​Sur vos écrans: quand on se compare, on se console

Scène tirée du documentaire «Le malaise cannabis»
Photo: Greg Nosaty Scène tirée du documentaire «Le malaise cannabis»

L’herbe pas si verte chez le voisin…

La pandémie a permis à plusieurs de se livrer aux jeux des comparaisons internationales pour savoir quels sont les pays qui font mieux ou moins bien que le Québec ou le Canada sur le nombre d’infections, de morts, les méthodes préventives, alouette ! Une tendance que le journaliste et réalisateur français Benjamin Carme appelle la « comparingite » dans sa courte mais fort réussie série documentaire C’est mieux ailleurs. Chaque épisode s’attarde à un domaine d’activité ou à un concept qui suscitent chez les habitants de l’Hexagone des comparaisons peu flatteuses de la « performance » de leur pays par rapport à celle d’autres nations, souvent élevées au rang d’exemples à suivre.

Photo: L'Infinie Comedie Le documentariste Benjamin Carle

Benjamin Carle, qui s’est fait remarquer outre-Atlantique avec ses séries documentaires amusantes dans la forme mais rigoureuses sur le fond, Made in France et C’était mieux avant, propose de déconstruire les idées préconçues qu’ont les Français sur la « performance » de leur pays en matière de travail, de fiscalité, d’écologie et de réussite économique, mais surtout la vision parfois trop idyllique qu’ils se font de la performance du voisin allemand, des États-Unis et des pays scandinaves. Et il y parvient de façon divertissante et convaincante, en multipliant les entrevues de terrain et de fond avec des spécialistes qui offrent un peu de chair « critique » autour des os « statistiques ». Sous ses dehors un peu franco-français, la série a le mérite de proposer un exercice critique qui peut très bien s’appliquer à nous, qui souffrons aussi de « comparingite ».



C’est mieux ailleurs
Planète+, dimanche, 19 h 30
 

L’herbe verte, légale mais…

Le jour même du 2e anniversaire de la légalisation du cannabis au pays, Radio-Canada diffuse ce documentaire d’une dynamique boîte de production francophone de Colombie-Britannique qui se penche sur une intéressante question, en y répondant partiellement : en quoi notre attitude collective pas très positive face à cette drogue nuit-elle au succès de sa légalisation ? Le documentaire s’emploie à démonter les préjugés liés à la consommation de cette drogue à travers les témoignages d’usagers, qui n’ont rien de l’image caricaturale du « poteux », et de scientifiques qui exposent les bienfaits de cette substance dans plusieurs contextes en dressant un panorama de la situation dans les États qui ont décriminalisé, toléré ou légalisé cette substance. L’aspect le plus intéressant du film est le regard qu’il porte sur ceux qui ont construit, avant la légalisation, le « marché gris », soit les points de vente de cannabis médical, dont l’expertise n’a pas été mise à profit et qui ont été obligés de fermer boutique.



Le malaise cannabis
Radio-Canada, samedi, 22 h 30 et sur Tou.tv
 

Parasites « géants »

La faune microscopique qui nous entoure, dans notre coin de pays, dans nos maisons et même sur notre peau, est un sujet de documentaire qui peut susciter des démangeaisons, voire une certaine angoisse. Ce film de Thierry Berrod donne matière à gratter, avec ses images à la fois terrifiantes et magnifiques d’acariens, de poux, de tiques et de redoutables punaises de lit, grossis 25 000 fois à l’aide d’un microscope électronique, une technique que le documentariste a d’abord utilisée pour sa série télé « animalière » à succès Les envahisseurs invisibles, au début des années 2000. Cette fois, il se penche sur les raisons de la recrudescence préoccupante dans les zones tempérées (dont ici au Québec) de parasites et d’insectes suceurs de sang, qui peuvent faire de nos vies un enfer. Au banc des accusés : le réchauffement climatique, l’isolation trop efficace de nos maisons et les mutations génétiques de ces petites bêtes. Malgré ses images dignes de monstrueux films de science-fiction, ce documentaire riche en informations fascinantes reste un brin didactique, avec des touches d’humour plus que bienvenues dans les circonstances…

Photo: Télé-Québec


Le retour des envahisseurs invisibles
Télé-Québec, lundi, 20 h

Le visionnement de la semaine

À quelques jours du vote des Américains, dont on craint le déroulement chaotique et l’issue difficile à imaginer, nous arrive à HBO un documentaire produit entre autres par Adam McKay (The Big Short, Succession) sur la saga juridique et politique entourant le résultat extrêmement serré de l’élection présidentielle de 2000. Dans son viseur, la manière dont la saga (qui a duré plus d’un an, jusqu’à la confirmation de la victoire de Bush, par seulement 537 votes, en Floride) a été vécue dans la région de Miami. Le film se penche également sur l’influence de la bataille juridique et diplomatique autour de la garde du petit rescapé cubain Elián González sur ledit scrutin.



537 votes
HBO et Crave, mercredi, 21 h

À ne pas manquer

Cinq jours en novembre
 

En novembre dernier, celui qu’on surnomme « The Boss » retrouvait son E-Street Band pour la première fois depuis 2014, pour enregistrer son dernier opus, Letter to You, dans son studio au New Jersey. Au bout de cinq jours, les complices avaient terminé l’enregistrement. Ce documentaire écrit par Springsteen et réalisé par Thom Zimny, un collaborateur de longue date du musicien, mis en ligne le même jour que la sortie de l’album, offre un aperçu de ce rendez-vous musical intense en plus de faire la part belle aux 10 compositions originales de celui-ci dans leur version définitive.



Bruce Springsteen’s Letter to You
Apple TV+, dès le 23 octobre