«Observation»: voir le monde à travers les «yeux» d’une IA

Image tirée du jeu «Observation», un thriller de science-fiction signé Devolver Digital
Photo: No Code/Devolver Digital Image tirée du jeu «Observation», un thriller de science-fiction signé Devolver Digital

Vous êtes-vous déjà demandé ce que c’est que de voir le monde à travers les « yeux » d’une intelligence artificielle (IA) ? C’est ce que propose Observation, un thriller de science-fiction développé par No Code, le studio derrière Stories Untold.

Les choses ne vont pas très bien pour la station spatiale Observation depuis qu’un mystérieux incident l’a arrachée à son orbite terrestre pour la faire dériver près de Saturne. Son équipage, à l’exception de la Dre Emma Fisher, a disparu. Ses systèmes sont défectueux et SAM, l’IA qui la contrôle, agit… bizarrement.

C’est ici qu’Observation se distingue, puisqu’on n’y joue pas le rôle d’Emma Fisher, mais de SAM. La station spatiale, plus qu’un simple environnement, devient une extension du joueur. Ses multiples caméras sont vos yeux, ses nombreux systèmes, autant de parties endommagées que vous devez rapiécer pour comprendre ce qui s’est passé.

Ainsi, vous devrez explorer la station à la recherche d’indices, à l’aide des caméras fixes et de drones qui vous permettent de voler et d’interagir librement avec l’environnement. Ces indices vous aideront à résoudre les puzzles qui permettent d’opérer les systèmes informatiques complexes et obscurs de la station.

Des actions comme réparer le réacteur à fusion qui alimente l’appareil, exécuter des diagnostics sur votre mémoire endommagée, ou encore redémarrer un système de refroidissement défectueux deviennent aussi compliquées qu’elles en ont l’air.

Cette quête d’indices s’arrime bien à la narration puisque chaque nouvelle information technique trouvée vient colmater les lézardes dans la mémoire de SAM, nourrissant celle-ci un peu à la manière dont une vraie IA apprend au fil du temps.

Chaque énigme possède sa propre interface stylisée, rude et purement fonctionnelle, donnant l’impression d’être conçue pour être comprise uniquement par une machine. Cette variété est impressionnante, autant en matière de conception visuelle que d’interactions uniques, et elle offre un véritable défi. Seul bémol : l’absence de courbe d’apprentissage. On aurait aimé que la difficulté des énigmes soit ajustée à l’importance des actions qu’elles permettent, ou qu’elle augmente au fil du récit.

Visuellement, Observation rappelle la vraie Station spatiale internationale, avec ses couloirs labyrinthiques jonchés d’ordinateurs portables, d’équipements scientifiques et d’effets personnels de l’équipage.

Ce niveau de réalisme, combiné aux subtils effets vidéo, comme la distorsion, les interférences et le grain dans l’image, pour simuler une qualité analogique low-tech, en font une expérience immersive réussie. L’idée selon laquelle on est une machine (aussi fragile que toute autre forme de technologie) qui voit le monde à travers la courbe d’une lentille est présentée de manière convaincante.

C’est dommage que cette immersion soit souvent gâchée par la modélisation moins éloquente d’Emma Fisher. Les émotions fortes qui percent ses dialogues sont très rarement perceptibles sur son visage. En fait, le vide dans ses yeux donne parfois l’impression de plonger dans… un trou noir. Ses déplacements dans la station sont aussi parfois trop rigides, ce qui détonne avec le design très poli des environnements.

Observation offre une intrigue fascinante, drapée d’un mystère qui capte votre intérêt du début à la fin. Sans rien dévoiler avant son dénouement spectaculaire, le récit se déploie devant le joueur à un rythme mesuré digne d’un excellent thriller.

 

Observation

★★★★

Développé par No Code et publié par Devolver Digital. Offert sur PS4, Xbox One et PC.