«Homothérapies, conversion forcée»: garçons et filles effacés

Photo: Télé-Québec

Dans les cartons du ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, un projet de loi pour bannir les thérapies visant à changer l’orientation sexuelle sera vraisemblablement déposé cet automne, suite logique à une motion adoptée à l’unanimité en juin à l’Assemblée nationale pour les interdire. C’est que ces thérapies bidon, souvent clandestines, continuent de briser des vies, ici et ailleurs, un phénomène documenté puissamment par Bernard Nicolas dans Homothérapies, conversion forcée.

Ce tour occidental en cinq escales fouillées est accablant. Confrontés à des portes closes et à des refus d’entrevues, les journalistes Timothée de Rauglaudre et Jean-Loup Adénor ont infiltré des groupes qui continuent de faire miroiter à leurs fidèles la réalisation de leur « rêve hétérosexuel ». On découvre avec eux un monde où la honte est encore pesante et la violence, latente. Difficile de rester de glace devant certaines de leurs pratiques qui tirent profit d’une vulnérabilité exacerbée, certaines versant dans ce que le médecin Serge Blisko qualifie de « psychothérapie sauvage ».

Balancé entre témoignages et regards d’experts, ce documentaire d’Arte repiqué par Télé-Québec tombe à point nommé, au moment où la question des thérapies de conversion refait surface au Québec. Non seulement fait-il le tour de la question, mais il témoigne de l’évolution même de celle-ci, comme l’illustre éloquemment Alan Chambers, homme fort du puissant groupe de conversion Exodus international, qui admet aujourd’hui avoir participé à « un régime de peur et de honte » dont quelque 47 000 Canadiens auraient fait les frais.  

Homothérapies, conversion forcée

Télé-Québec, 30 septembre, 20 h ; en reprise le 4 octobre à 20 h 20