Guylaine Tremblay et Josée Deschênes, sur la route de la Liberté 55

Les auteurs ont créé deux personnages de femmes dans la mi-cinquantaine aux caractères diamétralement opposés, interprétés par Josée Deschênes et Guylaine Tremblay.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Les auteurs ont créé deux personnages de femmes dans la mi-cinquantaine aux caractères diamétralement opposés, interprétés par Josée Deschênes et Guylaine Tremblay.

Série en six épisodes de Julie Roussel et Anthony Ferro réalisée par Francis Leclerc, Le Phoenix est pour ainsi dire né dans les coulisses de L’auberge du chien noir.

« Avec Anthony, on avait un show à Artv, Rêves d’acteurs, où on avait travaillé avec Josée et moi, je travaillais avec elle sur L’auberge du chien noir, se souvient Julie Roussel. Un jour, elle est venue me voir et m’a demandé si ça me tentait d’écrire une comédie dramatique sur l’amitié avec Guylaine Tremblay et elle et dans laquelle elles vivraient ensemble. »

Partant des idées de personnages et d’histoires des deux actrices, qui se connaissent depuis 35 ans, les auteurs ont créé deux personnages de femmes dans la mi-cinquantaine aux caractères diamétralement opposés qui se connaissent depuis l’âge de cinq ans, Louise Lussier (Guylaine Tremblay), éternelle adolescente portée sur le rosé, et Murielle Prud’homme (Josée Deschênes), agente immobilière workaholic. Dès qu’elles se retrouvent en présence l’une de l’autre, force est de se demander comment leur amitié a survécu.

« On connaît des gens comme ça, complètement différents, dont l’amitié semble impossible vue de l’extérieur. Il y a des couples comme ça aussi. Loulou et Mumu, c’est une espèce de couple… », explique Guylaine Tremblay.

« Elles sont complémentaires », l’interrompt Josée Deschênes. « L’espèce de fantaisie, de désorganisation de Louise aide en quelque sorte Murielle, qui est plus rigide, tandis que Murielle donne des racines à Louise… », dit la première.

« Et elle me donne des ailes ! » complète la seconde.

« De temps en temps, elles se chicanent. J’imagine très bien que sur les 50 ans d’amitié, il y a eu des silences, mais elles s’aiment trop pour que ce soit définitif », suggère la première.

« Il y a des choses qu’on va découvrir dans les épisodes, révèle Julie Roussel. Loulou vient d’une famille très rock’n’roll ; elles ont vécu quelque chose ensemble à l’adolescence. Il y a toutes sortes de petits moments charnières dans leur vie où elles étaient là l’une pour l’autre, des moments intenses, dramatiques, importants. »

En roue libre

Avec la complicité de son ami Edouardo Ferreira dit Coco (Mathieu Gosselin), Louise s’est acheté un Winnebago, surnommé Le Phoenix, afin d’aller répandre à la Baie-James les cendres de Mickael (Marc Messier), son mari ingénieur mort noyé dans un barrage en Russie. Contrainte par son mari Daniel (Benoit Gouin) de prendre sa semi-retraite et de s’installer à Punta Cana, Murielle décide sur un coup de tête d’accompagner sa meilleure amie. L’itinéraire que leur ont tracé les scénaristes ne sera pas de tout repos.

« En écrivant, je me suis rendu compte que Josée, Guylaine et moi avions le même sens de l’humour. Josée voulait décoller d’Élaine de L’auberge du chien noir et Guylaine, de Marie d’Unité 9 », raconte Julie Roussel, qui incarne Lise-Denise Mainville, coiffeuse ambulante qui changera le destin de Loulou et Mumu.

Il y a des choses qu’on va découvrir dans les épisodes. Il y a toutes sortes de petits moments charnières dans leur vie où elles étaient là l’une pour l’autre, des moments intenses, dramatiques, importants.

 

Sur la route, les deux amies ne rencontreront pas que des âmes charitables et bienveillantes comme Lise-Denise : « On s’est inspirés des clichés des road movies sans faire un show de clichés », avance Anthony Ferro.

« Dans tous les road movies, il y a un poursuivant, un poursuivi, un criminel, la police, des revirements, des gens qu’on prend sur le pouce, plein de clichés comme on en voit dans Thelma & Louise qu’on a essayé de s’approprier », dit sa partenaire d’écriture.

Par quatre chemins

Pour les besoins de la série, dont le tournage a duré 40 jours, dont une dizaine à Montréal, l’équipe s’est rendue de la métropole à Havre-Saint-Pierre, en passant par le Lac-Saint-Jean, Chicoutimi, Les Escoumins, Les Bergeronnes, Sept-Îles, les îles Mingan…

« Pour moi, c’était important d’être dans les vraies places. Dès le début, il n’était pas question de tricher. C’était comme un vrai road movie avec presque 40 personnes sur la route sur environ 1500 kilomètres. C’était donc beaucoup d’autobus en gang, beaucoup de chips pis de peanuts. On était tout le temps en train de faire des barbecues en gang, de triper, d’être sur le bord de l’eau », se rappelle Francis Leclerc.

« Même quand on ne tournait pas, c’était un cadeau parce qu’on était à l’extérieur, renchérit Josée Deschênes. Avec Guylaine, on s’est retrouvées un peu comme à l’époque du Conservatoire où on pouvait répéter nos scènes ensemble. C’est une série sur l’amitié et c’est ce qu’on a vécu pendant le tournage. Pour nous, travailler ensemble, c’est facile, c’est chimique. »

« C’était la première fois qu’on rejouait ensemble depuis des années. Pour moi, la scène la plus importante, c’est la première qu’on a tournée, celle du snack-bar à Matagami, parce que je renouais enfin avec mon amie dans le jeu », se rappelle Guylaine Tremblay.

Malgré tout le bonheur vécu sur le plateau et sur la route, les aventures à bord du Phoenix n’auront pas de suite. « Ç’aurait été un gros challenge de faire une deuxième saison parce que c’est un road trip où il y a beaucoup de drames », confirme Anthony Ferro.

« Le format de six épisodes, c’est quelque chose de super créatif parce que tu ne penses pas nécessairement à une deuxième ou à troisième saison, c’est vraiment un long film de six heures. Il y a une finalité dans tout ; c’est super intéressant pour un réalisateur de mener les personnages du point A au point Z sans penser à ce qu’ils vont devenir à l’an 4 », dit Francis Leclerc.

« Francis nous a beaucoup encouragés dans l’écriture de manière à ce que cette aventure-là soit dans son dénouement satisfaisante et complète. L’essence d’un vrai road trip, c’est de partir et de revenir transformé. Il y a une limite à la transformation ! » conclut Julie Roussel.

Le Phoenix 

Dès le mercredi 2 septembre, à 21 h, à Séries Plus.