De l’espoir, de la bouffe et du plâtre de Paris sur nos écrans

La série documentaire «Tenir salon» explore ces lieux sociaux menés par des stylistes qui parlent de coupes, certes, mais surtout de culture, de famille, d’identité.
Photo: TV5 La série documentaire «Tenir salon» explore ces lieux sociaux menés par des stylistes qui parlent de coupes, certes, mais surtout de culture, de famille, d’identité.

Pézie et Sansdrick dans l’décor (Canal Vie)

Ce titre marie deux des plus grandes tendances de l’automne : Occupation double et les émissions de rénovation. Deux ex-candidats de la téléréalité relationnelle la plus populaire de l’heure (n’en déplaise aux détracteurs) prennent la route du Québec en véhicule récréatif pour relooker des chambres à coucher et découvrir les joyaux de Saint-Antoine-de-Tilly ou de Venise-en-Québec. Le sympathique et sautillant Sansdrick se fera souvent réprimander par Pézie, qui mènera les opérations, décidée. Tout en dégustant des petits fruits du marché et en tentant de soustraire 7,5 pieds de 83 pieds sans l’aide de leur téléphone intelligent, ils apprendront notamment à utiliser du plâtre de Paris pour donner aux pièces un « style épuré scandinave beau ». C’est pas beau, ça ? Dès le 15 septembre.

Tenir salon (TV5)

Dans son appartement de Villeray, Borey Chum, 31 ans, administre « un des secrets les mieux gardés du coin ». À savoir son salon de barbier, pour lequel il a tout lâché, au grand dam de ses parents qui auraient préféré qu’il soit docteur, avocat ou pharmacien. Ses clients et amis se définissent par leurs racines, mais surtout par leur appartenance à Montréal. Par leur amour du hip-hop aussi. Car des cheveux ne sont jamais que des cheveux. Ils sont des symboles de culture, d’affirmation de soi. Animée par Sophie Fouron, cette chouette série documentaire explore ces « lieux sociaux capillaires », comme elle les appelle, menés par des stylistes d’origines diverses, qui parlent de coupes, certes, mais surtout de culture, de famille, d’identité. Dès le 10 novembre.

Les diplômés Mira (Unis)

Pour Nicole Durocher, qui vit avec une surdicécité, son chien Kayak est un ami des plus précieux. Dans la noirceur, elle sait qu’elle peut toujours compter sur lui. Pour Robert Lupien, qui a récemment reçu un diagnostic d’alzheimer, son compagnon canin Brach représente un allié de taille. À ses côtés, il ne risque pas de perdre son chemin quand il va se promener. Et il est drôlement plus heureux. Les familles d’accueil, les entraîneurs, les maîtres… Cette série délicate qui tire des larmes dresse le portrait de diverses personnes qui font partie de la grande famille Mira. Sincère — et sincèrement émouvant. Dès le 23 septembre.

5 chefs dans ma cuisine(ICI Télé)

En ces temps de prolifération de photos de pain maison sur Instagram, Marina Orsini invite le public — ainsi que cinq chefs, dont celui prénommé Bob — à entrer dans sa cuisine et à apprendre. Comment choisir un céleri rave, par exemple ? Comment confectionner des crêpes fines et non des pancakes ? Avec sa bonne humeur contagieuse, l’animatrice promet de transmettre des tas d’idées et de suggestions pour mieux manger chez soi. Du côté des émissions de bouffe, l’automne marquera aussi le retour de l’irremplaçable Ricardo, de la pétillante Kim Thúy et de sa table ainsi que de la nutritionniste Geneviève O’Gleman qui pilotera le nouveau magazine Savourer. Savoureux. Dès le 14 septembre.

Manifeste (La Fabrique culturelle)

« Je fonctionne en coups de gueule. Avec de la rage. La violence avec laquelle je gère mes luttes intérieures et extérieures, c’est la même force avec laquelle je ressens la violence contre laquelle je me bats. »

À l’écran, l’artiste féministe Miss Me explique sa démarche entourée de ses œuvres emblématiques. L’autrice de Royaume scotch tape, Chloé Savoie-Bernard, danse et dit que « le corps est une archive de choses qui nous dépassent ». Réalisée par Sabrina Hammoum, qui a signé le documentaire sur Koriass qui revenait de loin, cette série en quatre épisodes aborde notamment le thème de la création comme outil de dialogue. À l’animation, Webster monte ce Manifeste pour « montrer la militance dans l’art et faire passer un message ». Puissant, assurément. Dès le 24 septembre.

L’effet secondaire (ICI Télé)

Coup de cœur absolu de l’automne dernier, cette adaptation du concept des Pays-Bas Brugklas revient pour une seconde saison. Super ! Porté par une bande de jeunes acteurs talentueux, naturels, attachants et allumés, l’ensemble, d’une incroyable authenticité, décortique habilement les grands thèmes et les grandes émotions qui marquent les années formatrices d’après l’école primaire. L’amitié, la solidarité, la compassion. Les chicanes, la solitude, les mécanismes de l’intimidation. La production traite aussi bien de violence familiale, de deuil et de trahison que d’amour, de complicité et de cohésion. Dès le 18 septembre.

L’avenir nous appartient (Télé-Québec)

Dans cette période d’incertitude où nous avons tous besoin d’un peu d’espoir, Monic Néron et Émilie Perreault sont allées à la rencontre de gens « qui ont trouvé des solutions ». Pour gérer la crise, pour fonctionner au quotidien, pour innover sur les plans humain, agroalimentaire, politique. Les coanimatrices et amies avertissent et promettent néanmoins que, malgré son côté lumineux, positif et optimiste, leur série ne fera pas « dans la bonne nouvelle gnangnan », mais dans l’inspirant, dans le sensible, dans le senti. On les croit. Dès janvier.

Le prochain stand-up (Noovo)

Treize semaines, 36 humoristes. Certains connus, d’autres pas du tout. Un seul sortira gagnant. Animée par Marie-Lyne Joncas, et jugée par Mariana Mazza, Louis Morissette et P.A. Méthot, plutôt directs et non complaisants, cette compétition du rire donne lieu à d’excellents flashs, à un brin de vulgarité, à quelques blagues osées, à une critique de Fugueuse 2 et à un crochet déclenché à la gueule du cidre de glace. On découvre notamment ces talents naturels que sont le souriant Guillaume Boldock (et son cardigan), la comptable Val Belzile (et son ode aux duchesses de l’espace cellier) ainsi que l’humoriste « familial » Faf, seul homme apparemment capable de choquer Mike Ward. Dès le 17 septembre.

Les coulisses du palais (Canal D)

Le journaliste Yves Thériault revient pour une deuxième saison dans les coulisses du palais. Celui de la justice de Montréal, cette fois. Réalisée par Marc-André Chabot, narrée par l’acteur Bruno Marcil et conçue avec la collaboration du ministère de la Justice du Québec, la série documentaire plonge désormais dans des procès criminels, des causes de petites créances et des dossiers en santé mentale. Dans le premier épisode : un homme accusé d’avoir exploité sexuellement des enfants sur Internet. La caméra pénètre dans la salle d’audience, relayant des images d’une salle remplie de mégots de cigarette, de l’interrogatoire des témoins, captant même le juge qui lève un peu les yeux au ciel devant les explications bancales de l’accusé. D’autres explications d’experts entrecoupent l’ensemble, dont celles sur les questions en litige, sur le rôle de la défense dans le cas donné et sur la façon d’arriver à la preuve. Intéressant, intensif, instructif. Dès le 9 octobre.