«Star Wars: Squadrons»: une expérience épique

La campagne solo de «Star Wars: Squadrons», qui dure environ 10 heures, a des allures de long didacticiel qui prépare le joueur au multijoueur. Et c’est bien en ligne que le jeu brille de tous ses feux.
Photo: Electronic Arts La campagne solo de «Star Wars: Squadrons», qui dure environ 10 heures, a des allures de long didacticiel qui prépare le joueur au multijoueur. Et c’est bien en ligne que le jeu brille de tous ses feux.

On attendait un digne successeur des jeux de combat spatial X-Wing et  TIE-Fighter depuis plus de 20 ans et c’est un développeur montréalais, Motive Studios, qui a relevé le défi. Le résultat, Star Wars : Squadrons, est une expérience exaltante qui, bien qu’imparfaite, aura valu l’attente.

Dans la chronologie de l’univers Star Wars, Squadrons se situe après Le retour du jedi, soit après la destruction de la deuxième Étoile de la mort et le décès de l’empereur Palpatine. Ébranlé, l’Empire tente de consolider son emprise sur la galaxie devant une rébellion, maintenant devenue République, qui a le vent en poupe. Son intrigue, une vendetta sur fond de thriller militaire, met en scène deux escadrons d’élite et une mystérieuse arme qui pourrait changer la nature de la guerre.

D’une mission à l’autre, on enfile tour à tour l’uniforme d’un pilote rebelle et celui d’un pilote impérial. Certaines sont assez simples : escorter un navire amiral, tendre une embuscade, protéger une station spatiale, etc. D’autres sont plus cinématiques et engageantes, comme lorsqu’on doit piéger un croiseur interstellaire dans une dangereuse tempête où les éclairs et les astéroïdes surgissent de partout.

Photo: Capture d'écran La campagne solo nous fait enfiler tour à tour l’uniforme d’un pilote rebelle et celui d’un pilote impérial.

N’espérez cependant pas un développement profond des personnages. Les cinématiques sont rares et vos protagonistes, muets. Entre chaque mission, vous pouvez « interagir » avec vos compagnons, qui racontent leur passé et révèlent des bribes de personnalité dans des monologues parfois malaisés. Ensuite, on assiste à un breffage qui nous explique froidement le déroulement de la prochaine mission. Rien de mémorable.

Bref, la campagne solo, qui dure environ 10 heures, a plutôt des allures de long didacticiel qui vise surtout à enseigner aux joueurs le fonctionnement des divers vaisseaux et des mécaniques générales du jeu, afin de les préparer au mode multijoueur.

Et c’est bien en ligne que Squadrons brille de tous ses feux.

Le jeu propose deux modes qui se jouent à cinq contre cinq. Le premier, « combat aérien », est essentiellement un match à mort dans lequel la première équipe qui obtient 30 éliminations l’emporte. L’autre, nommé « bataille de flotte », est une guerre d’usure en plusieurs étapes, avec des objectifs précis. Remportez d’abord des escarmouches pour remplir une jauge de moral. Puis passez à l’offensive sur deux croiseurs ennemis. Subissez trop de pertes et la jauge bascule en faveur de l’adversaire, vous forçant à battre en retraite pour défendre vos propres navires capitaux. Finalement, une fois passé ce premier front, détruisez le vaisseau amiral ennemi pour remporter la partie. Plus facile à dire qu’à faire.

Photo: Capture d'écran Dans le mode multujoueurs «battaile de flotte», deux équipes de cinq joueurs s'affrontent dans une guerre d'usure en plusieurs étapes.

Deux modes de jeu, est-ce trop peu pour assurer la pérennité d’un titre aussi niché ? C’est ailleurs que Squadrons puise son potentiel de rejouabilité.

D’abord, sa courbe d’apprentissage est abrupte et exige du temps. Aussi, son plafond de compétence est susceptible de s’élever à mesure que les joueurs développeront des stratégies pour les différentes classes de vaisseaux. On en compte quatre pour chaque faction : un chasseur polyvalent, un intercepteur rapide, un bombardier puissant et un vaisseau de soutien. Ils peuvent tous être personnalisés avec des composants (armes, contre-mesures, coque, boucliers et moteur) qui modifient leurs attributs. Les fins stratèges disposeront ici d’assez de variables pour expérimenter avec plusieurs combinaisons. Ces composants sont débloqués à l’aide de points de Réquisition qui sont acquis seulement en jouant. Aucune microtransaction ici, même pour les items cosmétiques qui, eux, sont acquis grâce à des points de Gloire.

Une mécanique de dérapage contrôlé, offrant une agilité accrue aux têtes brûlées qui sauront la maîtriser, donne aussi lieu à des poursuites remplies de manœuvres spectaculaires.

Mais voler comme un as ou avoir un appareil taillé sur mesure n’est pas toujours suffisant pour s’assurer un avantage sur les autres pilotes. Il faut aussi savoir gérer activement l’énergie de son vaisseau, un exercice d’équilibre constant entre le moteur, les armes ou le bouclier (lorsque vous en avez un). Besoin de déguerpir rapidement ? Surchargez les propulseurs. Prêt à passer à l’attaque ? Alimentez vos canons laser pour plus de puissance de feu. La vue forcée à la première personne vous oblige à surveiller ces systèmes à même le tableau de bord de votre cabine de pilotage. Et pour une immersion totale, un casque de réalité virtuelle permet une vue libre en tout temps. Sans être inaccessible, on a droit ici à un simulateur de vol assez nuancé pour permettre aux pilotes expérimentés d’exceller.

Quant aux environnements, dont plusieurs sont d’une beauté à couper le souffle, ils présentent un bel équilibre entre espaces ouverts et encombrés de débris spatiaux, d’astéroïdes ou simplement de structures qui permettent de se faufiler, de tendre des pièges et d’user de toutes sortes de stratégies en temps réel. Le tout sur une trame sonore typique de l’univers Star Wars qui donne le ton.

La campagne solo de Squadrons tombe certes un peu à plat, mais le jeu réussit là où ça compte le plus. Motive Studios a créé une expérience en ligne aux sensations fortes dignes des batailles spatiales épiques d’une franchise qui l’est tout autant.

Star Wars: Squadrons

★★★★

Développé par Motive Studios et publié par Electronic Arts. Offert pour PS4, Xbox One et PC (Steam, Origin et Epic Game Store).