​Sur vos écrans: acadie poétique

Le poète et comédien Gabriel Robichaud sert de lien dans l’émission spéciale «Acadie Road – Un road trip musical et poétique», dans laquelle il sillonne le territoire acadien physique, historique et culturel pour aller à la rencontre d’une trentaine d’artistes.
Photo: Radio-Canada Le poète et comédien Gabriel Robichaud sert de lien dans l’émission spéciale «Acadie Road – Un road trip musical et poétique», dans laquelle il sillonne le territoire acadien physique, historique et culturel pour aller à la rencontre d’une trentaine d’artistes.

L’esprit à la fête

La fête nationale de l’Acadie est habituellement l’occasion d’un grand spectacle musical, qui rassemble des artistes de générations, de tendances musicales et de régions différentes de cette patrie de cœur et d’histoire. COVID-19 oblige, il a fallu trouver un moyen de réinventer ce rendez-vous télévisuel traditionnel du 15 août. La formule de remplacement élaborée par le centre culturel Aberdeen de Moncton et le festival Acadie Rock renouvelle le genre sans pour autant trahir l’esprit de la fête qui rallie la diaspora acadienne d’est en ouest. On a eu la bonne idée de faire appel au poète (et comédien) Gabriel Robichaud, dont le très beau recueil de poésie Acadie Road, publié aux éditions du Perce-Neige en 2018, sert de lien dans cette émission spéciale dans laquelle il sillonne le territoire acadien physique, historique et culturel pour aller à la rencontre d’une trentaine d’artistes et de groupes, principalement des musiciens, mais aussi des danseurs, des humoristes et des poètes, chez eux, dans leur coin de pays, qu’il soit au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard, en Nouvelle-Écosse et même en Louisiane.

Cette virée en forme de célébration d’une culture plurielle qui a été plus d’une fois en grand danger donnera la chance d’entendre quelques figures connues, tels Zachary Richard, Lisa LeBlanc et le groupe Salebarbes, et fait surtout la part belle à une foule d’artistes qui gagnent à être découverts. Parmi eux, on compte les formations Troiselle, Sirène et Matelot et Tampa, les Louisianais Jourdan Thibodeaux et Kelli Jones, Chrisine Melanson, le poète Guyaume Boulianne, Jacques Surette et Julie Aubé (des Hay Babies).


Acadie Road – Un road trip musical et poétique
Le 15 août, à Artv, dès 20 h et à Radio-Canada, dès 22 h 30

Boxe internationale, PQ

Réussir en boxe professionnelle n’est pas seulement une affaire de force physique, de rapidité et de persévérance, c’est aussi (et certains diraient surtout…) une affaire de gros sous. C’est du moins ce qui transpire du documentaire d’Émilie Fournier et Émilie Gaudet. Celui-ci nous entraîne dans les coulisses de ce sport-divertissement à travers le parcours de deux athlètes qui se taillent une place à l’étranger : le Québécois David Lemieux et le Québéco-Colombien Oscar Rivas, tous deux entraînés par Marc Ramsay, le premier de l’écurie du promoteur Camille Estephan, le second dans l’écurie d’Yvon Michel. Tout au long de cette heure rythmée par les préparatifs à des combats importants dans la carrière des deux pugilistes, on a droit aux confidences et commentaires éclairants des entourages de ces derniers sur cet univers qui n’est pas très loin du monde du spectacle, avec l’influence énorme qu’ont les principaux diffuseurs télé des matchs, un marché fort lucratif qui permet aux athlètes d’ici de se faire un nom à l’étranger, et de survivre dans cette industrie.


Le marché du K.O.
Club Illico, depuis le 13 août
Photo: Club illico Une scène du documentaire «Le marché du K.O.»

Uchronie troublante

Au tout début de la pandémie, la collègue Natalia Wysocka écrivait dans ces pages tout le bien qu’elle pensait de la minisérie Plot Against America, adaptée d’un roman éponyme de Philip Roth publié en 2004, dans lequel il racontait à hauteur d’enfant et à travers le destin d’une famille juive du New Jersey l’ascension (heureusement fictive) au pouvoir de l’aviateur vedette Charles Lindberg comme président d’extrême droite au lendemain du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Cette uchronie troublante, qui imaginait des États-Unis tirant sur le fascisme après une défaite de Roosevelt en 1940, rappelle à plusieurs égards la situation politique qui prévaut actuellement chez nos voisins du Sud, avec son lot de théories du complot, de mensonges et de peur. Cette adaptation, admirablement scénarisée par Ed Burns et David Simon (The Wire, The Deuce) et dotée d’une distribution de haut vol, où brillent particulièrement John Turturro en rabbin partisan de Lindberg et Zoe Kazan en mère courage, n’a pourtant obtenu qu’une seule nomination (pour sa direction photo) aux prochains prix Emmy, qui récompensent la crème de la production télévisuelle. Plusieurs critiques ont décrié ce malencontreux oubli… Voici une occasion de rattraper en version française cette œuvre d’exception, qui restera malheureusement un peu dans l’ombre.


Complot contre l’Amérique
Super Écran, dimanche, 20 h

Le visionnement de la semaine

Netflix propose une autre série d’animation pour adultes, au langage fleuri et aux situations pas particulièrement glorieuses, qui risque plus de plaire à leurs cadets ados. Cette fois-ci, on y suit les frasques d’un entraîneur de basketball d’une école secondaire du Kentucky et de son équipe de jeunes joueurs pas particulièrement doués ou dotés du physique de l’emploi. Le hic, c’est que le « coach » Hopkins, un crâneur particulièrement vulgaire, espère faire de cette bande d’ados pas très motivés une équipe des grandes ligues. On rit des blagues à propos des clichés sur l’Amérique rurale conservatrice, mais l’intrigue, qui piétine quand elle ne tourne pas en rond, peut rapidement émousser l’intérêt.


Lancer franc (Hoops en V.O.A.)
Netflix, dès le 21 août

À ne pas manquer

Montréal mafieuse
 

Avec Mafia inc., Podz offre une chronique mafieuse intrinsèquement montréalaise, mais complètement universelle. Au cœur de l’intrigue : le thème de la famille, qui se colore d’une dimension particulière (et d’une teinte carmin) dès lors qu’il est question de ce milieu, avec prépondérance donnée à la relation père-fils chère au cinéma québécois. De passages à tabac en assassinats, de filatures policières en corruption politique, le film captive et use habilement des codes du genre tout en générant un réel souffle narratif. Ce, sans perdre de vue la spécificité du contexte d’ici. Quant au récit, il résonne bien au-delà.


Mafia inc.
Crave / Super Écran, dès le samedi 15 août