«Les poussières de Daech»: grandir en marge du monde

Télé-Québec

Plus de trois ans se sont écoulés depuis l’enquête en forme de documentaire T’es où, Youssef ? au cours de laquelle le journaliste Raed Hammoud partait sur les traces de son ami d’école parti rejoindre les rangs de Daech. Au milieu des bombes, le Québécois d’origine marocaine et sa conjointe ont eu une fille dont le sort accapare ce chapitre baptisé Les poussières de Daech en référence aux enfants qui, comme celle de Youssef, se retrouvent en marge du monde dans des camps de réfugiés misérables.

Aux côtés du reporter, la sœur de Youssef, Leïla Sakhir, illumine l’écran par la force de son humanité. Déterminée à sortir sa nièce d’un camp où règnent la maladie et la faim, cette femme dont la vie a basculé avec la radicalisation de son frère tant aimé, se butera à mille obstacles que le journaliste soupèse avec d’infinies nuances. Comme pour le premier volet, Raed Hammoud se saisit d’histoires singulières poignantes, celles de Leïla et d’une autre Québécoise vivant une épreuve semblable, pour en éclairer les plus infimes ressorts économiques, politiques, juridiques ou sociaux.

Le résultat est immensément touchant, mais il est surtout édifiant, car en n’accordant l’absolution à personne, Les poussières de Daech nous mène au-delà des débats stériles. Rapatrier ou pas ceux qui ont succombé au terrorisme n’apparaît, dès lors, que comme le premier rouage d’un engrenage bien plus complexe, potentiellement mortifère. Un documentaire brillant signé Gabriel Allard Gagnon dont les coulisses seront dévoilées en balado tout comme le furent celles de son excellent premier chapitre.

Les poussières de Daech

Mercredi 2 septembre, Télé-Québec, 20 h. Le premier volet, «T’es où, Youssef ?», pourra être attrapé en rappel, la veille, à la même heure.