Sur vos écrans: mystères et confidences

Scène tirée de la télésérie «Les sombres secrets du St-Laurent»
Photo: Daphne Caron Scène tirée de la télésérie «Les sombres secrets du St-Laurent»

Peignes, ciseaux et confidences

Les salons de coiffure sont des lieux privilégiés pour les confidences, entre deux coups de ciseaux, surtout de la part des clients. Dans la série documentaire Tenir salon, l’animatrice Sophie Fouron fait la tournée de quelques salons fréquentés par des communautés culturelles particulières dans différents quartiers de Montréal et recueille d’abord les confidences de ceux qui écoutent habituellement : des coiffeurs et une coiffeuse y œuvrent.

À ces témoignages sentis et touchants sur le choix de ce métier, les débuts professionnels et les rapports avec leur clientèle s’ajoutent petit à petit les propos de certains fidèles de ces établissements, qui s’ouvrent sur leur rapport avec ces commerces de proximité, avec ceux et celles qui les tiennent, et sur leur place dans la communauté.

Puis, une fois la confiance établie, l’animatrice arrive même à soutirer à tout ce beau monde des réflexions de nature sociologique sur leur communauté d’origine et ses valeurs, leur intégration dans la société québécoise, les écueils et obstacles auxquels ils font face pour y arriver. En ressortent, en à peine une vingtaine de minutes, des portraits de communautés beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît, certes partiels, mais tout de même plus révélateurs que bien des reportages ou documentaires sur le même thème.

Photo: TV5 Scène tirée de la série documentaire «Tenir salon» avec l’animatrice Sophie Fouron

Le premier épisode, diffusé mardi, nous emmène chez la volubile et charmante Clermathe, qui reçoit une clientèle principalement d’origine haïtienne dans son chic salon du quartier Saint-Michel. On sera par la suite témoins de la fermeture d’un salon de barbiers d’origine italienne dans La Petite-Patrie, de l’énergie débordante dans un barbershop latino-américain du même quartier. On fera la rencontre d’un jeune coiffeur d’origine cambodgienne qui a défié sa famille, d’un artiste capillaire chinois en processus de francisation, d’un couple d’origine vietnamienne qui œuvre dans Côte-des-Neiges

Une bien belle série, qui ouvre les horizons et donne le goût de faire rafraîchir sa propre coupe.

 

Tenir salon
TV5, mardi, 21 h 30. Tous les épisodes seront disponibles le 10 novembre à tv5unis.ca.

Secrets et scandales sur le fleuve aux grandes eaux

« Le chemin qui marche », comme l’appelaient jadis les Algonquins, est le théâtre de pans importants de notre histoire, certains plutôt bien connus, d’autres beaucoup plus nébuleux. Il reste de ces chapitres plus mystérieux des récits passés de génération en génération, quelques traces écrites et parfois, quelques éléments de preuves dans les profondeurs de ses eaux.

Le recherchiste Samuel Côté, avec qui on a fait connaissance dans Chasseurs d’épave, également diffusé à Historia, propose dans cette série documentaire de faire la lumière sur quelques-uns de ces événements ou phénomènes, dont certains sont encore nimbés de mystère. Pour y arriver, le jeune enquêteur maritime, visiblement passionné par son sujet, scrute les archives, fait appel à des pêcheurs, à des marins et à d’autres curieux de nature à fouiller les fonds marins. Au fil des huit épisodes, il sera entre autres question de la bataille du Saint-Laurent durant la Seconde Guerre mondiale, d’une explosion funeste dans le port de Montréal en 1932, des conséquences environnementales de nombreux naufrages au large des îles de la Madeleine. L’épisode de cette semaine se penche sur « l’épidémie » de découvertes accidentelles d’obus datant de la Seconde Guerre mondiale sur les deux rives du fleuve au cours des années 1970.

