«An American Pickle»: la bataille des cornichons

Hopper Stone/SMPSP

La comédie An American Pickle est une autre victime de la pandémie actuelle. Plutôt que de se retrouver sur des milliers de grands écrans à travers le monde, cette production du tandem Seth Rogen-Evan Goldberg (Pineapple Express, C’est la fin) aboutit sur la plateforme HBO Max aux États-Unis et est relayée ici par Crave. On se demande bien si cette adaptation d’une nouvelle de Simon Rich, un habitué du New Yorker, dans lequel elle a d’ailleurs été publiée sous le titre « Sell Out », aurait trouvé son public en salle…

Bien qu’elle mette en vedette dans les deux rôles principaux le très populaire Seth Rogen, la première réalisation du directeur photo Brandon Trost peine à trouver son ton, oscillant entre la comédie indie et la farce grand public, et à renouveler la trame du « voyage temporel ». N’empêche qu’on rit souvent devant cette rencontre entre Herschel Greenbaum, un pauvre immigrant juif d’Europe de l’Est du début du XXe siècle, accidentellement conservé dans une usine de cornichons de Brooklyn pendant 100 ans, et son arrière-petit-fils Ben, un programmeur informatique solitaire, angoissé, aux habitudes de hipster et athée, les deux incarnés avec un plaisir évident par Seth Rogen.

Cette improbable réunion, qui carbure d’abord aux chocs culturels, sociaux et politiques amusants et qui distille un humour « juif » familier même pour les « goys », s’enlise dans une trop longue confrontation entre l’aïeul et son descendant, dont l’unique mérite est de souligner à gros traits les travers de nos existences modernes hyperconnectées. Et la finale convenue ne vient malheureusement pas sauver la mise. Pas de quoi se précipiter en salle…

 

An American Pickle

Crave, dès maintenant.