«The Go-Go's»: elles tiennent la cadence

Ginger Canzoneri SHO

Lancé d’abord à Sundance, ce portrait vitaminé des Go-Go’s offre un concentré d’histoire passionnant. À la réalisation, Allison Ellwood a trouvé l’équilibre idéal en imbriquant avec beaucoup d’esprit les récits présents, confessions passées, extraits musicaux et autres photos d’époque qui jalonnent la trajectoire en comète de cette formation 100 % féminine. La première — et toujours la seule — à avoir trôné au sommet du Billboard avec un album entièrement écrit et joué par ses membres, Beauty and the Beat, en 1981.

Suivant une chronologie linéaire, The Go-Go’s encense, oui, le parcours atypique de ce groupe punk d’esprit, pop de cœur et rock de tête, qui a pavé la voie à tant d’autres, hommes et femmes confondus. Mais la formule des têtes parlantes, qui peut facilement devenir un éteignoir en d’autres mains que celles-ci, donne à cette hagiographie une couleur et une profondeur émouvantes. Merci à Charlotte Caffey, Belinda Carlisle, Gina Schock, Kathy Valentine et Jane Wiedlin, qui se racontent avec une humilité remarquable sans pour autant faire l’impasse sur les zones d’ombre qui ont jalonné leur parcours : drogue, ambition et autres guerres intestines.

C’est patent à l’écoute de The Go-Go’s, celles qui ont chanté à tue-tête Our Lips Are Sealed n’en ont jamais rien eu à cirer des « motus et bouche cousue ». Encore moins aujourd’hui, alors qu’elles sont réunies pour un énième tour de piste. Lancé sur Crave, ce chouette documentaire sort en effet en même temps que Club Zero, leur premier simple en deux décennies. Visiblement, elles tiennent la cadence.  

The Go-Go’s

Showtime et Crave, dès maintenant