«Trickster»: entre magie et misères

CBC

Dès les premiers instants de cette adaptation télévisuelle d’un roman de l’autrice autochtone de Colombie-Britannique Eden Robinson, Son of a Trickster, finaliste pour le prix Giller, on sait qu’il ne s’agit pas d’un simple récit d’apprentissage adolescent « ordinaire ». La magie sera de la partie dans ce drame social rude dépeignant la réalité complexe de Jared, 16 ans, jeune homme de la communauté haisla, en Colombie-Britannique, qui tente de conjuguer l’école et les occupations, plus ou moins licites, qui lui permettent de soutenir financièrement ses parents désorganisés, aux prises avec des problèmes de dépendance.

En plus des problèmes familiaux et d’« ado ordinaire », de ceux qui sont générés par le racisme ordinaire dans sa communauté de Kitimat, secouée par les protestations contre l’implantation d’un pipeline, le jeune héros, magnifiquement interprété par le talentueux Joel Oulette, est victime d’hallucinations, alors que revient dans le décor un ancien ami de ses parents qui clame être son père biologique… Le titre du roman laisse deviner que l’on bascule du côté de la mythologie des communautés autochtones de la côte ouest, dont font partie les « filous »,ces esprits pas toujours bien intentionnés, les sorcières et autres figures magiques, qui viennent brouiller la difficile quête d’identité du héros.

La cinéaste Michelle Latimer (Inconvenient Indian), qui signe l’adaptation avec Tony Elliott (Orphan Black), arrive à trouver un équilibre convaincant entre réalisme et surnaturel, dans sa réalisation précise et nerveuse, portée par des interprètes tous très convaincants. Une série à surveiller, qu’on espère voir en français, bientôt.

Trickster

CBC, mercredi, 21 h et disponible sur CBC Gem