«Des histoires inventées»: Forcier par Forcier

Scène tirée du documentaire «Des histoires inventées»
Photo: Nadine Gomez Scène tirée du documentaire «Des histoires inventées»

Sous les dehors bourrus d’André Forcier, soigneusement entretenus par le cinéaste lui-même, se cache l’âme sensible d’un poète, d’un fantaisiste, d’un esthète au sens noble du terme.

Réalisé par Jean-Marc E. Roy, cinéaste dont les courts métrages ont été partout, y compris à Cannes, Des histoires inventées rend hommage au réalisateur des Fleurs oubliées, de L’eau chaude, l’eau frette et du Vent du Wyoming en faisant honneur à son iconoclaste sujet, et ce, dans sa forme même. En cela qu’il s’agit d’un documentaire dont la conception est tout sauf classique.

Ici, point d’experts invités à se prononcer ni d’anciens collaborateurs venus se souvenir, émus. C’est Forcier, et Forcier seul, que le documentariste désire entendre parler de son cinéma, du comment et du pourquoi. Il en résulte, en quelque sorte, une leçon de maître, exercice riche de réminiscences et de confidences.

Tandis que le cinéaste commente sa filmographie, des pans de celle-ci revivent autour de lui, tantôt recréés avec moult détails, tantôt davantage évoqués. Le plus beau, et il fallait y penser tant c’est brillant, réside dans ce que les interprètes desdits films, ces muses hommes et femmes, viennent pour l’occasion (ré)incarner leurs rôles d’antan.

C’est drôle ou touchant, souvent les deux. Ces personnages, Forcier raconte les avoir pour la plupart rêvés, et que ceux-ci sont au plus profond d’eux-mêmes des rêveurs. Il les appelle « ses fantômes ». Hommage passionnant à un grand, le documentaire de Jean-Marc E. Roy est en outre assuré de plaire à tout cinéphile épris d’originalité.

Des histoires inventées

Lundi 24 août, Artv, 20 h