​Sur vos écrans: regards comiques, une enquête et un art indélébile

Chacun des épisodes d’Encré dans la peau est construit autour du passage sous le stylet expert de deux adeptes de cet art, dont une personnalité publique (Marianne St-Gelais sur notre photo), qui se confient sur leur amour du tatouage.
Photo: UNIS Chacun des épisodes d’Encré dans la peau est construit autour du passage sous le stylet expert de deux adeptes de cet art, dont une personnalité publique (Marianne St-Gelais sur notre photo), qui se confient sur leur amour du tatouage.

Mercredi, on rit ?

Z poursuit son exploration des concepts humoristiques, qui constituent l’essentiel de sa production originale, en lançant deux nouveautés qui font rigoler, remonter des souvenirs et même un peu réfléchir. Ces deux nouveautés sont présentées en programme double le mercredi, en même temps que Les enfants de la téléCuvée comique, qui ouvre la marche, pige d’ailleurs dans les talles de cette émission concurrente en mettant en lumière des moments marquants ou oubliés, et d’autres aisément oubliables, du parcours d’humoristes, lesquels se prêtent à cet exercice nostalgique avec plaisir et l’autodérision nécessaire. Philippe Laprise reçoit à chacun des épisodes deux artistes qui ont commencé leur carrière au même moment, ou presque, et qui déterrent ensemble des anecdotes de scène et de coulisses, des souvenirs parfois gênants, des numéros marquants, des moments de controverse, dans une formule plus modeste, plus conviviale et avec un ton plus grinçant qu’à l’autre chaîne… Les collègues et amis Louis Morissette et Jean-François Mercier inaugurent cette série qui ne réinvente pas la roue, mais qui s’avère tout de même fort efficace.

Photo: Z télé

La nouveauté et l’originalité sont un peu plus au rendez-vous dans Sur la corde raide, qui aborde des sujets délicats ou clivants en humour à travers la pratique et l’observation critique. L’étoile montante Christine Morency accueille chaque semaine, devant un public distancé mais chaleureux, trois humoristes qui testent les limites du comique et de l’acceptable dans un numéro sur un même thème matière à controverse. Le tout se déroule devant trois « juges » qui ont en commun d’être touchés de près par le sujet et qui auront pour mission de commenter la performance des humoristes, de souligner leurs travers et leurs qualités.

Photo: Eric Myre L'humoriste Christine Morency

Les comiques, dont la notoriété et l’expérience varient, se risquent ainsi à se moquer dans leur style caractéristique des végétariens, des lesbiennes, des policiers, des gros, des Noirs, des baby-boomers et d’autres groupes qui font l’objet de moqueries pas toujours très politiquement correctes. Le ton des critiques et des observations du jury s’avère plutôt « bon enfant », surtout lorsqu’il est constitué de personnalités publiques, malgré le terrain parfois glissant qu’empruntent les humoristes invités. À cet égard, l’épisode consacré aux forces policières, avec son « jury » de policiers inconnus du grand public, atteint son objectif de regard critique sur les limites de l’humour et de la charge politique du discours comique. L’ensemble demeure divertissant, livré dans la bonne humeur et mené avec beaucoup de répartie par Christine Morency, qui étonne agréablement dans cette première animation télé.



Cuvée comique / Sur la corde raide
Z, mercredi, 20 h et 20 h 30
 
  

Enquête personnelle

La journaliste Stéphanie de Sève n’était pas encore de ce monde quand son père, Germain, a été condamné pour le meurtre d’un garçon de 10 ans à Hull, au début des années 1970. Il a par la suite été innocenté dans un autre procès, mais le véritable responsable de la mort tragique du petit Gilles Leblanc n’a jamais été démasqué. Près de 50 ans après l’enlèvement et la mort violente du garçon, elle entreprend, avec le concours de proches, de policiers et d’acteurs de cette affaire qui a marqué l’actualité judiciaire outaouaise des années 1970, une enquête pour élucider cette affaire et prouver, par le fait même, qu’il était peut-être bel et bien innocent.

Photo: Canal D La journaliste Stéphanie de Sève

La minisérie documentaire, dans la mouvance populaire « true crime », décline cette démarche complexe et forte en émotions sur quatre épisodes. Il faut être un peu patient, car le premier chapitre met un certain temps à plonger dans le vif du sujet. Mais dès le deuxième épisode, ce projet documentaire familial pas banal, à la réalisation compétente mais convenue, prend la vitesse de croisière attendue de ce genre de production et nous garde bien accrochés.



Fille de tueur ?
Canal D, vendredi, 21 h
 
  

Impressions de tatoués et de tatoueurs

Le tatouage s’est largement démocratisé depuis une décennie, devenant un ornement permanent beaucoup mieux accepté socialement et permettant le développement d’un art sophistiqué, avec ses fervents, ses adeptes et ses artistes, qui nouent souvent une relation privilégiée et au long cours. La série documentaire Encré dans la peau exploite habilement ce filon en se penchant sur le travail de quatre tatoueurs québécois et sur le rapport bien particulier qu’ils entretiennent avec certains de leurs fidèles clients, connus du grand public ou non.

Chacun des épisodes est construit autour du passage sous le stylet expert de deux adeptes de cet art, dont une personnalité publique (Safia Nolin, Jonathan Roberge, Marianne St-Gelais, Rhymz et Sarahmée, entre autres), qui se confient sur leur amour du tatouage, sur leur motivation à y avoir recours et sur leurs préférences, et qui disent comment ces œuvres indélébiles ont une influence sur la perception qu’ils ont de leur corps. Les artistes tatoueurs complètent ce portrait senti avec leurs réflexions sur leur métier et sa pratique au quotidien et sur leur inspiration. Aucunement besoin d’être un amateur de tatouages pour aimer cette série fort sympathique, servie par une réalisation soignée et dans le ton de son sujet. Mais de là à convaincre les réticents à se mettre au tatouage, pas sûr…



Encré dans la peau
UNIS, jeudi, 20 h
 

Visionnement de la semaine

D’abord destiné à une sortie en salle, ce mélodrame adolescent aux accents musicaux, tourné dans la région montréalaise et inspiré de l’histoire vraie d’un jeune homme nouvellement en couple et victime d’un cancer des os incurable qui obtient un succès viral grâce à une chanson de son cru — Clouds, mise en ligne peu de temps avant son décès —, atterrit finalement sur la plateforme Disney+. Le réalisateur Justin Baldoni, qui a fait ses classes avec un drame du même acabit (Five Feet Apart), avait d’ailleurs proposé auparavant un documentaire sur ce récit crève-coeur. Sortez vos mouchoirs avec votre ado confiné…



Clouds
Disney+, dès le 16 octobre

À ne pas manquer

Dramatique retour au bercail
 

Après avoir ravi la critique et un certain public avec sa comédie dramatique noire et parfois savonneuse La casa de las flores, dont le ton rappelle certaines œuvres d’Almodóvar, le réalisateur et scénariste mexicain Manolo Caro poursuit sa collaboration avec Netflix en proposant cette minisérie plus sombre, un thriller psychologique sis dans l’Espagne franquiste des années 1950 qui relate le retour au bercail à contrecœur d’un jeune homme d’un milieu conservateur, après un long séjour au Mexique, alors que sa famille lui a trouvé une épouse convenable. Le fait qu’il ramène avec lui un ami cher envenimera la situation… On note la présence au générique de la muse du cinéaste, la Mexicaine Cecilia Suárez, et l’immense Carmen Maura.



Quelqu’un doit mourir (Alguien tiene que morir en V.O. espagnole)
Netflix, dès le 16 octobre