«Résonances»: du sauvage besoin de dire

L’ensemble jette un regard bienveillant sur ces faiseurs d’histoire, sans pour autant les boulonner.
Photo: Savoir Media L’ensemble jette un regard bienveillant sur ces faiseurs d’histoire, sans pour autant les boulonner.

En clin d’œil au « sauvage besoin de liberté » réclamé par les signataires du Refus global, on pourrait dire que c’est un « sauvage besoin de dire » qui fait battre le cœur de Résonances. La minisérie de Savoir média, conçue en complicité avec Mimosa Films, revisite avec un certain panache les grands discours qui ont marqué le Québec pour mieux éclairer nos rapports à des sujets sensibles comme la liberté d’expression, la langue française, la prostitution ou l’immigration. C’est vif, frais, et jamais à court de mots, incidemment.

Pour magnifier ce qui avait déjà du souffle pour mille, des comédiens mordent avec superbe dans ces textes phares. Là ne s’arrêtent pas les beaux discours. Aux mots canons des Michèle Lalonde, Yvon Deschamps, Paul-Émile Borduas, Michel Tremblay et autres Henri Bourassa qui ont sculpté notre monde, se superposent ceux, plus raisonnés et sans doute parfois plus raisonnables, de penseurs qui n’en cultivent pas moins eux aussi le verbe clair. Face à eux, la comédienne, autrice-compositrice-interprète et animatrice Inès Talbi orchestre sobrement ces coups de gueule et d’éclats.

À la caméra, Fanny Lefort tient la baguette haute. On est devant des têtes parlantes, oui, mais la réalisatrice multiplie les angles et les rythmes autant qu’elle le peut, pimentant le tout d’un habillage graphique plutôt sympa imaginé par Pilon design. L’ensemble jette un regard bienveillant sur ces faiseurs d’histoire, sans pour autant les boulonner. Et c’est tant mieux, car une parole libre voyage toujours mieux.  

Résonances

Lundi, Savoir média, 20 h et 22 h 30.