​Sur vos écrans: politique et paillettes

La minisérie britannique «Roadkill», avec Hugh Laurie, s’avère presque reposante par rapport au climat qui prévaut au Royaume-Uni depuis quelque temps, d’abord créé par la crise du Brexit, puis par celle de la pandémie de COVID.
Photo: PBS La minisérie britannique «Roadkill», avec Hugh Laurie, s’avère presque reposante par rapport au climat qui prévaut au Royaume-Uni depuis quelque temps, d’abord créé par la crise du Brexit, puis par celle de la pandémie de COVID.

En attendant les résultats…

Ça y est : l’élection présidentielle américaine a finalement lieu cette semaine, après des mois (certains diraient des années) d’une interminable campagne. Dans le contexte actuel, il est hasardeux de prévoir si on connaîtra l’issue du scrutin, du moins celui qui déterminera qui sera le prochain occupant de la Maison-Blanche. De nombreuses chaînes offrent une programmation pour nous faire patienter, en tâtant le pouls sur le terrain, en analysant les résultats partiels ou en tentant de nous faire rire un peu… et réfléchir aussi.

Ainsi, la veille du vote, les Grands reportages propose le documentaire Comment gagner une élection présidentielle ? (RDI, lundi, 20 h), qui détaille le rôle de l’argent, de la religion, de la famille, et même de l’Empire romain dans l’histoire des scrutins présidentiels de nos voisins du sud. Un peu plus tard le même soir, la bande de Saturday Night Live présente son traditionnel Election Special (NBC, lundi 22 h), une collection des meilleurs sketchs politiques de la longue histoire de l’émission, qui laissera sans doute une petite place aux épisodes de la très courte saison automnale, qui a été rallongée d’un épisode postélectoral à venir le 7 novembre.

Le soir du jour J, on a l’embarras du choix pour suivre la soirée électorale. De ce côté de la frontière, les chaînes d’information continue francophones RDI et LCN entreprennent un marathon électoral respectivement à 18 h et 18 h 30, tandis que les chaînes généralistes qui y sont sont attachées se mettront de la partie dès 22 h. Pour leur part, les réseaux généralistes anglophones CBC et CTV s’y mettent dès 20 h. Les réseaux généralistes américains CBS, NBC et Fox en feront autant, alors qu’ABC commencera son émission spéciale à 19 h, et le réseau public PBS, dès 18 h.

On ne sait pas à quelle heure ça se terminera, mais, chose certaine, on pourra rire (probablement un peu jaune…) en fin de soirée, avec une édition spéciale et en direct du Daily Show animée par Trevor Noah, intitulée subtilement Votegasm 2020: What Could Go Wrong? (Again) à la chaîne spécialisée CTV Comedy Channel (mardi, 23 h). Pour sa part, Stephen Colbert délaisse son Late Show quotidien pour cette spéciale au titre aussi long que cynique : Stephen Colbert’s Election Night 2020. Democracy’s Last Stand : Building Back America Great Again Better 2020, à l’antenne de Showtime (mardi, 23 h), en direct et sans pause publicitaire.

 
 

Ministre dans l’embarras

La réalité politique actuelle dans plusieurs coins du monde dépasse largement ce que pouvait offrir la fiction jusqu’à tout récemment, de façon réaliste et crédible… À cet égard, la minisérie britannique Roadkill, un thriller politique plutôt classique mais fort enlevant, s’avère presque reposante par rapport au climat qui prévaut au Royaume-Uni depuis quelque temps, d’abord créé par la crise du Brexit puis par celle de la pandémie de COVID. Le dramaturge et scénariste David Hare (The Hour, The Reader) nous entraîne dans un pays qui n’a pas connu ces deux tempêtes politiques, pour suivre la chute d’un politicien fort populaire et populiste, ambitieux et prêt à tout pour se maintenir au pouvoir, dont on fait la connaissance au dénouement d’une poursuite pour libelle et diffamation qu’il a intentée contre un journal qui l’a mis en cause dans une affaire de corruption. Hugh Laurie (Docteur House) est parfait dans le rôle de cet autodidacte, peu instruit, mais influent comme ministre des Transports au sein du gouvernement d’une première ministre très conservatrice (Helen McCrory, avec des airs de Thatcher) qui aimerait bien se débarrasser de ce boulet politique. Les tuiles personnelles et politiques ne finiront plus de s’abattre sur le politicien aguerri et sans scrupule, pour notre plus grand plaisir à le voir patauger avec une certaine élégance. Cette courte série en quatre épisodes ne se distingue pas par son originalité, mais elle se savoure avec délectation grâce aux dialogues finement ciselés de Hare et aux revirements parfois un peu tirés par les cheveux, mais si peu, si on les compare à la réalité…

Roadkill
PBS, dimanche, 21 h

Photo: PBS L'acteur Hugh Laurie dans la minisérie «Roadkill»


 

Champagne, showbizz !

Après un Premier Gala plutôt confiné, avec des performances musicales et des remerciements préenregistrés, on aura presque le sentiment d’être revenus à la « normale » en suivant le 42e Gala de l’ADISQ, encore animé par l’espiègle Louis-José Houde, en direct d’un studio radio-canadien, devant un parterre d’artistes en nomination. D’ailleurs plusieurs d’entre eux seront également sur scène lors des prestations musicales qui viendront ponctuer la cérémonie pendant laquelle seront remis une douzaine de prix.



Le 42e Gala de l’ADISQ
ICI Télé, dimanche, 20 h
Photo: Ici Télé Louis-José Houde animera le 42e Gala de l’ADISQ.

Le visionnement de la semaine

Les docuséries de « métier » se suivent et se ressemblent parfois beaucoup. Malheureusement. C’est l’impression que laisse le premier épisode de cette nouveauté qui offre une incursion dans le quotidien pas toujours routinier des monteurs de lignes d’Hydro-Québec. Ces techniciens, rarement accueillis avec une brique et un fanal par les clients privés de courant, sont certes bien sympathiques, mais ça ne suffit malheureusement pas pour soutenir l’intérêt envers cette production conventionnelle et assez prévisible, alourdie par une musique inutilement tonitruante. Il faudra peut-être s’aventurer plus loin que le premier épisode pour y trouver un certain bonheur télévisuel, au-delà de l’anecdote qui finit bien…



Haute tension
Crave, dès vendredi

À ne pas manquer

Enquêtes personnelles
 

Difficile de ne pas faire de parallèles entre cette nouvelle série policière britannique et Broadchurch, une autre production de la chaîne ITV de la même eau. Enquêtes à Morecambe (The Bay en V.O.A.) se passe également dans une petite ville côtière ébranlée par la disparition d’un enfant (ici, il y en a deux), et la policière chargée de l’enquête est aussi impliquée d’assez près avec les proches des victimes, comme c’était le cas pour le personnage d’Olivia Colman dans Broadchurch. La presse britannique, qui l’a d’ailleurs qualifié de « Broadchurch du Nord », a réservé un accueil favorable à ce thriller policier, certes pas très novateur, qui saura contenter les amateurs du genre.



Enquêtes à Morecambe
ICI Télé, samedi, 21 h