«Barotrauma»: explorer l’abîme, puis mourir

Dans les profondeurs abyssales d’Europe, cette lune de Jupiter couverte de glace, un équipage de sous-marin maladroit n’est pas la seule menace qui guette.
Photo: Undertow Games/FakeFish/Daedalic Entertainment Dans les profondeurs abyssales d’Europe, cette lune de Jupiter couverte de glace, un équipage de sous-marin maladroit n’est pas la seule menace qui guette.

Bienvenue sur Europe, cette lune de Jupiter couverte de glace où, dans un proche avenir, des explorateurs intrépides se sont installés. Dans cet environnement inhospitalier, on ne peut se déplacer que sous la surface, dans les profondeurs d’un océan où nous ne sommes pas seuls…

Ce qui pourrait très bien être la prémisse d’un film de science-fiction est celle de Barotrauma, un jeu de simulation en 2D dans lequel les joueurs incarnent les membres d’équipage d’un sous-marin. L’aventure se joue en solo ou en coopération avec d’autres joueurs ― jusqu’à 16 ! ― et consiste à naviguer dans des niveaux et au travers d’événements générés de manière procédurale, tout en effectuant des missions en cours de route.

Chacun a son rôle à jouer dans la bonne marche de chaque expédition. Outre, évidemment, un capitaine, les joueurs peuvent enfiler les habits d’un ingénieur, d’un mécanicien, d’un médecin, d’un agent de sécurité ou d’un simple assistant.

Piloter le submersible, opérer ses canons, colmater les fuites ou s’assurer du bon fonctionnement du réacteur nucléaire font partie des nombreuses tâches à bord. Tous peuvent s’en acquitter, mais ils seront beaucoup moins efficaces pour celles qui sortent de leur champ d’expertise. Envoyez un mécanicien soigner un collègue à l’aide de morphine, et il pourrait très bien le faire mourir d’une surdose.

Dans les profondeurs abyssales d’Europe, un équipage maladroit n’est pas la seule menace qui guette. Ici-bas, les humains sont très loin du sommet de la chaîne alimentaire. On y croise une panoplie de créatures qui donnent froid dans le dos, sortes d’hybrides entre mollusques et dinosaures.

Ajoutez à cela la possibilité d’avoir un traître dans l’équipage, ou encore un collègue qui souffre soudainement d’une psychose qui lui fait halluciner des incendies, et vous avez un cocktail à la fois drôle et dangereux. Fous rires garantis.

La mort est récurrente dans Barotrauma. Même un équipage réglé au quart de tour ― ce qui est en soi un défi ― doit s’attendre à voir la situation passer de tout va bien à rien ne va plus en quelques secondes.

Son niveau de difficulté élevé fait d’ailleurs partie des reproches qu’on lui fera. Il ne faut pas se laisser berner par les animations désarticulées des personnages, qui donnent au jeu des airs bon enfant. Plusieurs mécaniques sont d’une complexité à laquelle les didactiels nous préparent peu ou pas. Le jeu nous jette dans de nombreuses crises, et c’est à nous de deviner ce qu’il faut faire, et dans quel ordre, pour espérer garder la tête hors de l’eau.

Là où il excelle par contre, c’est dans sa présentation. Ses environnements sombres et étroits, son ambiance sonore étouffante et le champ de vision réduit génèrent une atmosphère claustrophobe qui rend bien le huis clos dans lequel on se trouve. On ne sait jamais tout à fait ce qui se passe, à l’intérieur comme à l’extérieur du vaisseau.

Barotrauma se joue mieux avec des amis. La communication étant un aspect crucial, l’expérience est compromise avec des « bots » à l’intelligence artificielle limitée. Heureusement, la campagne est jouable en multijoueur et elle a l’avantage de permettre, entre autres, l’amélioration du navire avec l’argent récolté lors des missions réussies.

C’est un jeu qui aura une longue durée de vie pour le joueur patient et passionné. La courbe d’apprentissage est abrupte et demande du temps, mais elle récompensera les plus minutieux qui ne craignent pas de recommencer plusieurs fois avant de progresser.

Barotrauma

★★★★

Développé par Undertow Games et FakeFish, publié par Daedalic Entertainment, offert en accès anticipé sur PC (Steam).