«Résistance: la police face au mur»: culture policière

Cette résistance, parfois passive, parfois active, se sent tout du long du film.
Photo: Canal D Cette résistance, parfois passive, parfois active, se sent tout du long du film.

Le cinéaste Charles Gervais en connaît un rayon sur les forces policières, lui qui a signé Police sous surveillance avant de rebondir avec l’excellent Résistance : la police face au mur. Offert simultanément en salle et au petit écran, ce documentaire passionnant nous convie dans la tête du directeur du Service de police de l’agglomération de Longueuil, Fady Dagher, tandis qu’il cherche à opposer aux angles aigus de l’affrontement et de la répression les vertus plus durables de la concertation et de la main tendue.

« Il n’y a pas de règles ici — nous essayons d’accomplir quelque chose », lit-on en entrant dans son fief, où Charles Gervais aura fait le pied de grue plus souvent qu’à son tour pendant les longs mois de tournage qui se sont succédé. Même avec la bénédiction papale du chef Dagher, les forces de l’ordre auront résisté à plusieurs incursions du cinéaste. Cette résistance, parfois passive, parfois active, se sent tout du long du film. Force est de constater que le profond changement de culture qu’appelle Fady Dagher de tous ses vœux n’est pas gagné : il bouscule, il effraie même parfois.

Reste qu’il est partagé par des alliés indéfectibles que nous apprenons à découvrir tandis que les esprits se dérouillent et s’étirent. Manifestement, Charles Gervais a choisi son camp, cela paraît dans sa narration, qui affiche quelques ornières, et encore plus dans sa grammaire visuelle, plutôt rudimentaire. Cela ne l’empêche pas de faire mouche tant il est inspirant de voir l’émulation s’incarner d’une parole à l’autre à l’écran, s’additionnant pour mieux se fortifier.

Résistance: la police face au mur

En salle et à Canal D, le jeudi 10 septembre, 22 h. Aussi offert en ligne sur Crave.