hauteur de son sujet, c’est-à-dire une merveille « tant visuelle qu’émotionnelle ».

Pina

À criterionchannel.com, itunes.com, play.google.com et youtube.com

 
 

Le sacre de Natalie Portman 

 
Photo: Fox Searchlight «Black Swan», ou le sacre de Natalie Portman

De la danse contemporaine, on passe au ballet dans Black Swan (2010), de Darren Aronofsky. À New York, Nina, une jeune ballerine, vient de se voir confier le rôle vedette dans une reprise très attendue du Lac des cygnes. À mesure qu’elle tente de s’approprier la partition double, soit les rôles jumeaux de la pure Odette et de la vile Odile, Nina assiste à la fracturation de sa propre personnalité. D’insécurité endémique en hallucinations, des névroses jusque-là larvées sont libérées. Sous les regards respectivement impuissants, de convoitise et sibyllins, de sa mère, de son chorégraphe et d’une danseuse rivale, Nina s’enfonce dans une spirale funeste. Brillamment mis en scène, le film valut à Natalie Portman l’Oscar de la meilleure actrice.

Black Swan

À cineplex.com, crave.ca, itunes.com, microsoft.com, play.google.com, youtube.com


 

Un conte dans un conte 

En l’occurrence, l’une des sources d’inspiration principales de Darren Aronofsky pour son film fut The Red Shoes (1948), de Michael Powell et Emeric Pressburger. On s’y attarde au destin de Victoria, une ballerine qui, après avoir rejoint la troupe la plus prestigieuse du monde, s’éprend d’un compositeur de talent, au grand dam de son directeur et chorégraphe. Inspirée par un conte d’Hans Christian Andersen, l’intrigue joue de mise en abyme en proposant une chorégraphie elle aussi basée sur ledit conte. Formalistes hors pair, Powell et Pressburger conçurent une réalisation particulièrement imaginative où la couleur occupe un rôle primordial. Grand admirateur, Martin Scorsese considère qu’il s’agit, avec Le fleuve (1951), de Jean Renoir, du plus beau film en couleur.

The Red Shoes

À criterionchannel.com, play.google.com et youtube.com


 

Côté quotidienneté 

 
Photo: Matt Dinerstein «The Company», un film sur le quotidien ni glamour ni spectaculaire d’une troupe de ballet

Avec The Company (2003), on demeure dans le monde du ballet, avec encore en figure de proue une jeune danseuse, mais à la différence notable que cette fois, il n’est nulle trace de folie ou de tragédie. Elle-même une ancienne ballerine, l’actrice Neve Campbell, vedette de la saga horrifico-satirique Scream, s’ouvrit un jour à Robert Altman de son idée d’un film sur le quotidien ni glamour ni spectaculaire, mais presque inédit au cinéma de par sa banalité, d’une troupe de ballet. Le concept plut au réalisateur de Nashville et Gosford Park qui, alors en plein second (voire troisième) souffle professionnel, se l’appropria pour mieux l’aborder à travers une approche chorale : sa spécialité. Tout en finesse, tout en demi-teintes, c’est là l’un des très beaux, et pourtant très peu vus, crus du cinéaste.

The Company

Gratuit (avec plages publicitaires) à ctv.ca


 

Tradition séculaire 

On délaisse le ballet au profit d’une danse ancestrale des nations elsipogtog et micmaque : la danse du soleil. Mais attention ! Il ne s’agit pas simplement d’une chorégraphie à apprendre ! C’est bien davantage que cela. C’est une cérémonie, une épreuve, un rite de passage… De fait, les participants doivent passer quatre jours entiers sans boire ni manger, entre autres. À l’issue de ce qui se révèle une odyssée vers le sacré, les participants marquent la peau de leur poitrine… Tandis que de jeunes aspirants se préparent, des anciens se souviennent. À travers son documentaire Sundance : la danse sacrée du soleil (2008), Brian J. Francis s’assure de garder vivante une tradition séculaire.

Sundance : la danse sacrée du soleil

Gratuit à onf.ca