«Coroner, la voix des victimes»: expliquer l'irréparable

En 2019, les coroners sont intervenus dans 8,5% des décès survenus au Québec.
Photo: Club Illico En 2019, les coroners sont intervenus dans 8,5% des décès survenus au Québec.

Nos écrans sont fascinés par les morts suspectes auxquelles ils infusent suspense, science et glamour avec des productions comme CSI ou Coroner qui s’intéressent à l’expertise de ceux qui interviennent lorsque l’irréparable s’est produit. Mais si le travail du coroner y est minutieusement reproduit, la matière fictionnelle occulte une réalité autrement plus lente et répétitive, mais, surtout, infiniment plus humaine que la série Coroner, la voix des victimes révèle avec un sens aigu de la mesure.

En 2019, les coroners sont intervenus dans 8,5 % des décès survenus au Québec. On suit six d’entre eux, aux profils très divers, dans leur quête pour établir, de façon neutre et indépendante, les causes des décès suspects qui leur sont confiés. Fins pédagogues sans jamais succomber aux plis des donneurs de leçons, ils nous guident avec générosité dans les dédales des vies interrompues qu’on leur confie. Fait à noter, chaque cas vient avec sa lumière. Coroner, après tout, « n’est pas un métier macabre qui se nourrit de noirceur, c’est un métier tourné vers la vie », rappelle la coroner Kathleen Gélinas.

Car, pour le coroner, la fin ne se résume pas à résoudre le puzzle d’une mort, mais d’en rassembler toutes les pièces pour en prévenir d’autres. La réalisation de Jean-François Proteau (Ils dansent, SQ) joue de sobriété pour raconter cette quête. On lui reprochera ses plans répétitifs et sa musique ampoulée, mais la qualité des intervenants et le partage de leur science jamais tapageuse, toujours bienveillante, rachète largement les quelques fils qui dépassent.  

Coroner, la voix des victimes

Club Illico, dès le 19 novembre