«Edgar»: le sourire d'un limier

Crave

Hirsute et dépenaillé, Edgar Aquin est un enquêteur qui tranche avec l’équipe tirée à quatre épingles qui l’entoure en faisant les yeux ronds plus souvent qu’à son tour. Imaginé par Alexandre Laferrière (derrière le beau Félix et Meira, mais aussi La grande noirceuret Jo pour Jonathan), le lieutenant Aquin donne son prénom à cette série policière bon enfant qui joue avec les poncifs du genre sans les réinventer, préférant visiblement jouer mollement sur ses codes surannés.

Flirtant avec la manière d’un Colombo (une dernière petite chose !), ce drôle de lieutenant emprunte quelques tics à Sherlock Holmes tout en usant d’une syntaxe décoiffante qui pourrait évoquer les excentricités langagières du commissaire Montalbano. Là s’arrêtent les comparaisons. Si ce n’était d’Éric Robidoux, qui a vraiment le chic pour jouer les décalés ahuris, on passerait notre chemin. Mais, avec sa gestuelle saccadée, ses manières désaxées et son sourire de Joconde, l’acteur insuffle ce qu’il faut à son Edgar pour qu’on s’accroche.

Face à lui pour lancer la série, Denis Bouchard, en cambrioleur repenti, fait ce qu’il faut pour le faire briller au sein d’une distribution qui, autrement, paraît bien pâle. Ce manque d’unité a visiblement échappé à la réalisation de Jim Donovan. Tournée au Manitoba en français, cette coproduction signée Zone 3 et Manito Média reste portée par le plaisir évident que le Montréalais d’origine, maintenant basé à Toronto, prend à aligner les codes du genre sur la partition dessinée par Alexandre Laferrière. Et tant pis pour les clichés et les lieux communs !

Edgar

Crave et Super écran, dès le mercredi 5 août, 20 h