 

Les sombres secrets du St-Laurent
Historia, vendredi, 22 h
 

Mémoires d’un tueur en série

On vous rassure tout de suite : ceci n’est pas une série « true crime », même si elle en emprunte parfois les codes. Ce documentaire en quatre épisodes creuse le sillon d’une affaire criminelle marquante du Québec des années 1960 qui a déjà fait l’objet de d’autres productions télévisuelles, dont un épisode de Tout le monde en parlait et Des grands procès : les meurtres en série de celui qu’on a alors surnommé le « monstre de Pont-Rouge ».

En 1963, Léo-Paul Dion, d’abord condamné à perpétuité pour l’agression et le viol d’une jeune femme, enlève et assassine quatre jeunes garçons sur quelques semaines dans la Capitale-Nationale, semant la terreur auprès des familles de la région, pas tellement de temps après avoir retrouvé sa liberté. La série documentaire raconte cette sombre affaire, d’abord à partir des mémoires rédigés par le meurtrier, à la demande de son avocat de l’époque, Me Guy Bertrand, qui a mis à la disposition de la production toutes les archives qu’il détenait sur cette affaire.

À ce récit troublant à la première personne, narré par Gildor Roy, qui avait d’ailleurs incarné le criminel dans un épisode des Grands procès, s’ajoutent les témoignages éclairants de journalistes d’aujourd’hui et d’hier qui se sont intéressés de près à cette affaire, des proches des victimes, d’habitants de la petite localité en banlieue de Québec qui ont connu Dion de près ou de loin et de la nièce du tueur, qui vient apporter un éclairage nouveau sur le personnage, et finalement de Me Bertrand, qui se met à table à partir du troisième épisode.

Il faut être un peu patient pour que se révèlent les raisons qui expliquent (sans pourtant l’excuser) en partie pourquoi Léo-Paul Dion a pu commettre de telles horreurs, car les deux premiers épisodes esquissent à peine en quoi l’histoire familiale houleuse du meurtrier, les travers de la société dans laquelle il vivait et les sévices qu’il a subis dès le plus jeune âge ont pu le mener là. À ce stade, on est tout de même déjà bien accroché et il est difficile de ne pas vouloir connaître la suite…

 

Léo-Paul Dion : confidences d’un tueur
Investigation, mardi, 22 h  

Le visionnement de la semaine

Ceci est un autre récit d’apprentissage de jeunes gens qui se cherchent… Et qui ont intérêt à se « trouver » rapidement, au risque d’échouer à faire leur place dans la jungle de la City de Londres. Cette nouvelle série britannique, coproduite par Lena Dunham (qui réalise le premier épisode) et créée par les nouveaux venus Mickey Down et Konrad Kay, raconte l’histoire de jeunes diplômés en stage dans une banque d’investissement qui rivalisent pour obtenir un poste permanent au sein de l’entreprise qui cherche à tirer le meilleur et parfois le pire de ces derniers, et beaucoup plus. Au sein de cette cohorte d’ambitieux encore verts se distingue Harper, une jeune Afro-Américaine au parcours atypique et mystérieux, qui fait le lien entre les histoires personnelles des autres personnages, aux contours qui gagnent à être définis. L’ensemble fait penser à la comédie dramatique Girls dans sa façon de porter un regard cru et souvent cruel sur ses personnages, au demeurant pas particulièrement attachants, tout en leur donnant une profondeur insoupçonnée au premier abord.

Industry
Sur HBO

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Correspondance amoureuse festive


Sitôt l’Halloween passée, les plateformes de diffusion et les grandes chaînes américaines lancent des quantités phénoménales de productions qui évoquent le temps des Fêtes. Cette adaptation d’une série de romans pour « jeunes adultes » et ados s’avère une proposition plutôt réussie dans ce rayon. On y suit un pas de deux amoureux et épistolaire de deux jeunes gens new-yorkais issus de milieux très différents, qui font connaissance par le dialogue qu’ils entretiennent dans un journal de bord caché dans les rayons de la célèbre librairie d’occasion The Strand. Ç’aurait pu être insupportablement sirupeux, mais la plume alerte de la scénariste Lauren Moon (Atypique) et la réalisation souple et souvent inventive de Fred Savage, un habitué des comédies de situation, rendent le tout digeste et charmant.

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