Lever de rideau pour la plateforme TV5MondePlus

«C’est une première étape», dit Mélanie Joly.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne «C’est une première étape», dit Mélanie Joly.

« La plateforme francophone mondiale, 100 % gratuite, disponible partout, tout le temps, bientôt sur tous vos écrans », indiquait encore mardi le site Internet de TV5MondePlus. Or, le « bientôt », c’est pour aujourd’hui : la mise en ligne d’un catalogue de 2500 heures de contenu marquera les débuts de ce projet censé aider à la « découvrabilité » des productions francophones canadiennes.

« Au cœur de ça, il y avait l’idée qu’on doit occuper l’espace numérique, et qu’au-delà des plateformes existantes et dominantes [comme Netflix ou Disney+], on doit prendre le taureau par les cornes et avoir nos propres plateformes », soutenait mardi dans un entretien la ministre Mélanie Joly, qui a porté ce dossier lorsqu’elle était à la Francophonie.

C’est d’ailleurs largement grâce au financement octroyé par le Canada (14,6 millions sur cinq ans) que TV5MondePlus voit le jour, près de deux ans après que le premier ministre Justin Trudeau et le président français Emmanuel Macron en ont fait la promotion lors du Sommet de la Francophonie tenu à Erevan.

Mais si le quotidien Le Figaro en parlait récemment comme du « Netflix de la francophonie », TV5MondePlus n’a pas exactement les mêmes visées que le géant américain, qui est devenu un important producteur de contenu original.

Le catalogue de la nouvelle plateforme francophone sera ainsi composé de « programmes acquis partout dans le monde » auprès des différents partenaires de TV5 (France, Canada, Québec, Belgique, Suisse, Afrique).

On y trouvera donc notamment des émissions de Radio-Canada et de Télé-Québec (comme c’est déjà le cas sur Tou.tv, plateforme qui n’est toutefois disponible qu’au Canada) ou encore de France Télévisions.

Pour ce qui est des exclusivités, il s’agira de « certains contenus disponibles avant la diffusion sur les chaînes » actionnaires de TV5MONDE.

« C’est une première étape, dit Mélanie Joly. Je suis convaincue que la prochaine sera d’investir dans des productions originales. Mais avant, il faut démontrer l’utilité de cette plateforme : on a l’obligation morale de la faire rayonner », pense-t-elle.

À terme, on vise une offre de quelque 5000 heures de programmes pour une offre dite « généraliste » : cinéma, fictions télé, documentaires, émissions culturelles, programmes jeunesse et podcasts (le communiqué souligne que les « Québécois disent balados »).

Au Québec, la plateforme sera pour le moment accessible par le biais des sites de TV5 Unis et de TV5 Québec Canada. En corollaire de la gratuité, des publicités seront intégrées à la diffusion.

À voir en vidéo