En VSD cette semaine - Errance, enquêtes, peinture et frissons

Avec «Wilcox», Denis Côté poursuit sa passionnante exploration des codes et techniques cinématographiques hors narration traditionnelle.
Photo: Inspiratrice & Commandant GreenGround Avec «Wilcox», Denis Côté poursuit sa passionnante exploration des codes et techniques cinématographiques hors narration traditionnelle.

Pour faire écran(s) à la pandémie, une sélection hebdomadaire de films ou de documentaires offerts en VSD gratuitement ou contre paiement : une bonne façon de nous distraire du confinement.
 


Côté mystère

 

Avec Wilcox, Denis Côté poursuit sa passionnante exploration des codes et techniques cinématographiques hors narration traditionnelle. Contant les pérégrinations d’un personnage mystérieux (Guillaume Tremblay) sans passé ni, peut-être, avenir, cette allégorie hypnotique de l’individualisme galopant, est sans paroles. Ainsi, lorsque le protagoniste échange avec des gens croisés au hasard de ses pérégrinations, il est impossible d’entendre la conversation. Le film dit pourtant beaucoup. En effet, depuis toujours, l’auteur de Carcasses et Répertoire des villes disparues sait faire parler l’image. Ce, dans un langage bien à lui. C’est l’une des nombreuses forces de son cinéma.

Wilcox
​À cinemamoderne.com


 

Les débuts de Desplechin

Le moins que l’on puisse dire d’Arnaud Desplechin, c’est qu’il a, lui aussi, développé un rapport au septième art éminemment personnel et reconnaissable. Dès son premier long-métrage, La sentinelle, les bases d’un univers arborescent étaient jetées. Avant de revisiter, en les modifiant volontiers, des personnages récurrents de film en film (Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle), Un conte de Noël, Trois souvenirs de ma jeunesse, etc.), le cinéaste conçut ce récit insolite d’un étudiant en médecine légale (Emmanuel Salinger) décidé à identifier une tête momifiée qu’on a glissée dans sa valise. Le film qui révéla Emmanuelle Devos.

La sentinelle
​Gratuit à tv5unis.ca


 

Baye au sommet

Autre récit initiatique, mais dans un tout autre registre, que celui imaginé par Xavier Beauvois dans Le petit lieutenant. Jalil Lespert y incarne, avec force charisme, un jeune policier originaire du Havre qui, tout en s’acclimatant à la police judiciaire de Paris, apprend graduellement à connaître sa nouvelle supérieure, cette dernière de retour sur le terrain après trois ans confinée au service administratif. En commandante hantée par un drame et qui combat au quotidien l’envie de se noyer dans l’alcool, Nathalie Baye est magistrale. Sa performance lui valut un César et un second souffle professionnel on ne peut plus mérités.

Le petit lieutenant
​Gratuit à tv5unis.ca


 

Impressionnante impressionniste

Encore un destin de femme hors du commun que celui exploré dansBerthe Morisot, de Caroline Champetier. Au programme : la vie de Berthe Morisot, jeune peintre douée (et future membre fondatrice du mouvement impressionniste) qui, en 1865, se prend d’admiration pour Édouard Manet, qu’elle a tôt fait de croiser. Son existence tout entière s’en trouvera bouleversée. Il s’agit certes d’un téléfilm dont la grammaire visuelle s’avère limitée par un budget pas nécessairement propice à une opulente reconstitution historique, mais il y a énormément à apprendre sur cette figure pas assez célébrée de la peinture. Dans lerôle-titre, Marine Delterme est excellente, tout comme Malik Zidi, très convaincant en Manet.

Berthe Morisot
​Gratuit à tfo.org


 

Péril en la demeure

Photo: Les Films Séville En commandante hantée par un drame et qui combat au quotidien l’envie de se noyer dans l’alcool, Nathalie Baye est magistrale dans le long métrage Le petit lieutenant.

Pour qui n’aurait pas fait le plein de frissons à l’Halloween, le film The Mortuary Collection, de Ryan Spindell, devrait faire l’affaire. Entre horreur et comédie (noire), cette anthologie conçue dans la tradition de Creepshow y va de quatre histoires que se racontent à tour de rôle un sinistre croque-mort et une jeune femme venue proposer ses services dans l’immense manoir gothique tenant lieu de salon mortuaire. Assortis comme il se doit d’une « morale », les différents segments exhibent un savoir-faire appréciable. Toutes les intrigues ne sont pas d’égale tenue, avec l’épisode deux, où un étudiant paie cher son refus de porter un condom, et quatre, qui détourne avec sadisme le cliché de la gardienne assiégée, les plus mémorables.

The Mortuary Collection
​à Shudder