«Virtuaverse»: dystopie futuriste

Fermement ancré dans la tradition du jeu d’aventure en pointer-cliquer, le studio nous propose des casse-tête souvent intéressants, mais parfois très peu évidents.
Photo: Theta Division Fermement ancré dans la tradition du jeu d’aventure en pointer-cliquer, le studio nous propose des casse-tête souvent intéressants, mais parfois très peu évidents.

Le jeu d’aventure Virtuaverse fascine. À la recherche d’un être cher disparu, on y explore un monde cyberpunk sombre et dépravé. Le très petit studio Theta Division frappe fort avec son premier titre, délicieusement pixélisé et bien conçu.

Dans cette dystopie futuriste, le monde est maintenant contrôlé par une super intelligence artificielle vouée à son optimisation. La population est déconnectée de la réalité, branchée en permanence sur un système informatique de réalité augmentée. Notre héros, un hacker, est l’un des seuls à ne pas avoir accepté l’implant neural. Il fait donc partie de la minorité des gens à voir le monde pour ce qu’il est. Et ce n’est pas beau à voir.

L’intrigue débute par son réveil en sursaut. Sa copine, une graffiteuse numérique, est disparue. Un message dessiné au rouge à lèvres sur le miroir de la salle de bain laisse croire un départ à la hâte. On apprendra plus tard qu’elle est recherchée par la police… par notre faute.

Fermement ancré dans la tradition du jeu d’aventure en pointer-cliquer, le studio nous propose des casse-tête souvent intéressants, mais parfois très peu évidents. Si chaque solution, une fois trouvée, nous fait vivre un grand moment de satisfaction, encore faut-il savoir qu’il y a une énigme à résoudre avant de s’y attaquer, ce qui n’est jamais vraiment clair.

Exemple : en début de jeu, un bouncer nous refuse l’entrée dans une boutique informatique. On peut lui parler ou lui offrir de l’argent, mais rien n’y fait. La solution ? Lui faire livrer une pizza à l’aide d’un terminal numérique situé un peu plus loin. C’est qu’il était en fin de quart de travail et qu’il espérait que son patron lui offrirait le dîner. Assez obtus, soyons francs.

Heureusement qu’il existe déjà des guides disponibles sur la Toile pour ceux qui préfèrent profiter de l’histoire bien rythmée plutôt que d’avoir à se cogner obstinément la tête contre un mur.

Après plusieurs casse-tête, on commence à entrer dans l’imaginaire des concepteurs, ce qui aide finalement à la recherche d’indices. Au final, tel objet trouvé permet d’interagir avec tel autre objet ou de convaincre une personne de nous aider. Il aurait tout de même été intéressant que les développeurs intègrent plus d’une solution logique à leurs énigmes. Le joueur aurait pu ainsi créer sa propre version de cette aventure.

L’univers de Virtuaverse est savamment dessiné en deux dimensions pixélisées. La lueur des néons illumine la nuit, rappelant l’esthétique du classique Blade Runner. La musique électronique low-fi ajoute à l’atmosphère. Ce premier jeu du studio indépendant Theta Division impressionne d’autant plus qu’il n’a été conçu que par trois personnes. À essayer, si l’on est fan de cyberpunk.

Virtuaverse

★★★ 1/2

Conçu par Theta Division et édité par Blood Music. Offert pour Windows, macOS et Linux (Steam et GOG).